Qu'on leur donne l'envie

Publié le 23 février 2020 à 09:00 par Christophe Canard

Dans un match qui ressemble comme une copie conforme à tant de matchs cette saison, la question se pose de savoir ce qu’il faut en retenir. Certainement pas le fond de jeu, ni les qualités techniques ou physiques de cette équipe. Pas non plus le mental de ces joueurs, encore coupables de déconcentration dans les débuts et fin de mi-temps. Encore moins l’apathie d’un entraîneur qui, certes, a ramené de la consistance au bloc toulousain, mais qui manque cruellement d’efficacité dans le coaching. Non, la seule chose qui restera de ce match est bien la citation du capitaine toulousain : "Je ne pense pas qu’on ait tous envie de se battre pour sauver le club. Il y a peut-être des joueurs qui ont d’autres choses dans la tête. Il faut se poser les bonnes questions et changer les choses". Car cette déclaration de Gradel, finalement, résume ce que de nombreux supporters pensent depuis de nombreux mois.

Mesurer l’envie de quelqu’un pour quelque chose reste quand même une entreprise assez délicate. Et comme les résultats sportifs sont plus sujets aux aléas que dans d’autres secteurs, ils ne peuvent en être les seuls indicateurs. Ça n’est pas parce qu’on est mauvais, qu’on a pas d’envie. Le meilleur exemple est Sylla, dont on ne peut pas vraiment questionner l’entrain à essayer de faire bien les choses, mais qui les fait mal. L’inverse est vrai également : Saïd ne montre aucune envie de bien faire les choses et il les fait mal.

Alors pourquoi ce manque ? La peur de la descente pourrait expliquer que certains jouent « petits bras », comme quand, au tennis, un joueur perd le match après avoir eu 5 balles de match. Comme quand, au collège, de peur d’être ridicule auprès de la fille la plus populaire du bahut, on se met à faire tout et n’importe quoi pour qu’elle nous remarque. Elle nous a peut-être remarqué, mais pas favorablement. La peur, ça nous fait faire n’importe quoi, parce qu’on n'a pas envie de perdre.

Mais au fond, que risquent finalement les différents joueurs de l’effectif toulousain ? Rien. Ils ne risquent rien. Les joueurs prêtés ou en fin de contrat n’ont pas de raisons précises de s’employer plus puisqu’ils rentreront dans leur club d’origine ou retrouveront certainement un autre contrat l’an prochain, peut-être même en Ligue 1. Les joueurs qui « valent » encore quelque chose ne resteront pas, et les jeunes qui jouent savent déjà qu’ils auront des portes de sortie. Quant à ceux, jeunes et vieux, qui ne jouent pas, ils attendent peut-être impatiemment finalement d’être en Ligue 2 pour pouvoir fouler la pelouse.

Au final, qui reste-t-il avec l’envie de sauver ce club ?
Personne.

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