Sa carrière, le TFC, notre interview de Cédric Fauré

Publié le 26 mai 2017 à 01:23 par LesViolets

La semaine dernière, Cédric Fauré a annoncé qu'il prenait sa retraite sportive après une dernière saison passée en D2 Belge à la Royale Union Saint Gilloise. Samedi, l'attaquant participera à un match caritatif au stade municipal de Portet-sur-Garonne avec plusieurs anciens Pitchouns (Cardy, Bancarel, Taïder, Romao, Dao, Casanova...).

Pour LesViolets.Com, Fauré revient sur sa carrière où Toulouse reste et restera dans son coeur.


Cédric, pourquoi avoir mis un terme à ta carrière ?
"J'étais en fin de contrat. Je ne voulais pas faire la saison de trop. Je pense que c'était le bon moment pour arrêter."

Comment se sont passées tes dernières saisons ?
"Je suis arrivé à Charleroi en 2014 où ça s'est très bien passé, même si je pense que j'ai débarqué en Belgique un peu trop âgé (35 ans, ndlr). Pendant un an et demi, j'ai marqué 17 buts. Mais mon contrat s'est arrêté. Ensuite, je suis parti à Saint-Gilles, puis Anvers est venu me chercher avec de grosses ambitions, mais je n'ai pas beaucoup joué. En juin dernier, je suis retourné à Saint-Gilles, mais le coach n'avait pas vraiment envie que je revienne et m'a peu fait jouer."

Comment imagines-tu ton avenir ?
"Là, je vais prendre des vacances et rester plus longtemps que d'habitude à Toulouse pour fêter les 80 ans de ma grand-mère en juillet. Durant l'été, je vais voir si des clubs m'appellent pour quoi que ce soit. Pour le moment, j'ai eu le président de Reims au téléphone, il espère que j'intégrerai un jour le club. Avec Toulouse, ce sont deux équipes qui me tiennent à cœur.
Si je n'ai rien à la rentrée, je rentrerai en Belgique pour passer mes diplômes d'entraîneur."

Samedi, tu seras à Portet-sur-Garonne. Parle nous de cet événement caritatif...
"Nicolas Bayod (ancien joueur du TFC et aujourd'hui président de Portet-sur-Garonne, ndlr) m'a appelé. C'est pour la bonne cause. Je vais pouvoir recroiser Nabil Taïder, que j'ai eu récemment au téléphone, Julien Cardy, Aurélien Mazel, Mathieu Puig, Alain Casanova, que j'ai croisé lors du match Reims - Lens. Ça va faire plaisir de tous les revoir avec un peu plus de cheveux blancs sur la tête qu'à l'époque (rires). On a un lien qui nous unit et on aime savoir ce que font les uns et les autres."


Qu'as-tu pensé de la saison du TFC ?
"Le début de saison a été bon, mais la fin d'année a donné beaucoup de regrets. Moi ce qui me fait un peu râler, c'est qu'une ville comme Toulouse, avec un tel stade, doit viser les places européennes chaque saison. Aujourd'hui, le TFC a l'image d'un club qui ne fait que terminer entre la 8ème et la 14ème place. J'aimerais que ça change. Toulouse n'a rien à envier à une équipe comme Nice en matière de structures."

As-tu encore des contacts avec des gens au TFC ?
"De temps en temps, j'ai Dominique Arribagé et Jean-François Soucasse au téléphone. Je connais bien Andy Delort. Olivier Sadran ? Du tout ! S'il n'a pas changé de numéro, je l'ai toujours. Mais je n'aime pas appeler les gens, je préfère le rencontrer et discuter avec lui."

Toi qui es attaquant, que penses-tu d'Andy Delort le nouveau buteur recruté par le TFC ?
"C'est une très bonne recrue, qui peut aider le club à passer un palier. C'est quelqu'un que j'apprécie. Mais un attaquant sans ses coéquipiers, ce n’est personne. Si on lui balance des ballons devant, et qu'on lui dit de se débrouiller pour marquer, ce sera très compliqué. Si Andy a des joueurs autour de lui qui créent le danger, il saura mettre les buts. C'est un joueur qui prend du plaisir, qui donne du plaisir, qui tente."


Dans ton message sur Twitter annonçant ta retraite, tu remerciais Gérard Rabier, ancien responsable du centre de formation. Quel rôle a-t-il joué dans ta carrière ?
"Le plus beau rôle : c'est le père de ma carrière. Quand je jouais chez les jeunes à Muret, il était l'entraîneur de l'équipe première, et il m'a fait participer à la fin de saison en CFA. Puis, il a rejoint le TFC en 1998. Lorsque le club est reparti en National en 2001, il est venu me chercher à Balma et m'a fait signer au Tèf.
Je m'en souviens encore. Tout s'est joué lors d'un match amical entre Balma et le TFC vers mars 2001. Jérôme Dupuy, un autre joueur de Balma, qui n'avait pas été gardé par le centre de formation du TFC, avait été bon ce jour-là et je pensais qu'ils allaient le reprendre. Finalement, ils étaient venus pour moi et je signe ensuite en novembre. J'avais des propositions de Sochaux et de Strasbourg, mais mon cœur est directement parti pour Toulouse..."

