Sept mois plus tard, l'évaluation de la conférence de presse d'Olivier Sadran

Publié le 04 février 2019 à 07:00 par Emmanuel Davila

Le 26 juin 2018, Olivier Sadran tenait une conférence de presse pour faire le point sur une saison 2017-2018 catastrophique, et annoncer des changements pour la suivante. Sept mois plus tard, le site LesViolets.Com vous propose un bilan : quels changements ont été effectués au sein du club depuis ces annonces ? Quels engagements ont été tenus ? Évaluation en 9 points de la trajectoire actuelle du TFC et des perspectives à venir.

Le retour de Casa et les résultats sportifs

Olivier Sadran : "Depuis 2001, c'est Alain Casanova qui a eu les meilleurs résultats. Notre objectif est de ne plus connaître de situation critique et de ne pas descendre, et produire du jeu. Au niveau des places, je ne sais pas trop : 8-12, 7-14."

Pour l'heure, avec 26 points en 23 journées et une triste élimination en Coupe de la Ligue, le bilan sportif est plutôt médiocre. Le Tèf semble néanmoins en mesure de s'épargner une fin de saison aussi stressante que celles de 2015, 2016 et 2018. Les joueurs de Casanova comptent 8 points d'avance sur la zone rouge. C'est à peu près le même nombre de points qui les sépare de la lutte pour l'Europe. En plein dans le ventre mou que Sadran appelait de ses voeux.
Dans le jeu, plusieurs matchs ont témoigné du potentiel de l’équipe, particulièrement en début de saison. Mais le style de jeu est rapidement devenu très prévisible et les ambitions de possession et de jeu au sol de Casanova se sont dissipées avec le passage à une défense à 5.

L'augmentation du capital et le partenariat avec un grand club européen

Olivier Sadran : "Nous travaillons sur le schéma d'une augmentation de capital, pour donner plus de moyens au club. Via un partenariat très fort avec un grand club européen."

Comme le révèle le site LesViolets.Com aujourd'hui, le grand club en question, Manchester City, ne prendra pas de parts dans le club (voir l'article). En revanche, le partenariat évoqué pourrait voir le jour, dans une certaine mesure : le City Football Group (société propriétaire de Manchester City et d'autres clubs, dont Gérone) partagerait quelques méthodes de recrutement, et des échanges de joueurs sous forme de prêts ou d'achats pourraient se conclure. Sadran a-t-il abandonné l'idée d'ouvrir le capital du club à d'autres actionnaires? Aucun autre nom que celui du City Football Group n'a circulé.

Le rôle de Sadran

Olivier Sadran : "Quand j'ai repris le club à 30 ans, je n'avais pas les mêmes préoccupations. [...] Je ne souhaite pas être présent au quotidien, car le travail est bien fait par Jean-François Soucasse."

C'était une des annonces importantes de cette conférence de presse : Olivier Sadran souhaitait prendre du recul sur la vie du club, laissant plus de place à Jean-François Soucasse, censé en être le véritable président. S'il est désormais régulièrement absent des tribunes pendant les matchs du Tèf, il reste cependant le premier décideur. C'est lui qui a géré le cas Todibo et a participé à une réunion préparatoire au mercato d’hiver début janvier. Il reste également présent dans le vestiaire. Il a par exemple pris la parole à la mi-temps de TFC-Dijon (2-2).

Les relations entre dirigeants et supporters

Olivier Sadran : "Le lien se distend avec nos supporters et il y a sans doute une raison. C’est peut-être à nous de mieux expliquer les choses."

Entre une communication minimale et des relations tendues avec les groupes de supporters, le lien entre la direction du club et le public est distant. Les violences policières survenues sur le parvis du Stadium après la défaite contre Lille (2-3) le 6 mai 2018 et le silence des dirigeants après cet épisode ont causé de sérieux dégâts. Avec un mercato intéressant cet été, le TFC a réussi à maintenir son nombre d'abonnés à un niveau proche de celui de l'an dernier - près de 8 000. Mais les rapports entre supporters et direction n'ont pas beaucoup changé, comme en témoignent la création de l'ADIST (Association de Défense des Intérêts des Supporters Toulousains) et l'affluence souvent faible au Stadium.

