Quel bilan pour Comolli lors de ses deux passages à l'ASSE ?

Publié le 28 mai 2020 à 00:00 par Paul Marand

Suite au communiqué du TFC le 21 mai concernant un accord de négociations exclusives avec le groupe RedBird Capital Partners, Damien Comolli est pressenti pour représenter la société américaine et devenir président du club à la place d’Olivier Sadran. Avant de devenir le manager général de Tottenham, le directeur sportif de Liverpool et du Fenerbahçe, le Biterrois a eu l’occasion de faire deux passages à Saint-Etienne.
Paul, membre du site En Vert Et Contre Tous, a pu nous donner son ressenti concernant le passage du futur président du TFC dans son club.

Comment se sont déroulés les passages de Damien Comolli à Saint-Etienne ?
Damien Comolli a été recruté par l’ASSE en 2004 alors que le club était en train d’accéder à la première division avec le duo Frédéric Antonetti au sportif et Christian Villanova au management. À l’issue de la saison, les Verts sont champions et montent en D1. Contre toute attente, Damien Comolli est préféré à Omar Da Fonseca et intègre la cellule de recrutement du club et c’est Elie Baup qui est choisi pour continuer l’aventure et du coup le staff qui avait été mis en place par le duo Antonetti-Villanova est vite remplacé. Damien Comolli ne restera que 5-6 mois à Saint-Etienne et n’a pas forcément marqué les esprits dans un premier temps. Peu de temps lui a été laissé pour mettre des choses en place.
Il est revenu en novembre 2008 alors que le club n’allait sportivement pas très bien et connaissait une de ses premières crises sportives pour occuper un poste de directeur sportif en association avec Vincent Tong-Cuong, un duo intronisé par la direction de l’époque pour gérer le sportif. Il s’est occupé du recrutement de l’équipe 2009-2010, un mercato qui n’a pas eu des noms très retentissants, voire des joueurs qui se sont cassés les dents à cette époque-là (Boubacar Sanogo, Gonzalo Bergessio, Bakary Sako, Gelson Fernandes, etc.). Pourtant, quand il est arrivé chez nous, il avait un plutôt beau CV puisqu’il a été recruteur à Arsenal, en grande partie responsable du recrutement des Frenchies, le fils spirituel de Wenger a un peu déçu. À son deuxième passage il reste une saison et demie, une saison complète de 2008 à 2009 et à partir de novembre 2009 il est mis sur la touche suite à la crise sportive que connaissent les Verts. Il est alors jugé responsable des mauvais résultats et occupe un poste « fictif » de la présidence et au bout de 6 mois, une proposition tombe d’Angleterre pour rejoindre Liverpool. Je n’ai pas souvenir que Comolli avait de réelles relations avec les supporters. À la base, il était chargé du recrutement à l’ASSE, donc pas vraiment d’activité médiatique.

Des projets ont-ils été mis en place lors de son passage ?
Non pas vraiment, les bons résultats sportifs sur lesquels l’équipe a surfé avaient été faits par le recrutement de l’année précédente (Blaise Matuidi, Dimitri Payet, etc.) qui a su porter l’équipe pendant quelques saisons. Le renouveau de l’équipe s’est fait avec une autre équipe, à savoir celle de Christophe Galtier, et Comolli n’a absolument pas participé à sa création. C’est un dirigeant qui a été finalement très peu présent à Saint-Etienne avec deux courts mandats, la première fois il n’a pas eu pleinement le pouvoir sur ses actions et la deuxième fois la situation sportive a poussé la direction à vite changer de trajectoire.

Comment voyez-vous le TFC évoluer sous sa présidence ?
Quand on regarde le CV de Comolli, on peut le voir comme le petit prince des dirigeants du foot, avec un profil relativement jeune, qui malgré tout, là où il est passé, a eu de plutôt bons résultats. Maintenant quand on prend l’exemple de Saint-Etienne, il n’a pas laissé un bon souvenir de lui. Il serait un jeune président avec une vraie expérience à l’international et du haut niveau. Il a un réseau très développé et peut apporter un vrai plus, mais il aurait été beaucoup plus utile en Ligue 1 qu’en Ligue 2. Dans un club à l’échelle de Toulouse, je ne suis pas certain que cette expérience lui serve à proprement parler. Est-ce que localement, il saura s’adapter ? C’est compliqué de répondre à cette question. Est-ce qu’il a le profil adéquat pour remonter le TFC dans l’élite ? Oui et non, c’est surtout la structure du TFC qui a le profil pour remonter en Ligue 1, même si on sait que le championnat de Ligue 2 est compliqué et qu’il est rare de remonter en une seule saison. Tout dépendra des moyens qu’il aura à sa disposition.

Pour conclure…
Globalement, il n’a pas vraiment marqué l’ASSE, n’a pas été ultra présent médiatiquement et les relations ont été très tendues à la fin entre lui et l’état-major stéphanois. Bernard Caïazzo, président de l’époque, avait incendié Damien Comolli suite à son départ en disant qu’il se la coulait douce et que rien n’était prévu en matière de recrutement, que l’organisation vivait au jour le jour et qu’il était responsable de la stagnation du club : « Damien a dépensé 22 millions d’euros pour 7 joueurs l’été dernier, un seul fait partie de l’équipe régulière désormais, son départ ne va pas m’empêcher de dormir, Damien ne jouait pas le jeu, il n’y avait pas de recrutement en cours, nous lui avons donné les clés du club et nous sommes maintenant en difficulté financière en essayant de libérer les joueurs, vous avez besoin d’humilité dans le football et Damien était 100% convaincu d’avoir raison. Il n’a jamais été question de dialogue, il avait le pouvoir total durant sa première année, il avait le dernier mot sur les transferts, Alain Perrin (entraîneur des Verts à l’époque) n’a même pas vu certains des joueurs qui lui ont été donnés, Damien était son chef. J’aurais aimé le virer, mais le co-président l’a défendu pendant des mois. C’était une erreur de le ramener au club, nous n’avons pas d’argent à jeter par les fenêtres et les joueurs que nous avions ont perdu 30% de leur valeur. » Je peux donc confirmer que Comolli n’a pas laissé un très bon souvenir à Saint-Etienne que ça soit du côté de la direction ou des supporters.

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