Portrait de supporter, Joël : "Comme si le nombre d'Indians avait été multiplié par cinq"

Publié le 25 novembre 2021 à 18:00 par Cédric Polizzi

Désireux de reconquérir sa ville depuis le rachat du club, le TFC jouait très gros face à Sochaux en réalisant sa plus belle affluence depuis bien longtemps. De nombreux supporters étaient présents, et certains d'entre eux n'avaient pas mis les pieds au Stadium depuis longtemps. La rédaction du site LesViolets.Com a rencontré Joël, qui n'était plus venu sur l'île du Ramier depuis le 27 mai 2018, date du maintien face à Ajaccio. Nous vous proposons de vous replonger dans la victoire face à Sochaux, à travers cette interview grand format ! 

Depuis combien de temps n’avais-tu pas mis les pieds au Stadium ?

"Mon dernier match remonte au 27 mai 2018, pour le barrage retour face à Ajaccio. Un match horrible, sous une pluie battante, on était trempés avant de rentrer dans le stade, et on s’est retrouvé au 5ème rang. Probablement mon pire moment au Stadium, malgré le résultat qui entérinait le maintien."

Qu’est-ce qui t’avais amené à déserter le Stadium il y a quelques années ?

"De manière générale, je suis souvent reparti déçu du Stadium. J’ai souvent choisi d’aller voir des matchs contre des équipes "prenables" plutôt que les matchs de gala parce que je me disais que c’était l’occasion de voir une victoire, mais l’équipe avait tendance à rater ces matchs. Ensuite, les dernières années de Casanova, lors de son premier mandat, l’engouement était parti. Il n’y avait plus d’ambition dans le jeu, les recrutements sans cesse ratés ne laissaient pas d’espoir quant à l’issue des saisons qui se finissaient au mieux dans le ventre mou, et au pire par un maintien piteux. La période Dupraz m’avait redonné de l’espoir, mais il fut de courte durée. La nomination de Debève était dans cette lignée. Le retour du coach Casa a mis un coup fatal à mon envie de retourner au Stadium. Puis on connaît la suite, la saison 2019-2020, les mauvais résultats, Kombouaré, le covid…"

Qu’est-ce qui t’as amené à revenir voir le TFC ?

Même si je n’allais plus au stade, je suivais toujours au maximum le TFC, sur les réseaux sociaux, ou via le site LesViolets.Com. Je regardais les matchs à la TV et quand ce n’était pas possible je rafraîchissais frénétiquement le site de l’Équipe.
Depuis la saison dernière, la nouvelle ère qui a commencé, avec les résultats qui en ont découlé, m’ont redonné envie d’aller au stade. Il me manquait juste l’occasion. À la fois une question de temps, et de personnes avec qui y aller.
Vendredi, un collègue de ma compagne m’a invité, car il avait gagné des places. J’ai dit oui sans hésiter. Je ne savais pas à quoi m’attendre. Je craignais encore une fois d’être déçu par le jeu, car c’était typiquement le genre de match "tournant" que l’équipe se faisait une spécialité de rater il y a quelques années. En revanche, j’avais vu sur Twitter une grosse hype autour de ce match, avec une très bonne communication à la fois du club et des supporters. Cependant, je ne m’attendais pas à vivre un tel match (rires)."

De ton arrivée au Stadium, à ton départ, qu’est-ce qui t’as le plus marqué par rapport à avant ?

"Dès le métro de Ramonville, j’ai senti quelque chose de spécial se préparait, il y avait beaucoup de personnes habillées en violet, chose que je voyais les jours de grosse affluence. Ce qui m’a le plus surpris après avoir franchi le portail du Stadium, c’était la file d’attente devant les portes du virage Brice Taton. Je n’avais pas souvenir d’avoir déjà vu autant de monde faire la queue avant un match, même pour les matchs de gala. Ensuite, les drapeaux qui étaient distribués aux portes m’ont fait réaliser que quelque chose se préparait. Puis il y a eu ce tifo. C’était incroyable. Ça restera pendant longtemps un de mes plus grands souvenirs au Stadium."

Un mot sur l’ambiance en virage Brice ?

