Avec lui, le TFC est allé sur le toit de l'Europe !

Publié le 02 April 2021 à 13:30 par Samuel Cadène

David Labarre est un Commingeois atteint de la maladie de Stargardt (il est donc à 90% aveugle), et il est l'homme qui a fondé la session cécifoot du TFC. Ancien capitaine de l'équipe de France de la discipline, il a notamment remporté une médaille d'argent aux Jeux Paralympiques de 2014 à Rio avec les Bleus. Aujourd'hui reconverti dans le coaching mental, il s'adonne aussi à l'une de ses passions, l'alpinisme, et a gravi le Mont-Blanc en 2019, drapeau du club sur lui. Rencontre hors norme avec cet amoureux du Tèf et fidèle du site LesViolets.Com.

David, raconte-nous ton histoire avec le TFC
En 2014, j'étais en équipe de France de foot pour malvoyant, cécifoot, et je n'avais pas de club. On sortait de la médaille d'argent aux Jeux Paralympiques et j'ai dit à certains de mes proches "purée il faudrait vraiment créer un club de cécifoot au TFC". Au départ, tout le monde me disait : "David, tu sais, le Tèf ils s'en foutent", mais comme je suis quelqu'un d'obstiné, j'ai rencontré la fondation TFC via Marvin et Patrick, et on m'a demandé de revenir avec un budget prévisionnel etc...

Et tu savais faire ça ?
Pas vraiment (rires). Je me suis entouré de gens qui savaient faire ça, et au mois de juin, Jean-François Soucasse a voulu me rencontrer. Entre nous, ça a tout de suite matché et il m'a dit "David, on va te suivre et on accompagne le cécifoot à Toulouse". Voilà comment ça s'est passé.

Étais-tu un supporter du TFC avant ça ?
Ouais ! J'ai toujours aimé le Tèf ! Quand j'étais plus jeune, je regardais les matches du TFC avec mon voisin qui était un grand fan aussi, du côté d'Aspet. On allait au Stadium ensemble, c'était incroyable pour moi.

Quel est ton meilleur souvenir en tant que supporter ?
Liverpool, assurément. Je n'ai pas eu la chance d'être au Stadium car j'étais à Bordeaux où je jouais au foot à l'époque. J'avais regardé le match, c'était chouette. Après, j'ai un souvenir de fou, c'est le match à Angers. 

"L'an d'après, je pars faire l'ascension du Mont Blanc, et j'amène le drapeau sur le toit de l'Europe"

Te rends-tu toujours au Stadium, ou est-ce qu'à cause de ton handicap ce n'est pas une expérience de dingue ?

Pour être tout à fait franc, je n'y suis pas allé très souvent. Je me souviens d'être allé une ou deux fois avec les Indians en virage Brice, c'était vraiment incroyable comme sensation.

Le club avait d'ailleurs proposé des matches en audiodescription l'an dernier. Que penses-tu de cette idée ?
(Il hésite) Comment dire... Si tu veux, je ne me vois pas arriver au stade et me foutre un casque sur les oreilles pour écouter le match. Moi je suis plus là pour profiter de l'ambiance, passer un bon moment avec les copains, aller boire un coup à la fin etc... Après, je comprends que c'est top pour certains mecs à qui ça peut servir, mais ce n'est pas mon cas.

Raconte nous l'histoire de cette folle photo prise avec le drapeau du TFC au sommet du Mont Blanc
C'est simple. Si tu veux, j'amène le drapeau du TFC partout où je vais. Donc je l'ai amené sur l'Aneto (plus haut sommet des Pyrénées, 3404m) en 2018, et je l'ai même laissé là-haut. Et donc l'an d'après, je pars faire l'ascension du Mont Blanc, et j'amène le drapeau sur le toit de l'Europe. Toulouse a été un club qui m'a tellement donné, aidé, qui ne m'a jamais lâché, qui a cru en moi, à chaque instant que je leur serai toujours reconnaissant. Tu sais, quand tu sors du foot, et que tu dis que tu veux faire de l'alpinisme alors que tu as un dixième à chaque œil, les gens te regardent en te disant "tu vas te tuer dans la première crevasse", et le Tèf, ça a été les premiers à m'accompagner.

Ah oui ?
Totalement ! Financièrement surtout. Encore aujourd'hui, le TFC finance mes expéditions (il va cet été relier Pau à Aspet en 10 jours en tandem, le tout en escaladant plusieurs massifs pyrénéens, ndlr). J'ai une reconnaissance énorme envers eux, c'est clair.

"La quatrième ville de France n'a rien à faire en Ligue 2"

D'ailleurs, tu interviens toujours au club de temps en temps, explique nous dans quel cadre ?

En fait, je propose des conférences où je parle de mon expérience dans les entreprises. J'interviens pour motiver les salariés des boites qui font appel à moi, et depuis deux ans j'interviens au TFC. La première fois, c'était l'an dernier, en pleine saison galère, j'avais parlé au groupe pro avant leur déplacement à Amiens (0-0 en février 2020), en insistant sur l'importance de toujours garder espoir et de croire en soi, mais pour être sincère, je suis sorti de là plus déçu et énervé contre moi-même qu'autre chose. 

Pourquoi ?
Parce que je n'ai pas eu le sentiment que les joueurs étaient intéressés par ce que je leur expliquais, c'était dommage. Tu sais, je leur explique souvent qu'ils ont de la chance de faire de leur passion leur métier. Je pars du principe qu'on a tendance à oublier les fondamentaux, à oublier ce pourquoi on est sur cette planète. Je dis souvent dans mes speachs qu'en moyenne, on ne vit que 30 000 jours, et qu'il faut savoir en profiter. Je suis un compétiteur dans l'âme, et là, je n'avais pas le sentiment d'avoir réussi ma mission et que mon message n'était pas passé. Je m'en suis même voulu, car je savais que la période était ultra importante pour eux, et je n'avais pas le sentiment d'avoir renvoyé correctement l'ascenseur à ce club qui m'a tant donné.

Cette année, c'est avec l'équipe réserve que tu es intervenu, raconte nous
C'était génial. J'ai parlé avec eux de ce que j'ai connu dans le milieu du foot, des difficultés que je peux avoir en montagne également. Tu sais, sur un terrain de foot, tu as des règles et un arbitre. En montagne, tout cela n'existe plus, et tu te retrouves seul avec toi même. Voilà de quoi nous échangeons ensemble, et je les ai trouvé super cette année.

Pour conclure, en tant que supporter, penses-tu que le TFC va remonter en Ligue 1 cette année ?
Ils ont intérêt (rires) ! La quatrième ville de France n'a rien à faire en Ligue 2, c'est clair et net. Et puis quand on sortira de cette pandémie, on pourra revenir au stade pour les encourager et je suis prêt à parier qu'on sera très nombreux à revenir au Stadium.

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