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Data, performances, scouts : Brendan MacFarlane livre les secrets du recrutement toulousain

Il y a peu, Brendan MacFarlane était l’invité du webinar « Inside Football Club » réalisé par l’Institut Johan Cruyff...

Il y a peu, Brendan MacFarlane était l’invité du webinar « Inside Football Club » réalisé par l’Institut Johan Cruyff, spécialisé dans le management sportif. Aux côtés d’Adrien Tarascon (LOSC), l’Ecossais s’est épanché sur le fameux recrutement data qui fait le bonheur du TFC. Son rôle, sa manière de faire,… découvrez les moments forts de cette conférence sur LesViolets.Com.

Sur son rôle au TFC : « RedBird a vraiment investi dans la data, et pas seulement dans le football avec Zelus (société spécialisée dans l’analyse de la data) et des entreprises basées au Texas. Nous avons accès à une base de données concernant des joueurs du monde entier, et Julien (Demeaux, le responsable data du TFC) l’étudie chaque jour. Il fait un travail remarquable (…). Mon rôle est crucial, car c’est une partie de transition. Chaque jour, de nouveaux joueurs parviennent jusqu’à nous grâce à la data. Ensuite, c’est à moi et à mon équipe de scouts de réaliser de courts tests. La façon dont nous travaillons varie des autres clubs, car les scouts toulousains servent à apporter un regard humain sur ce que la data a repéré. Je trouve notre manière de faire inventive, mais elle est surtout réussie. »

Sur son passé à Brentford : « Lorsque j’étais à Brentford, j’ai travaillé sur le marché français pour le club. J’étais un peu éloigné du processus de recrutement, car je ne savais pas ce qu’il se passait sur les autres marchés. Aujourd’hui, j’ai une vue globale sur chaque cible que nous visons. Mon rôle n’est pas d’analyser la data du joueur, mais de me donner une idée sur le profil du joueur. Chaque jour, nous modifions nos recherches selon ce que nous voyons. »

Sur les différents processus de recrutement : « Je sais que certains clubs ont un chef de recrutement qui réalise des rapports, mais je n’aime pas cette approche. Mon travail consiste à défendre les joueurs, contacter les agents et les clubs... Nous devons faire notre meilleure expertise. Heureusement, nous avons le président Damien Comolli, qui a été un pionnier dans l’arrivée de la data dans le football et qui connaît bien le sujet, donc nous n’avons pas besoin de le convaincre. »

Sur le processus de recrutement par data : « Il y a deux aspects principaux. En premier, nous regardons si le joueur marque suffisamment tout en ayant une valeur sous-évaluée par la data. Si cela marche, nous regardons le joueur. L’année dernière, nous avons dû regarder plus de 1000 matchs différents tout au long de la saison ! La data est donc très importante, mais nous ne nous appuyons pas uniquement sur cela. Ensuite, nous cherchons des informations personnelles et financières (…) Nous devons donc faire une vraie analyse tactique et technique du joueur. La data est donc le point de départ de tout ce processus. »

Sur les fonds d’investissement dans le football : « Comme avec Brentford et Toulouse, je pense que les clubs sont rachetés par des groupes qui possèdent une philosophie, et une connexion avec la data. Si quelqu’un rachète un club en étant convaincu par le fonctionnement data, il peut l’emmener haut. Parfois, il y a aussi des approches plus mitigées, mais cela devient problématique : c’est du tout ou rien (…). Les fonds d’investissements vont devenir de plus en plus importants, tout comme la manière d’investir dans des joueurs : les acheter, les développer, et ensuite les vendre. Nous avons réussi à monter en Ligue 1, et la data a eu un impact direct dans nos performances. »

Sur le recrutement de Mikkel Desler : « Trouver des joueurs, ce n’est pas compliqué, les trouver au bon prix, ça l’est plus. Nous visons des joueurs de moins de 25 ans expérimentés, mais dans le sens des minutes jouées. Mikkel Desler avait 25 ans, soit la limite, lorsqu’il jouait à Haugesund. Vers 25-26 ans, les joueurs atteignent leur pic, mais Desler avait vraiment une grosse marge par rapport aux autres joueurs semblables, mais plus jeunes. Il était sous-évalué en raison de son club et de son âge. Cette saison, il a été l’un de nos meilleurs joueurs. »

Sur l’inflation du marché, qui pousse à observer d’autres continents : « En France, il y a beaucoup d’opportunités. Les joueurs africains sont plus intéressants, ils s’adaptent plus facilement. Mais avec l’inflation, nous scrutons aussi la Scandinavie et l’Europe de l’Est, comme par exemple avec Rafael Ratão (Slovan Bratislava). S’il avait été un joueur de Ligue 2, nous l’aurions payé quatre fois plus cher… »

Sur le côté humain de son travail : « Nous devons trouver les bons caractères et les bonnes personnes. Notre vestiaire était composé de plus de 10 nationalités différentes, pourtant, la cohésion a été incroyable. Mikkel Desler et Ado Onaiwu ont rejoint le club en plein milieu de leur saison, ce qui montre leur mentalité de travailleur. Nous cherchons des personnes capables de relever des défis, voire de quitter leur continent comme Ado. Nous avons eu une discussion avec chaque recrue. Nous faisons aussi une recherche documentaire pour découvrir le passé du joueur, en lisant des interviews, en écoutant des podcasts,… Toutes les personnes qui travaillent ici ont la culture de la gagne ».

Sur le futur de la data : « Nous avons déjà de bons moyens, mais nous avons besoin d’une couverture dans d’autres pays. Dans le futur, nous pourrons peut-être simuler le potentiel d’un joueur, ce serait très intéressant. La data révèle ce qu’un joueur a fait jusqu’à présent, pas ce qu’il pourrait donner dans 5 ans. Mais cela pourrait aussi complexifier les transferts, car les joueurs « approuvés » par la data risquent de coûter plus cher ».