Pourquoi le TFC n'arrive-t-il pas à prolonger ses Pitchouns ?

Publié le 28 April 2021 à 09:30 par JB

Ces dernières semaines ont été intenses au Stadium. Sans même parler du sportif et du Covid-19, Damien Comolli a d’ores et déjà commencé à préparer la saison prochaine. Et pour cause, un joueur majeur sera en fin de contrat, Steven Moreira, dont les négociations traînent en longueur pour une éventuelle prolongation, et plusieurs jeunes entreront dans leur dernière année de contrat : Amine Adli, Janis Antiste, Nathan Ngoumou, Anthony Rouault, Sam Sanna et Moussa Diarra. Tous ont reçu des propositions de prolongation. À l’exception des deux derniers cités, notamment Sanna qui devrait accepter prochainement deux ans supplémentaires, la donne est bien différente pour les autres.

Ces dernières semaines, les supporters toulousains se sont organisés sur Twitter avec le lancement du hashtag “#ProlongationAdli”. Mais pourquoi cette tâche semble être difficile, voire impossible dans certains cas, à réaliser par nos dirigeants ? Nous sommes en mesure de vous expliquer les raisons pour lesquelles nos jeunes joueurs refusent de signer un nouveau bail.

Tout commence l’été dernier, lorsque Manu Koné exprime ses envies de départ, clame haut et fort qu’il ne prolongerait pas son contrat. Damien Comolli, après avoir tenté le coup, se résigne, flaire la bonne affaire lors du mercato d’hiver en le vendant à un prix nettement supérieur à sa valeur réelle compte tenu de sa faible durée de contrat restante (2022), et beaucoup plus que s’il avait attendu le marché estival. L’affaire roule avec le Borussia Mönchengladbach pour environ 9 à 10 millions d’euros, club dont il portera les couleurs la saison prochaine.

Un temps de jeu limité

En début de saison, le discours officiel était : “le club compte sur ses jeunes éléments.” Cependant, dans l’intimité du vestiaire, le coach a fait comprendre aux moins expérimentés qu’ils devaient s’attendre à ne pas jouer toute la saison. La réalité montre que mis à part Adli, Koné et Antiste n’ont qu’une place de joker et ont même parfois disparu de la circulation, Diakite et Rouault se partagent le temps de jeu lorsque les titulaires ne sont pas disponibles, Diarra n’entre qu’en fin de match et à un poste qui n’est pas le sien, tout comme Ngoumou qui a même été sorti dès la mi-temps face à Châteauroux.

Partir du TFC, une difficulté ?

Personne ne remettra en cause le mercato réalisé par Damien Comolli l’été dernier qui s’est avéré comme quasi-parfait. Dans le sens des départs, tout n’a pourtant pas été simple. Amian et Moreira voulaient partir, ils se sont vus bloqués par le président. Deux autres exemples ont marqué nos Pitchouns. D’abord, celui d’Ibrahim Sangaré parti au PSV pour 10 millions dans les derniers jours du mercato après de longues négociations, parfois chaotiques, alors que le prix de départ était de 15M. Puis est venu le tour d’Aaron Leya, devenu indésirable. Devant certains coéquipiers, le Belge s’est vu signifier par le président qu’il devait partir. Un club de Championship s’était alors positionné, mais là encore, les négociations ont été compliquées. Trop compliquées. Il partira finalement en prêt avec option d’achat à Metz après la fermeture du mercato. Enfin, cet hiver, Ngoumou était tout proche d'être prêté en Ligue 2. Le club a fermé la porte, tout comme pour Rouault, approché par Stuttgart.

Qu’on le veuille ou non, qu’on aime cela ou non, le foot moderne offre de la liberté aux joueurs. En prolongeant leurs contrats, ils savent qu’ils devront composer avec un président qui décidera lui seul de la date de départ, voire de la destination.

L’épisode Taoui

Adil Taoui était perçu comme un frère pour beaucoup de Pitchouns. L’été dernier, Brentford était disposé pour l’accueillir en prêt, mais Damien Comolli a bloqué son départ avançant le prétexte de la prise en charge salariale. Il le licenciera quelques semaines plus tard. Sans entrer dans le vif du dossier, qui a vu des torts des deux côtés, le traitement reçu par Taoui (mise à l’écart, sanction financière puis licenciement) a été mal vécu par une grande partie des jeunes du groupe, ses amis.

Des salaires trop bas ?

Avec la chute des droits télé et la perte de la moitié de son aide à la descente, passée de 18 à 9 millions, Damien Comolli sait que le club sera en déficit à l’issue de la saison. Dans la nouvelle grille salariale du TFC version Red Bird, les jeunes sont avant tout considérés comme... des jeunes. Les salaires proposés sont très loin de ceux donnés aux nouvelles recrues pourtant pas toujours des titulaires indiscutables. À titre d’exemple, plusieurs premières propositions pour les Pitchouns étaient comprises entre 8 et 12 000 euros par mois, plus des primes de matchs et d’éventuelles augmentations en fonction de leur présence sur le terrain. Comolli propose aussi deux scénarios : un contrat en L1 et un autre en cas de L2. Les recrues, quant à elles, touchent des salaires compris entre 25 et 40 000 euros, sans parler des cas particuliers comme Wesley Saïd (120 000 euros) ou Efthymios Koulouris (75 000 euros). À la décharge du TFC, ce n’est pas le seul club français à offrir ce type de traitement à ses jeunes joueurs formés au club, y compris pour les plus talentueux qui se savent très courtisés. Même le cas de Mamady Bangré, lancé par Patrice Garande, n'est pas facile à gérer pour le Tèf qui lui propose le salaire minimum (lire ci-dessous).

Toutes ces déceptions ont fait naître un sentiment de défiance chez nos jeunes joueurs. Auront-ils du temps de jeu ? Pourront-ils facilement partir dans un plus gros club à moyen terme s’ils venaient à prolonger ? Sont-ils suffisamment rémunérés par rapport à leur niveau ? Les supporters doivent d'ores et déjà s'attendre à des départs dès cet été. Et une éventuelle montée ne changera rien. Le club ne pourra pas se permettre de les garder jusqu'à la fin de leur contrat avec le risque de les voir partir gratuitement dans un an. Il est évident que tous aiment ce maillot violet qu’ils portent depuis tant d’années, mais un réflexe d’auto-défense s’est installé pour garder une pointe de liberté concernant leur avenir.

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