Son départ, ses souvenirs, sa non-prolongation, sa mise à l'écart, Amine Adli se confie sur LesViolets.Com

Publié le 05 septembre 2021 à 17:00 par JB

Après 43 matchs, 8 buts, 8 passes décisives et un titre de meilleur joueur de Ligue 2 la saison passée, Amine Adli a quitté le TFC pour rejoindre le Bayer Leverkusen contre 7,5 million d’euros et des bonus à venir. Le Pitchoun a choisi le site LesViolets.Com pour s’expliquer et s’adresser, une dernière fois, aux supporters toulousains.

Amine, que ressens-tu après cette signature ?
Je suis très heureux de pouvoir passer un palier dans ma carrière dans un club très familial, qui fait confiance aux jeunes, et avec beaucoup d’objectifs. Le projet autour de moi est assez concret. Ils ont su mettre en place des choses assez rapidement pour montrer leur intérêt et proposer un projet individuel précis. J’ai aussi bien discuté avec le coach, Gerardo Seoane, qui en plus parle français. Au final, la philosophie du Bayer par rapport aux jeunes joueurs, le regard qu’ils avaient de moi et leur manière de faire m’ont convaincu.

Avec l’objectif d’être titulaire, forcément ?
Bien sûr ! Après, ça prendra le temps qu’il faudra. C’est à moi d’être performant pour jouer. Je ne suis pas pressé.

Au début de l’été, tu privilégiais la Ligue 1. Pourquoi alors partir en Allemagne ?
Avec le temps, j’ai eu du temps de réflexion et j’ai vu les choses autrement. Au départ, c’est sûr que j’avais envie de réussir en Ligue 1. C’est le pays où je suis né, c’était mon rêve d’y jouer. Au final, j’ai eu des projets intéressants à l’étranger avec une réelle envie de me faire progresser dans ma carrière.

Sens-tu du stress avec ce transfert ?
C’est sûr qu’au début, il y aura un peu d’appréhension avec la langue, un nouveau pays, j’arrive seul… Mais ce n’est que du foot, que du plaisir. Il faut kiffer le moment. Je vais donner mon maximum et je sais que le Bayer va tout faire pour faciliter mon intégration.

Et tu retrouves ton pote, Manu Koné, qui est à une heure de route…
On s’est envoyé des messages direct !

"À aucun moment, je n’ai voulu partir libre et mettre le club en difficulté"

Comment as-tu vécu cet été ?
Ça a été stressant. C’était mon premier mercato avec une décision forcément importante pour ma carrière. J’avais beaucoup d’appréhension par rapport à mon choix et à comment les choses allaient se passer et à quel moment. Ce n’était pas vraiment un été facile.

Et comment as-tu ressenti les derniers jours à Toulouse, où tu as été mis à l’écart ?
C’était assez difficile de ne pas jouer au foot. Je suis un passionné, j’aime m’entraîner et sourire. Le président a fait des choix, j’ai accepté. D’autres joueurs étaient dans ma situation et il n’y avait pas forcément de raisons de faire tout ça… Mais j’ai respecté son choix. Il avait le droit, même si j’estime qu’il n’avait pas besoin d’en arriver là. Ça m’a fait extrêmement mal… Tous les gens que j’ai pu côtoyer au club savent que je ne suis pas un mauvais garçon. J’ai énormément d’attachement à ce club et je ne voulais pas partir comme ça, sur un malentendu. J’aurais aimé partir en pouvant montrer tout l’amour que j’ai pour le TFC, même en étant sur le banc lors des derniers matchs… Je sais que les gens qui me connaissent réellement à l’intérieur du club et tous les coachs que j’ai pu avoir savent que ce n’était pas mon intention que ça se passe mal.

Pourquoi alors ce transfert a-t-il pris autant de temps ?
C’était simplement une décision importante pour ma carrière, avec la volonté de faire le bon choix, de choisir le club où je voulais aller. En aucun cas, je voulais mettre le TFC en porte-à-faux. À aucun moment, je n’ai voulu partir libre et mettre le club en difficulté. C’était juste pour prendre du temps, faire mon choix, sans m’imposer une nouvelle équipe.

Tu ne t’es jamais dit à un moment donné : “Je vais attendre la fin de mon contrat à Toulouse et partir gratuitement” ?
Non ! Ça n’a jamais été ma réflexion. Il fallait juste trouver le bon projet qui me convenait. Le président a eu des propositions qui ont été faites par certains clubs. Je les ai juste déclinées, car ces projets ne m’intéressaient pas et que d’autres m’allaient mieux. Je pense que c’est tout à fait légitime de ma part. On ne peut pas forcer un joueur à aller à un endroit où il ne veut pas aller s’il n’a pas d’autres options. Je l’aurais tout à fait compris si je n’avais pas d’autres possibilités, mais là, j’avais d’autres projets qui s’offraient à moi.

