Finances, partie 5 : des pertes XXL

Publié le 05 octobre 2021 à 11:30 par Romain Ottaviani

4 811 643 euros. C’est la perte comptable constatée par le TFC pour l’exercice clos le 30 juin 2020 (au moment de la vente du club). L’exercice précédent, le résultat affichait un bénéfice de plus de 10 millions d’euros.
Nous allons vous expliquer comment une telle dégradation a pu se produire et surtout vous aider à comprendre si le club est en danger, financièrement.

Le résultat comptable est la différence entre les produits et les charges. Entre le chiffre d’affaires et les dépenses, pour simplifier.
Au niveau des recettes, comme vu dans un chapitre précédent, celles-ci ont baissé d’environ 9 millions d’euros. Quant aux indemnités de transferts, elles ont diminué de 7 millions d’euros.
Dans le même temps, les charges sont restées stables à quelques milliers d’euros près.
Moins de produits, autant de charges, l’addition se retrouve donc salée.
Si l’on se réfère au seul résultat d’exploitation, c’est-à-dire en dehors des produits liés au transfert, c’est encore pire. La perte atteint plus de 16 millions d’euros (en amélioration par rapport à l’exercice précédent comme le montre le graphique ci-dessous).

Ce n’est pas une surprise, si vous nous suivez, le schéma financier du TFC était d’équilibrer les pertes par les transferts, avec tout le risque d’aléas que cela comporte. C’est aussi pour cette raison que RedBird essaye d’ajuster les charges, notamment salariales, pour atteindre un résultat positif sans être dépendant des ventes.

En général, Olivier Sadran arrivait à vendre suffisamment pour sauver les comptes du « Téfécé » mais selon les années, le résultat net n’était pas toujours florissant. Pour son dernier bilan en tant que président du club, la note est d’ailleurs lourde.

Alors que l’année précédente, les transferts étaient importants (notamment grâce à Issa Diop et Christopher Jullien), l’exercice 2019-2020 fut plus léger avec, entre autres, Gen Shoji, Steven Fortes ou encore Corentin Jean. C’est le delta entre les achats et les ventes qui permet de consolider le résultat et donne ce qu’on appelle le « résultat net ».
Nous avons synthétisé les cinq dernières années dans le graphique ci-dessous qui permet de confirmer que la perte nette (barre bleue) est atténuée (grâce aux transferts) par rapport au résultat d’exploitation (barre orange).

Sans les transferts, le TFC aurait accumulé plus de 60 millions d’euros de perte au cours des 5 dernières années.
De quoi mieux comprendre les décisions de Damien Comolli et des actionnaires ? Eléments de réponse dans le prochain article qui permettra de comparer l’endettement du TFC avec ceux des autres clubs.

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