TFC 1-2 Monaco : En direct du Stadium

Publié le 05 December 2019 à 07:00 par Pierre Pambrun


Sur le chemin du retour, ma radio diffuse "tu es de ma famille". Forcément, je repense à Wissam Ben Yedder. Je revis ces chants pour lui, repris par tout le virage, entendus à la TV m'a-t-on dit. Je revois ces belles banderoles, et surtout sa silhouette, qui nous a rejoint, devant le virage Brice. Son maillot est devenu rouge, mais son cœur reste violet. Il nous le dit au micro. Sobrement. Sincèrement. Avec ses mots qui viennent du fond de lui-même. Toulouse sera toujours son club de cœur, Toulouse sera toujours chez lui. Wissam, fils de Béto.

Bien plus tôt, avant le match, un bonhomme coiffé d'une casquette violette attire mon attention sur le parvis du Stadium. Il tape un sprint vers le centre technique, dans l'enceinte du terrain annexe d’entraînement. C'est Jacqui ! Jacqui Teulières a oublié quelque chose, mais... il ne peut pas entrer dans le centre, il n'a ni badge ni clé ! Il crie après sa femme, qui ne l'entend pas. A force de tambouriner à la porte et s’époumoner, Monique apparaît enfin. S'ensuit une scène de ménage...

Pas rassasié par une énième défaite durant laquelle mes pieds ont ressenti la célèbre froideur du Stadium, je fais serment de demander ses chaussettes à Quentin Boisgard. En l'attendant, j'arrache une poignée de main à Steven Moreira qui passe par là, "en civil". Tête basse, il fait grise mine.

Au loin, j'entends quelques quolibets et invectives. Gradel en prend pour son grade. Il regagne vite son véhicule, rabroué par des ultras excédés. Un supporter historique me livre ses pensées : "Je ne sais même pas ce que je fais là, je ne sais même pas ce que j'attends. Le fautif dans tout ça, c'est Sadran, il fait tout à l'économie et dans son entourage il n'y a que des pantins. Soucasse n'est pas le fond du problème, il fait ce qu'on lui glisse à l'oreille".

On voit peu de joueurs toulousains sortir. Aaron Leya Iseka puis Koulouris passent près de moi dans l'anonymat le plus total. Le Grec n'ayant pas joué, je lui demande, avec mon niveau d'Anglais de 6ème A du collègue Croix Daurade : "Why don't you have play (pourquoi n'as tu pas joué) ?". Réponse (haussant les épaules) : "I don't know (je ne sais pas)". Serait-il blessé ? "How is your physic ?" Réponse : "Good, i am good". Moi : "No pain ?". Lui : "No, no pain (pas de blessure)". "Koulou" n'était donc pas blessé...

Arrive enfin Quentin Boisgard ! "Quentin, le froid est de retour au Stadium, aurais-tu des chaussettes à me donner ?". Réponse : "Non, désolé, je les laisse ici". Je le félicite pour ses prestations, que personnellement j'apprécie. Pas aussi enthousiaste, il me fait part de sa frustration. Changer aussi souvent de poste, et devenir défenseur, au moins pour ce soir, ne semble pas l'enchanter : "Je suis un attaquant !", affirme-t-il. Une supportrice ironise : "Bientôt il dépannera central, et pourquoi pas gardien !". Quentin finit par en rire, il se décontracte et nous offre un grand sourire avant de rejoindre sa voiture.

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