"Une des choses qui m’ont marqué, c’était la ferveur dans le virage Brice. J’avais l’habitude de voir les Indians debout tout le long d’un match, mais jamais je n’avais vu autant de personnes debout dans ce virage. C’est comme si le nombre d’Indians avait été multiplié par cinq, que la ferveur s’était propagée dans tout le virage.
Au cours des nombreux matchs "en bois" auxquels j’ai pu assister, il y avait souvent des moments où, de par le spectacle qui n’était pas au rendez-vous, l’ambiance pouvait par moments baisser d’un ton. Au cours de ce match, ça n’a pas été le cas. Même après l’égalisation casquette de Sochaux, le virage a continué à encourager l’équipe. Et après la parade de Dupé peu de temps après le but, le virage a scandé son nom. J’imagine que quand on est joueur, à fortiori gardien, et qu’on encaisse un but comme ça, ça doit faire un bien fou d’entendre le virage dans son dos scander son nom.
Une chose que j’ai aussi pu noter, et dont je n’avais pas l’habitude, c’est que le virage a plusieurs fois encouragé le reste du stade en chantant "le Stadium avec nous". On a souvent l’image du public toulousain comme étant plus spectateur que supporter, en effet, sorti du virage, on est assez timides. J'espère qu'un jour, on arrivera à faire lever les autres tribunes."

Reviendras-tu à l’avenir, et si oui, pourquoi ?

"Les raisons sportives qui m’avaient fait perdre l’envie ne sont plus, et j’espère que ça va durer, donc oui, je reviendrai. Alors bien sûr, je ne suis pas le genre de personne à venir voir 19 matchs de championnat par an, mais je pense que dès que j’en aurai l’occasion, je reviendrai."

Un mot sur le président Comolli ?

"J’ai fait partie des sceptiques lors de son arrivée. Entre le fonds de pension américain et les précédentes expériences de Comolli, et notamment l’avis des supporters des clubs où il est passé, je me posais la question de ce qu’allait être a suite.
Je dois reconnaître qu’il est venu avec ses convictions, notamment sur le recrutement basé sur l’analyse des données, et qu’il a su les mettre en place, en sachant probablement s’entourer des bonnes personnes. Pour l’instant, les résultats montrent qu’il est dans le vrai. Il ne faut pas s’enflammer, mais on ne peut qu’être au moins agréablement surpris par la renaissance du club sous sa direction. J’espère juste que les actionnaires ne brideront pas son action pour des raisons financières.
Si j’avais deux reproches à lui faire, ce serait sur la gestion des prolongations de contrat des jeunes, où j’ai l’impression que certaines choses sont faites de manière un peu brutale, mais cependant, quand on n’est pas proche de ces affaires, on ignore tout des discussions et de la situation.
La deuxième, c’est son coup de gueule après le match de barrage retour face à Nantes. Certes, beaucoup d’argent est en jeu, et je comprends qu’après tout le travail effectué on puisse être frustré et en colère, mais pour moi, le président doit rester au-dessus de la mêlée et avoir un comportement exemplaire."

Un mot sur l’équipe actuelle ?

"J’aime beaucoup cette équipe. Depuis la saison dernière, j’ai le sentiment que le recrutement est réussi, et que tout s’aligne, à la fois dans le choix des profils, dans les négociations de recrutement (aucun joueur n’a été recruté pour un montant élevé à la suite d’un feuilleton de plusieurs jours/semaines) et dans leur utilisation par les deux entraîneurs qui se sont succédés. On vante beaucoup, et à raison, le travail de la cellule de recrutement, mais il faut aussi reconnaître de travail de Philippe Montanier qui exploite bien les qualités des joueurs à sa disposition, et leur permet d’être performants.
À titre personnel, en tant qu’ancien milieu de terrain (à très petit niveau), j’aime les profils du milieu de terrain actuel. Des joueurs propres, techniques, qui sont capables de dominer les adversaires par le jeu, mais qui savent mettre le pied quand il faut.
J’admire aussi les progrès de Rhys Healey. Ses premiers matchs m’avaient fait peur, mais son premier but m’avait fait sentir de la qualité dans la finition (même si ça pouvait paraître un but facile). Et là, je trouve qu’il a fait beaucoup de progrès dans le jeu même par rapport à la fin de saison dernière, tout en gardant son efficacité. Globalement, tous les joueurs arrivent à se mettre au niveau, et l’intégration des nouveaux, qui n’est pourtant pas facile, semble être gérée correctement.
J’espère maintenant qu’ils arriveront à avoir de la régularité dans les performances, car dans ce championnat, un trou d’air de quelques matchs peut faire la différence entre la deuxième et la 3ème place."

La billetterie face à Rodez est désormais ouverte, n'hésitez pas à prendre vos places ! 

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