TFC 0-1 Reims : J'y étais pour vous

Publié le 15 décembre 2019 à 12:15 par Pierre Pambrun

Une image me frappe avant ce TFC – Reims : Baptiste Reynet, seul sur le pré, deux heures avant le match. Il traverse tout le terrain en marchant pour aller toucher une barre transversale. Puis il fait de même vers l’autre cage. Toujours seul dans l’immensité du stade vide à ce moment-là. Tel Matt Damon dans "seul sur Mars"… Sur le parvis, devant la boutique, l’enseigne "Stadium de Toulouse" est à moitié en panne. Une fois dans les travées, des supporters lensois me demandent la valeur de Corentin Jean et espèrent jouer contre le Téf la saison prochaine. Au mieux aux barrages ?

Sur le terrain, après sept minutes, on compte déjà une occasion de but pour Reims et deux boulettes de Rogel. La troisième cagade de l’Uruguayen, fatale, donne l’ouverture du score à Oudin qui passe le cuir entre les jambes de Reynet. 0-1. Jusqu’à la demi-heure, les Violets ne montrent rien tandis que le kop déroule un répertoire de chants accablants : "Direction démission", "Vous êtes ridicules", "On va en Ligue 2", "Merci Sadran", "Mouillez le maillot", "Allez vous faire…", "Et 6 et 7 et 8 et 9... ". Tout y passe ! A la 27ème, le récital s’interrompt lors d’une belle opportunité de Saïd qui récupère le ballon dans la surface. Son centre détourné permet à Sanogo de tenter sa chance. Malheureusement, un pied adverse sauve son camp de l’égalisation. On pense que le TFC démarre enfin son match, mais Dossevi douche nos espoirs en vendangeant un coup franc pourtant bien placé, plein axe. Dans la foulée, le second but rémois n’est pas loin quand Moreira puis Reynet, malgré son plongeon, sont battus. Heureusement, ça passe (de peu) à côté. Pour tuer l’ennui, je lance une "ola" du haut du virage Taton. Ca prend forme, mais il n’y a pas assez de public pour se propager. On en rigole… Plus bas, excepté une frappe de Koné, touchée par un défenseur, on ne verra pas mieux jusqu’à la pause.

Mi-temps. Je demande à un fidèle supporter : "Tu veux pas venir à Orléans ?". Il me répond illico par la négative : "J’ai déjà du mal à venir ici...". Au téléphone, Papy atteint le niveau fataliste : "Qu’est-ce que tu veux que je te dise ? C’est toujours pareil ".

A l’heure de jeu, malgré une poignée d’offensives toulousaines, les Indians débâchent, dépités. Après ce petit temps fort en notre faveur, les Blancs remettent du gaz et enchaînent les initiatives. Un voisin se lamente : "Il n’y a plus rien qui va !". La sortie de Boisgard (pour Koulouris), pourtant à son avantage, enrage les supporters. Un nouveau chant réprobateur surgit à l’est : "Antoine, t’es nul à chier". A l’entame du dernier quart d’heure, alors que Reynet rate son dégagement, le kop quitte le stade, matériel sous les bras. Le capo invite le reste du virage à faire de même. Il reste encore quelques irréductibles pour voir Koné puis Koulouris tirer au but, sans succès : tantôt cadré, tantôt dévié. Les dernières minutes s’animent sur le terrain et dans les tribunes. Tandis que nos joueurs dominent sans marquer, la tension monte dans les gradins. Des Ultras pénètrent la présidentielle à grandes enjambées. Ils vont à la rencontre de Sadran, poursuivis par les stadiers. Cela met le feu aux poudres en bas du virage Brice qui prend fait et cause pour les perturbateurs. Après avoir hué, on déclame à gorges déployées et bras en l’air un rageur "Soucasse démission". On entend des échauffourées près de la porte 5 et un stadier entre en quart virage se tenant le nez et soutenu par une collègue. Ca barde ! Le score final en reste là : défaite, 0-1.

Triste soirée au Stadium, où tant du côté sportif que de l’ambiance délétère, le pire est à retenir. C’en est trop. Le grand patron, Olivier Sadran, doit parler et agir vite. Renverser la table. Recréer du sens et du lien. L’équipe se meurt et les supporters dépriment. Sans oublier Antoine Kombouaré, qui de toute évidence n’est pas l’homme de la situation comme avait pu l’être Pascal Dupraz.

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