Reims - TFC : L'interview de Mohamed Fofana, sa nouvelle vie, son Tèf

Publié le 05 décembre 2018 à 00:00 par JB

À 33 ans, Mohamed Fofana n’est désormais plus joueur professionnel et a intégré le staff du Stade de Reims. Avant le match de ce soir (19h00), l’ancien défenseur central, auteur de 141 matchs sous le maillot du Tèf, nous a accordé une interview.

Sa nouvelle vie

Mohamed Fofana : “J’ai mis un terme à carrière à la fin de la saison dernière. Il était temps, après deux années avec de nombreuses blessures à Lens. J’ai gardé de très bonnes relations avec les dirigeants de Reims. On s’est revus la saison dernière et ils m’ont nommé entraîneur-adjoint de l’équipe réserve du SDR. Je suis responsable des défenseurs, et j’organise aussi des entraînements spécifiques pour les U19 et U17. En parallèle, je passe mes diplômes d’entraîneur. Tout se passe bien, je suis heureux d’être dans le joli projet du Stade de Reims qui colle parfaitement à ma personnalité. J’essaye de transmettre toute l’expérience que j’ai pu accumuler à Toulouse, à Reims en tant que joueur et à Lens.

Son avenir, un retour au TFC un jour ?

Je découvre le métier, sans me fixer d’objectif. Je ne me dis pas que je veux absolument devenir entraîneur d’une équipe première. Bien sûr, si un jour il y a l’opportunité de revenir au TFC, je serais heureux, c’est mon club de coeur !

Le Stade de Reims, adversaire du TFC

On l’a encore vu à Marseille (0-0), la solidité défensive de l’équipe est assez impressionnante. À l’image de Mathieu Cafaro, les 11 joueurs abattent un travail défensif extraordinaire. C’est cliché de dire ça, mais il y a vraiment de très bons mecs dans ce groupe rémois. L’état d’esprit, c’est sa principale force. L’équipe est sur la lancée de la saison dernière, où elle était la meilleure défense de Ligue 2.

Son pronostic

Je pense que ça va être une belle rencontre. Dans une saison, il y a deux matchs où je ne suis pas pour le Tèf, c’est contre Reims. Toulouse, c’est mon club de coeur, mais le Stade de Reims m’a très bien accueilli en tant que joueur et, aujourd’hui, c’est mon employeur.

La situation précaire du TFC

J’ai regardé leur match contre Dijon, j’espérais une victoire, donc je suis assez déçu de ce résultat nul. Quand on regarde cette série sans victoire pour eux, on se demande comment c’est possible… Il y a un vrai projet de jeu et des qualités dans l’équipe. Sur plusieurs rencontres, ça s’est joué à peu de choses. Je ne m’en fais pas pour eux. Ils vont se maintenir. À un moment donné, ça va forcément payer. Bon, on disait ça aussi la saison dernière… Mais quand on voit leur réaction contre Dijon, on sent que le groupe vit et refuse la défaite. C'est un signe qui ne trompe pas.

Sa descente en L2 avec Reims en 2016 et la remontada du TFC

Le TFC a réalisé quelque chose d’exceptionnel et ça restera dans l’histoire. On a compté 10 points d’avance sur eux et, finalement, on est descendu… On ne peut s’en prendre qu’à nous. Petit à petit, on se disait dans le vestiaire : “Oula, Toulouse revient dans la course.” Le Tèf était en confiance et, nous, ça nous a mis la pression. Tout s’est joué dans les 10 dernières minutes à Angers, alors que, nous, on gagnait 4-1 contre Lyon en sortant notre meilleur match de la saison. Au fond de moi, j’étais content que ce soit Toulouse qui se maintienne et pas le Gazélec Ajaccio, qui était aussi en course.