On va revenir sur trois saisons au TFC. D'abord celle en National, quels sont tes souvenirs ?
"Erick Mombaerts a su me mettre directement en confiance. Je me souviens de mon premier entraînement où je croise Revault et Prunier. J'étais timide. Un an auparavant, je venais les voir jouer au Stadium, et là, je jouais avec eux ! Ma première opposition avec William Prunier, je l'ai bien senti arriver (sourire). Ils m'ont pris sous leur aile."

Il y a ce but à Angers pour la montée en Ligue 2...
"Oui, c'était une belle histoire avec toute l'équipe. Mais on oublie aussi que le match juste avant, on fait 1-1 contre Brest à domicile. J'avais égalisé ce jour-là et ce point nous avait permis de rester dans la course. Si on perdait, on n'avait plus notre destin en main."

Puis la Ligue 2, avec le titre de champion !
"C'était le premier trophée de ma carrière. Cette année-là, on avait été énorme. Il y avait du talent et de l'insouciance dans cette équipe. Lors du premier match contre Istres, nos adversaires étaient concentrés. Nous, on ne faisait que regarder nos noms écrits derrière les maillots. On n'avait jamais connu ça ! On rigolait avant d'entrer sur le terrain. Les joueurs d'Istres se demandaient ce qu'on faisait là... Au final, c'est ce qui a fait notre force. Nabil Taïder a explosé cette saison-là, Achille Emana aussi, Thibault Giresse, Aurélien Mazel qu'on appelait "Petite Prune"... J'ai adoré la joie de vivre d'Ousmane N'Doye aussi. Vraiment, on avait un super collectif."

Et puis tu découvres la Ligue 1....
"Je sortais d'une année à 20 buts en Ligue 2. Je me disais qu'en mettre 10 serait bien. C'est ce que j'ai réussi à faire en jouant le maintien toute la saison. Au début du championnat, on était crispé et on a perdu des points bêtement. Puis, il y a eu l'arrivée de Fernandao qui nous a fait du bien. Il avait beaucoup de charisme. Très peu d'équipes étaient parvenues à se maintenir avec 12 points à la trêve avant nous. Tout le monde nous voyait en L2. Il faut aussi souligner qu'on n'avait pas beaucoup de pression, les supporters étaient très compréhensifs avec nous et, à l'arrivée, on a réussi à décrocher le maintien."

Pourquoi as-tu ensuite quitté le club ?
"Aujourd'hui encore, je ne sais toujours pas ce qui s'est passé. Je ne regrette rien dans ma carrière. Mais j'ai mis 10 buts pour ma première saison en L1 et on m'a dégagé... Ali Rachedi m'avait fait comprendre qu'il fallait que je parte. Le TFC est allé chercher Daniel Moreira qui coûtait beaucoup plus cher que moi. On l'a encensé pendant deux saisons et, au final, il a aussi mis 10 buts, et il avait une meilleure équipe autour de lui avec notamment Dalmat.
Mon départ est beaucoup dû à Ali Rachedi. À l’époque, il avait les pleins pouvoirs au club. Avant d'être au TFC, Rachedi était agent. Sans vouloir dire de bêtises, les joueurs qui sont arrivés après moi, comme Moreira et Dalmat, travaillaient avec Rachedi. Ce sont des choses qui se font dans le foot... Mais c'est vraiment un mauvais souvenir pour moi."

Comment as-tu géré ce départ précipité ?
"Toulouse me prête du coup à Guingamp en 2004. C'était un choc pour moi et, malgré tout, je termine la saison en boulet de canon et marque 18 buts. Guingamp voulait me conserver, mais moi, je voulais revenir au TFC. À ce moment-là, Ali Rachedi est venu me dire que si je revenais, j'allais m'entraîner avec la réserve."

Il se disait aussi que certains t'avaient fait une mauvaise réputation en France...
"On disait que je sortais tous les week-ends, que j'étais un joueur "à femmes", qui avait la grosse tête. Les gens qui me connaissent savent que c'est totalement faux. Mais beaucoup écoutent les "on dit." J'étais jeune à l'époque, je ne dis pas que j'étais un moine. Comme tous les jeunes, de temps en temps, ça faisait du bien de décompresser. Mais honnêtement, si je sortais véritablement tous les week-ends, je ne pense pas que j'aurais terminé ma carrière à 38 ans."

Aurais-tu pu revenir au TFC plus tard ?
"Je n'ai plus jamais eu de contact avec le TFC. Si ça avait été le cas, évidemment que ça aurait été avec plaisir que je serais revenu..."

As-tu été invité par le club pour les 80 ans contre l'OM début avril ?
"Oui, j'ai reçu une invitation, mais, malheureusement, je n'ai pas pu venir."

Quel a été le joueur le plus fort que tu as pu côtoyer au TFC ?
"Le meilleur joueur, c'était le groupe. Si je devais citer un nom, je dirais William Prunier. C'est un ami. Il a été mon exemple durant toute ma carrière."

Le plus chambreur ?
"William Prunier et Anthony Bancarel ! J'ai une anecdote : William se faisait souvent piquer son gel douche par d'autres joueurs. Un jour, il a mis de la pommade chauffante dans son gel douche et, du coup, les voleurs se sont fait surprendre (rires)."

Un dernier mot pour les supporters du TFC ?
"J'ai été surpris de recevoir autant de messages après l'annonce de ma fin de carrière. Mon tweet a été vu plus de 60 000 fois ! Le plus beau trophée de ma carrière, c'est la reconnaissance des supporters. Ça prouve que je n'ai jamais triché. Ils sont reconnaissants et c'est vraiment la plus belle des choses."

Nos derniers articles