Même Sadran ne croit plus en Sadran

Publié le 09 janvier 2020 à 11:30 par Emmanuel Davila

Il a parlé. Au TFC, les prises de parole d'Olivier Sadran se sont faites si rares qu'elles revêtent désormais une forme de solennité. Au plus fort de la crise, le patron du club finit toujours, malgré lui, par venir parler à ses supporters. Lundi, il a décidé de s'exprimer dans l'urgence, sans avoir rien d'autre à vendre que des regrets et la nomination pas franchement excitante de Denis Zanko.

Jusqu'alors, l'arrogance et les certitudes qui ponctuaient les conférences de presse d'Olivier Sadran venaient confirmer son incapacité à la remise en cause. Mais elles étaient aussi un témoignage de son attachement à ce club, de sa détermination à le relever, même avec des recettes éculées. Cette fois-ci, Sadran n'a laissé poindre que son impuissance et sa lassitude. A force d'admettre ses innombrables responsabilités dans l'échec du TFC, il en fut presque à se ranger derrière ceux qui réclament son départ et celui de Jean-François Soucasse. S'il ne quitte pas le navire, a-t-il expliqué en substance, c'est finalement par obligation, parce que son statut d'actionnaire l'y contraint.

CESSER D'ATTENDRE QUOI QUE CE SOIT DE SADRAN

Si certains ont cru qu'une énième crise donnerait à Sadran quelques soudaines idées quant au futur du Tèf, ils auraient dû se souvenir que ce club est en crise quasi continue depuis six saisons désormais et que rien, pas une décision forte n'a été prise pour lui redonner un élan. Si bien que le seul motif d'espoir, la seule véritable information à retenir de ce bavardage aura été l'annonce, plus claire que d'habitude, que le club est à vendre.

Ce rituel de la conférence de presse est déjà en lui-même un symptôme du profond dysfonctionnement du club : officiellement, Sadran a tout délégué à des bras droits sans charisme et sans vision. Dans les faits, son ombre plane partout, sa parole et ses chèques sont attendus comme autant de mirages. Notre Tèf mérite mieux que d'attendre en vain le sursaut d'un homme qui regarde ailleurs.

UNE ALLUSION INDÉCENTE POUR CLORE LE TOUT

Le président du TFC n'a jamais su parler à son public. Lundi, l'indécence est venue s'ajouter au mépris dont il est coutumier. En plaçant la mort de Brice Taton au même niveau que l'usage de fumigènes et que l’intrusion non-violente d'une poignée d'Indians en tribune présidentielle, Olivier Sadran est venu piétiner le seul sujet susceptible de permettre l'union sacrée à laquelle il aspire. On l'a pourtant connu moins affable, lorsque des actes autrement plus violents avaient été perpétrés au Stadium contre ses propres supporters.

Face à l'absence totale d'annonce et de promesse, le moment fort de la conférence restera donc cette comparaison grossière et insultante. Sadran n'a plus d'idée et ne sait même plus faire illusion le temps d'un discours. En attendant que d'autres hommes reprennent ce club, il nous reste à espérer que le Tèf se maintienne en Ligue 1 et qu'il retrouve un peu de ses couleurs en se rassemblant autour de ses Pitchouns et de ses anciennes gloires.

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