Rhys Healey, nouveau roi du quatre à la suite

Publié le 21 novembre 2021 à 17:30 par Samuel Cadène

Il existe des après-midi qui peuvent faire basculer le destin d'une saison, qui permettent de toucher du doigt le merveilleux, et à coup sûr, celle d'hier en faisait partie. Dans un match qui se sera décanté après le repos, Toulouse porté par un Healey majestueux s'est adjugé un concurrent direct pour la montée au cœur d'un Stadium électrique. Retour sur une journée de rêve pour le buteur toulousain sur l'Île du Ramier.

Un du droit, de loin en guise d'amuse-gueule. Un de la tête, en renard pour repasser devant. Un second du droit, opportuniste et libérateur, et enfin un du gauche, irréel et pourtant si somptueux. Voilà en quelques lignes ce que vous avez manqué de la performance majuscule de l'avant-centre anglais Rhys Healey hier entre 15h et 17h si vous n'étiez ni au Stadium, ni devant votre télévision. Il nous a fallu nous creuser longtemps la tête pour nous souvenir d'un pareil exploit sous les couleurs violettes. Rendez vous compte, le dernier à avoir réalisé une telle perf' était le Danois Soren Larsen, en Coupe de France contre une équipe de septième division, en 2009. "Je crois que je peux marquer à chaque match. Mais en mettre quatre, donner les trois points face à un concurrent, c’est une journée incroyable. Je n’ai même pas les mots. Je suis très heureux, c’est un de ces jours où tout se passe comme dans un rêve", confiera l'un des chouchous du "Petit Wembley" après coup.

Hier soir donc, l'ancien goleador du MK Dons est entré dans l'histoire du TFC par la grande porte car, ni Elmander, ni Gignac, ni même Wissam Ben Yedder n'étaient parvenus à réussir pareille prouesse à Toulouse. Mais si la vérité d'aujourd'hui n'est pas celle de demain en football, il faut savoir parfois regarder dans le rétroviseur pour constater les progrès d'un homme qui se classe aujourd'hui solide leader du classement des buteurs du championnat. L'an dernier, alors qu'il était arrivé blessé d'Angleterre, Healey, illustre inconnu acheté 500 000€ avait quelques lacunes, notamment techniques qui faisaient dire aux observateurs qu'il avait une belle marge de progression devant lui. Force est de constater qu'aujourd'hui, l'Anglais a sorti le bleu de chauffe et a gommé une très large partie de son retard pour devenir l'un des meilleurs joueurs du championnat

"J'ai l'instinct du buteur depuis petit, et ça, on ne pourra pas me l'enlever"

En concurrence avec Vakoun Bayo la saison dernière, Healey avait pourtant réussi à inscrire la bagatelle de 15 buts, dont un retentissant triplé en clôture de la saison à Dunkerque. Cette saison, délesté du poids de l'Ivoirien, le numéro 9 des Violets en est déjà à 12, alors que nous ne sommes pas encore à la moitié du championnat ! Dur au mal, il continue à peser sur les défenses, mais il serait réducteur de ne lui attribuer que ce mérite. Seul en pointe ou accompagné d'Ado ou Ratao, le pichichi de Ligue 2 a affiné sa palette cette année avec notamment une aisance dans le jeu sans ballon étonnante et des déplacements malins et déterminants. "Je crois que c’est naturel. Depuis que je suis tout petit, j’ai cet instinct. On ne pourra pas me l’enlever, mais je travaille aussi beaucoup à l’entraînement sur mon placement. Pas seulement pour moi, mais aussi pour créer des espaces pour les milieux et les autres attaquants", avouera la coqueluche du Stadium, qui reste d'ailleurs à ce jour le seul joueur à disposer d'un chant à sa gloire dans l'effectif actuel du TFC, le désormais célèbre "Healey's on fire !".

Si le buteur pouvait être satisfait de repartir avec le ballon du match qu'il avait promis de ramener à son épouse, son coach aussi ne tarissait pas d'éloges à son propos : "Le gros avantage qu’il a, c’est qu’il est très complet. Il fait les appels, il est adroit, il est bon de la tête, hors de la surface et dans la surface. Dos au but aussi, il est efficace, il avait marqué un but comme ça contre le Paris FC. Sa panoplie est complète, il est en confiance. En plus, c’est quelqu’un de généreux, notamment dans le pressing." Même son de cloche chez le très expérimenté Omar Daf, son homologue sochalien : "Pour moi, Healey est le meilleur joueur du championnat. C’est un attaquant redoutable et qui a marqué à chaque tentative."

Le TFC tout entier pourra le remercier en mai prochain si la montée arrive en apothéose d'une saison pour l'instant fabuleuse, car l'attachant "Rhissy" aura une grande part de responsabilité dans la reconquête du public toulousain envers son club. Souvent délaissé, moqué, ou pire, suscitant le désintérêt le plus total de la part du grand public, le club a hier pu s'appuyer sur un douzième homme à la hauteur de la prestation d'ensemble livrée par l'effectif.

L'opération reconquête semble en bonne voie, et tous les voyants sont au vert en cette fin d'automne où la nature se pare pourtant de ses plus belles teintes de jaune et d'orange. Alors, pourvu que ça dure !

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