"Je trouve que c’est facile de dire que je n’ai pas voulu prolonger au Tèf, mais je pense que tout n’a pas été fait pour que je prolonge"

Pourquoi ne pas avoir prolongé à Toulouse ?
La réalité, c’était que mon objectif en début de saison dernière était de prolonger au TFC. J’ai connu un début assez fou avec une bonne préparation, un premier match pas très bon contre Dunkerque, une expulsion à Clermont, j’ai aussi connu le banc… Autour de moi, les opinions divergeaient au sein du club. Au fur et à mesure de la saison, le club est venu vers nous avec des perspectives qu’on n’estimait pas forcément bonnes. Il n’y a pas forcément eu d’efforts de la part de la direction ou même d’intention réelle de vouloir me prolonger. Certes, il y a eu deux offres de prolongation comme il a été dit ; une première, puis une deuxième. Mais les deux ne me convenaient pas. Par la suite, il n’y a eu aucun projet ou intérêt de me prolonger. On m’a un peu laissé… Je trouve que c’est facile de dire que je n’ai pas voulu prolonger au Tèf, mais je pense que tout n’a pas été fait pour que je prolonge, à l’inverse de ce qui a pu être dit.

Revenons au terrain. Comment vois-tu la saison pour le TFC, toi qui a pu passer tout l’été au Stadium ?
Pour être franc, le TFC doit finir champion ! Ils ont toutes les qualités pour monter dès cette année avec un effectif extrêmement fort. Le collectif prend bien avec un très bon coach qui met en place des séances avec énormément de travail. En qualité, Toulouse est supérieur à la Ligue 2. Après, pour y avoir joué, ce championnat est un peu fou et compliqué par moments. Mais encore une fois, il y a le talent et l’état d’esprit pour monter.

Le groupe est-il plus fort cette année ?
C’est différent. L’année dernière, on avait une équipe assez incroyable. La profondeur de l’effectif était assez folle en Ligue 2. Maintenant, le début de saison a été compliqué, sans oublier le Covid-19 et des périodes en baisse… Cette année, l’effectif est au moins tout aussi fort. Vraiment, ça se vaut.

Qu’est-ce qui va te manquer de Toulouse ?
Tout ! Je suis arrivé ici à 16 ans, au début de mon adolescence. Je repars à 21 ans après une superbe saison de Ligue 2 avec mon club formateur. Tout va me manquer, que ce soit la ville, les supporters, les gens, le Capitole, chez moi à Purpan…

Sans toi, sans Manu Koné, sans Janis Antiste et sans Steven Moreira, qui va chanter dans le vestiaire ?
Ahaha ! Je ne sais pas qui va faire le cri de guerre, mais Bafo (Diakité), Moussa (Diarra) et Nathan (Ngoumou) vont bien s’occuper de l’ambiance. Après, y en a d’autres qui arrivent comme Mamady (Bangré) qui peuvent aussi mettre l’ambiance.

Un mot justement sur lui ?
On m’a dit que Mamady (Bangré) sera mon successeur. Il n’y a pas besoin de le comparer à moi. C’est un super joueur, très très talentueux, avec énormément de qualités pour exploser et faire une année assez dingue. Je pense qu’il peut faire beaucoup mieux que moi. On a un football qui peut se ressembler, mais qui est en réalité extrêmement différent. Donc la comparaison n’a pas lieu d’être.

As-tu tout prévu pour continuer à suivre le TFC ?
Tout est clair ! J’attends juste qu’ils restent premiers ou deuxièmes, comme ça, ils joueront les affiches sur beIN. Je ne sais pas trop comment marche la chaîne L’Équipe en Allemagne (rires).

Quel restera ton meilleur souvenir toulousain ?
Il y a en plusieurs, mais je pense directement à deux moments qui se ressemblent : le barrage contre Nantes et la finale de Gambardella. Malheureusement pour moi, les deux se terminent mal. Ce sont deux moments que je n’oublierai jamais, mais qu’en même temps, j’aurais aimé changer… Contre Nantes, si on était monté, on serait entré dans l’histoire pour longtemps. L’histoire aurait été assez incroyable. Paradoxalement, c’est le meilleur et le pire moment de mon passage à Toulouse.

C’est le moment des adieux, un dernier mot pour les supporters qui te liront sur LesViolets.Com ?
Tout simplement : merci. Merci du soutien, merci de tout ce qu’ils ont pu faire pour nous pendant le Covid avec les interdictions. Ils étaient sur le pont, parfois même en déplacement. Toute cette ferveur… Je retiens aussi les applaudissements lors de mon carton rouge contre Ajaccio. Ça restera mon dernier match, mais les gens m’ont quand même félicité. Je reviendrai au Stadium en tant que supporter, très vite.

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