"Je vous voyais finir plus fort que ça, mais tout reste jouable pour vous"

Publié le 08 mai 2021 à 15:00 par Emmanuel Davila

Avant la réception de Caen au Stadium ce samedi soir (20h, beIN Sports 6), la rédaction du site LesViolets.Com a interrogé Maxime, rédacteur pour le site de supporters normands Malherbe Inside.

Caen se retrouve à une invraisemblable 18ème place à deux journées de la fin. Êtes-vous armés pour les matchs capitaux qui vous attendent ?
"C'est vrai que cette 18ème place est invraisemblable. On nous aurait dit ça en début de saison, on n'y aurait pas cru du tout. Peut-être encore moins après la première partie de saison, qu'on finit quand même avec 28 points. On était un peu décrochés du haut de tableau mais loin d'être largués. Il faut dire aussi qu'on a eu un peu de réussite sur cette première partie de saison entre l'arbitrage, des faits de jeu favorables et quelques buts dans le temps additionnel.
Est-ce qu'on est armés pour les matchs qui nous attendent ? La question revient beaucoup, parce que ce n'est pas un effectif programmé pour jouer le maintien. Pour l'instant, la tendance est plutôt de répondre non, puisqu'on n'a pas gagné depuis plus de dix matchs. Et deux prétendants à la montée se dressent devant nous (après le TFC, Caen recevra Clermont, ndlr). C'est la première fois qu'on joue un match dans la position du barragiste. Les joueurs vont peut-être se dire qu'ils n'ont plus rien à perdre, même si on peut toujours finir 19èmes. En tout cas, il faut y aller, on ne peut plus compter sur les autres."

Court, Deminguet, Beka Beka, entre autres, sont pourtant de bons joueurs de Ligue 2. Que vous manque-t-il ?
"Ce sont trois bons joueurs, sur le papier. Mais cette saison, ils ne sont pas à leur niveau. Court, par exemple, qui a fait une bonne première partie de saison, est retombé comme un soufflé en même temps que l'équipe s'écroulait. Et les individualités ne font pas le collectif, c'est le gros problème du Stade Malherbe cette année. C'est malheureusement d'une faiblesse abyssale. On a fait illusion en début de saison avec une défense plutôt solide et quelques buts un peu chanceux. Mais le problème est d'abord collectif."

Malgré vos 11 matchs sans victoire, vous semblez souvent tout près de l'emporter, non ?
"Quand on regarde de près, face à Dunkerque, on n'est pas loin de gagner et on prend un penalty dans les dernières minutes. Contre Auxerre, lors du dernier match, on a aussi pas mal d'occasions pour l'emporter. On en est à la fois très proche et très loin. Ce n'est pas que de la malchance, tout ça. C'est aussi mental. L'équipe a lâché. Le club a annoncé à Pascal Dupraz, aux alentours du mois de décembre, qu'il ne serait plus coach la saison suivante. Je ne sais pas dans quelle mesure ça a eu un impact sur Dupraz et déteint sur les joueurs eux-mêmes. Toujours est-il qu'avoir une seule victoire sur la phase retour, c'est indigne d'un club comme le Stade Maherbe."

As-tu des craintes quant à l'investissement de votre nouvel actionnaire ?
"Je n'ai pas de certitudes, mais on est dans un système actionnarial un peu différent de ce qu'on peut voir, par exemple, à Bordeaux. Déjà, ce sont aussi des Américains à Caen, mais c'est un Normand, Pierre-Antoine Capton, qui les a fait venir, et c'est lui qui pilote tout ça. Oaktree (l'actionnaire du club, ndlr) est là parce qu'il y a Capton. Il détient 20% des parts, Oaktree en détient 80%. Et la deuxième chose, c'est que notre intermédiaire avec Oaktree, qui est le patron de leur filiale française, c'est Vincent Catherine, et il est normand également. Il y a plus d'ancrage local qu'à Bordeaux. On a des mecs du cru à la tête du club, ce qui fait que les actionnaires, je pense, ne le lâcheront pas."

Comment ça se passe pour vos ex-Toulousains Steeve Yago, Jessy Pi et Rémy Riou ?
"Globalement, c'est un petit peu compliqué. Steeve Yago est un guerrier, quelqu'un sur qui on peut compter quand ça va mal, sans être brillant. Il fait un bon travail défensif à un poste de latéral où on avait beaucoup de mal à trouver quelqu'un qui tienne la route, notamment défensivement. Jessy Pi a fait un début de saison transparent, assez quelconque. Il n'est pas mauvais, mais il traverse un peu les matchs comme un fantôme. Cela dit, c'est un de ceux qui se bougent le plus depuis quelques matchs, depuis qu'il faut sauver le club. Rémy Riou a fait une bonne première partie de saison en étant décisif à plusieurs reprises, puis il s'est blessé à la cote et il a été moins déterminant lors de son retour. Il vient d'ailleurs de perdre sa place et c'est Sullivan Péan, qui était le cinquième dans la hiérarchie en début de saison, qui jouera face à Toulouse."

Que penses-tu de la saison toulousaine ?
"Je vous voyais finir un peu plus fort que ça. J'avais dit avant le match aller que je vous voyais finir champions, et ça s'est finalement un peu délité. Je n'ai pas suivi tous vos matchs sur cette deuxième partie de saison, je ne saurais pas dire quelles sont les causes, mais j'ai vu que vous aviez été frappés par le Covid, ce qui est quand même un sacré coup dur. Mais tout reste jouable pour vous. Je crois que, même si vous finissez troisièmes, cette année, vous pourriez être la première équipe de Ligue 2 qui, après un playoff et un barrage, accède à la Ligue 1. Il n'y a rien de perdu pour vous, vous pouvez même nous laisser prendre trois points !"

Un pronostic pour le match de ce samedi ? Et pour le classement final des deux clubs ?
"Je vais m'inspirer de la saison 2016-2017, où l'on était dans une situation assez similaire en Ligue 1, avec Patrice Garande aux commandes. On n'avait gagné aucun de nos onze derniers matchs, excepté celui face à Toulouse, avec un but de Santini de la tête. Je vais donc miser sur un 1-0. Pour se sauver, on devra de toute façon battre soit Toulouse, soit Clermont. Il faudra voir si Clermont a encore quelque chose à jouer. J'ai en tout cas l'impression que les Toulousains en ont un peu plein les bottes et qu'en faisant le match parfait, on peut repartir avec les trois points. C'est presque utopique, mais Malherbe est un club qui ne fait rien comme les autres.
Pour le classement, je pense donc que Toulouse finira troisième, mais en récupérant les joueurs touchés par le Covid, ce sera plus huilé pour aborder les barrages, il y a moyen de finir fort la saison. Pour nous, le rêve ultime serait de coiffer Le Havre juste avant la fin de saison. Il y a très peu de chances, mais ce serait une belle fin après une saison galère."

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