Les évolutions dans l’organigramme

Olivier Sadran : "Il faut trouver un lien plus fort entre le président que je suis et le sportif. Ce sera le rôle de Pantxi Sirieix, qui sera un relais entre Jean-François Soucasse et moi. [...] Nous allons totalement réorganiser la cellule de recrutement avec l'aide d'un grand club européen."

Pantxi Sirieix a donc intégré l'organigramme du club, dans un rôle de "coordinateur sportif de l'équipe professionnelle" aux contours assez flous. Jean-François Soucasse a gagné en responsabilité avec la relative prise de recul d'Olivier Sadran. Pour sa part, la cellule de recrutement, souvent décriée, n'a pas bougé et est toujours menée par l’éternel Dominique Arribagé, avec la participation de Jean-Joël Pierre-Doumbé.

La place de la formation

Olivier Sadran : "Notre centre est un vrai appui et il faut retisser le lien avec lui, un lien distendu aujourd'hui.''

C'est une autre des raisons du retour d'Alain Casanova : il sait lancer les jeunes. Bafodé Diakité, Kalidou Sidibé, Hakim El Mokeddem et un certain Jean-Clair Todibo ont déjà fait leurs premiers pas en pro, avec succès. Le cas Todibo, écarté après son refus de signer pro, a rappelé au club que les joueurs étaient convoités de plus en plus jeunes. Pour éviter de revivre cette situation, le TFC a fait signer pas moins de 8 contrats pro depuis mai (Taoui, Goncalves, Osei, Adli, Ngoumou, Sidibé, Diakité, Koné).

La nouvelle convention sur la location du Stadium

Olivier Sadran : "La discussion a été longue et difficile. La volonté de Toulouse Métropole était de multiplier par 15 notre loyer actuel. En bonne intelligence, nous avons échangé et nous avons trouvé un accord correct."

Un long bras de fer a précédé cet accord. En mars 2018, Olivier Sadran avait même brandi la menace d'un départ du Stadium. La convention prévoit qu'à partir du 1er janvier 2020 et pendant 10 ans, le TFC débourse 1,6 million d'euros par an pour louer le Stadium, contre 200 000 actuellement. Toulouse Metropole reste chargée de l'entretien des lieux et notamment de la pelouse, sujet de discorde fréquent entre le club et la métropole. Par ailleurs, le naming est désormais autorisé et espéré par les deux parties.

Le renfort de l'identité du club

À l'occasion de cette conférence de presse, le club avait présenté son nouveau logo, inspiré de celui des 80 ans du TFC, et très semblable à celui de Manchester City. Ce nouvel écusson participe d'une volonté du TFC de développer son identité visuelle. Cela passe notamment par une présence accrue de ce logo et de visuels aux alentours du Stadium et jusqu’au vestiaire.

Les enjeux à venir

A priori, le TFC ne devrait être ni relégué ni européen à l'issue de la saison. Sans l'entrée au capital prévue, les changements apportés depuis l'été dernier semblent finalement moins conséquents qu'annoncé. Quelques questions vont néanmoins se poser en fin de saison et dans les années futures. Quel rôle Sadran compte-t-il jouer ? La cellule de recrutement sera-t-elle remaniée ? Quels seront les investissements réalisés par le club grâce à l’augmentation des droits TV à venir ? Le centre d’entraînement, très souvent critiqué, sera-t-il rénové ? Quelles conséquences suite à l’affaire Todibo ? Quid de l'équipementier Joma, dont le contrat avec le TFC s'achève cet été ? L'hypothèse d'un nouvel actionnaire est-elle encore d’actualité ? La gestion de ces dossiers donnera une idée des ambitions futures du TFC.

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