Son meilleur souvenir au TFC

Le match aller du tour préliminaire de Ligue des Champions contre Liverpool (0-1). Malgré la défaite, je ne pensais jamais disputer cette compétition une fois dans ma carrière, surtout que Liverpool était en finale contre le Milan AC trois mois auparavant… Ce jour-là, je n’avais jamais vu un Stadium aussi comble, aussi beau, aussi bruyant et aussi chaud.

La troisième place en 2007

Il y avait une force qui se dégageait de cette équipe… C’était impressionnant. Élie Baup a optimisé au maximum les forces et faiblesses de son groupe. À l’époque, c’était le coach qu’il fallait au TFC. Elmander, quand il est arrivé, c’était un inconnu du grand public et même de nous, les joueurs. Il devait remplacer Daniel Moreira. On a découvert un Viking dont tous les supporters se rappelleront. Achille Emana a aussi connu sa meilleure période au sein du club durant cette saison.

Le maintien en 2008

Comme quoi, d’une saison à l’autre, tout reste fragile… On a terminé la saison d’avant à la troisième place, sans quasiment plus aucune énergie. Élie Baup avait tiré le meilleur de nous. Ensuite, on n’était pas prêt à combiner championnat et Coupe de l’UEFA. C’est vrai aussi que le groupe n’était pas assez solidaire, avec quelques soucis internes. Cette saison a été la plus compliquée de ma carrière. C’était dur de se lever le matin sans savoir ce qui allait se passer à l’entraînement et sans prendre aucun plaisir. La mission était claire : maintenir le club. Et, franchement, à la fin, on était très fier de l’avoir fait vu comment ça partait…

Son pire souvenir au TFC

Durant la saison 2008-2009, Alain Casanova avait été nommé entraîneur et a donné un bon coup de boost. Notre année a été exemplaire avec une quatrième place. Mais il y a eu la demi-finale de Coupe de France contre Guingamp (défaite 1-2). Cette saison-là, on avait une telle force collective… À domicile, on tapait tout le monde, y compris les gros. On se sentait invincible. Le tirage au sort nous avait offert Guingamp, qui était à l’époque au milieu de tableau en Ligue 2. Au sein du club et de la ville, tout le monde nous voyait déjà en finale. Même nous, on s’y voyait déjà. Finalement, Guingamp avait mérité sa victoire. La déception était grande pour tout le monde. Derrière, Alain Casanova a su nous remotiver pour ne pas tout gâcher et se qualifier pour l’Europe.

Alain Casanova

J’ai été surpris qu'il revienne au club. Mais c’est vrai que c’est lui qui a la meilleure moyenne de classement du club. Sa réputation défensive ? Je ne suis pas du tout d’accord. Effectivement, sur sa première saison en 2008, on n’avait pas un très beau jeu. On se basait sur une très grosse assise défensive et on profitait de l’efficacité de Dédé Gignac. Puis j’ai vu son évolution. Il a mis en place des vraies idées de jeu. Parfois, ça pouvait être un peu stéréotypé sur la partie offensive, dans les 30 derniers mètres. Aux entraînements, on bossait vraiment beaucoup les remontées de balle, sans balancer de derrière. Ce n’est pas facile d’installer tout ça. Il est allé au bout de ses idées, quitte à mourir avec. Le jour où il parviendra à avoir une équipe efficace devant, avec les mêmes principes de jeu, Alain Casanova sera reconnu à sa juste valeur.
Aujourd’hui, le TFC a perdu certains matchs en se faisant contrer et a dégringolé au classement. Dans cette situation, que ce soit Casanova ou un autre coach, il faut se poser en étant moins ambitieux pendant quelque temps dans le jeu, être plus costaud et prendre moins de buts pour rassurer l’équipe.

Ses amis encore au TFC

J’ai encore des contacts réguliers avec Denis Valour (entraîneur adjoint de Casanova, ndlr) et avec Pantxi Sirieix, qui est un ami. J’ai suivi son évolution positive au sein du club (coordinateur sportif, ndlr). Je lui ai toujours demandé des conseils durant ma carrière et je le fais toujours aujourd’hui. Son nouveau poste lui va bien et il en est content.

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