Portrait de supporter : Jean-Noël suit le TFC à La Réunion et offre son abonnement à un enfant

Publié le 08 avril 2020 à 00:00 par Cédric Polizzi

Au Stadium ou ailleurs, des milliers d’hommes et femmes aiment le TFC. Durant les prochaines semaines, la rédaction du site LesViolets.Com va vous les présenter. Deuxième édition avec Jean-Noël, habitant sur l’île de la Réunion.

Depuis quand supportes-tu le TFC ?
"Depuis toujours. Je n’ai jamais supporté d’autres équipes. Quand j’étais petit, c’est mon grand-père qui écoutait tous les matchs à la radio. Quand on montait en vacances chez lui vers Poitiers, il me demandait souvent "Alors comment il va Marcico ? Il a encore mis un but, tu as vu ?" Et je passais mes vacances à taper dans le ballon au stade près de chez lui.
Plus tard, vers mes 11 ans, une collègue de ma mère ne trouvait personne pour l’accompagner au Stadium. Par conséquent, c’est avec elle que j’allais voir les matchs. J’adorais Thierry Moreau par exemple."

Comment vis-tu ta passion à l’autre bout du monde ?
"Comme je le dis, on ne choisit pas son club. Ça nous tombe dessus, c’est dans le sang et ça doit se transmettre. Mon fils ainé de 7 ans, Martin, n’a pas eu le choix non plus. Il supporte le TFC alors qu’il est né à La Réunion. Ici, les stars locales sont Payet et Hoarau. Heureusement, Wesley Saïd est arrivé au club. Je tiens d’ailleurs à remercier le TFC qui lui a envoyé des cartes dédicacées par les joueurs, ça lui a fait très plaisirs et a renforcé son amour du club. Depuis, il n’a qu’une idée en tête : devenir joueur au Tef pour "les faire enfin gagner".
Être loin, c’est frustrant évidemment, car on ne peut pas aller au Stadium. En plus de cela, les gens ne connaissent pas ton équipe. Il faut donc affronter les moqueries la tête haute et autant vous dire que ces derniers temps, c’est assez dur. Mais les gens te respectent encore plus quand ils constatent que tu ne fais pas semblant. Le TFC permet aussi de rencontrer des gens à l’autre bout du monde par votre intermédiaire. J’ai rencontré Jérôme un autre supporter comme moi. Nous avons fait quelques déjeuners ensemble pour débriefer les performances."

Viens-tu au Stadium de temps en temps ?
"Malheureusement non pas assez. 10 000 kilomètres et un billet d’avion à 1000 € ce n’est pas évident. Cependant, je regarde tous les matchs en direct, même avec les 3 heures de décalage horaire. J’ai réussi à amener mon fils pour la première fois lors du match contre Lyon ou Mariano simule et obtient le penalty (défaite 1-2)."

Quelle est l’image du club à la Réunion ?
"Auprès des éducateurs de foot, le club a plutôt une bonne image. J’ai la chance d’avoir rencontré Didier Agathe, un Réunionnais légende du Celtic Glasgow et qui organise des stages pour les jeunes talents d'ici. Il me disait beaucoup de bien du TFC et son centre de formation par exemple dont il a entendu parler par son ami Diambobo Balde. Pour le grand public, on ne va pas se mentir, nous sommes la risée du foot français et à La Réunion, c’est pareil. Je m’efforce à chaque fois de parler de notre glorieux passé, mais ça ne suffit plus."

Est-il vrai que tu offres ta carte d’abonnée à un enfant ?
"Oui, c’est vrai. Je suis abonné et je donne ma place à la Fondation TFC pour qu’un enfant ou une personne qui n’en aurait pas les moyens puisse en profiter. Je ne peux pas venir hurler dans les tribunes donc c’est ma manière à moi pour continuer d’avoir une voix pour encourager l’équipe. Je voudrais que tous les Toulousains qui supportent de loin fassent comme moi. Le Stadium serait un peu plus rempli et ça permet de rendre des gens heureux donc c’est que du positif."

Que penses-tu de la saison du club jusqu’à présent ?
"Malheureusement, je pense que c’était prévisible et que les seuls qui ne l’on pas vu venir, ce sont les dirigeants. Ça me rend triste évidemment. Nous avons un bel effectif sur le papier, mais je ne suis pas certain qu’il soit si beau dans la mentalité. De manière générale, je préfère l’ADN local que les recrutements à tour de bras. Par exemple, Blin et Bodiger auraient dû devenir des tauliers."

Quel est ton meilleur souvenir en tant que supporter ?
"Il y en a plusieurs qui se valent, c’est dur de choisir. En premier, je dirais la remontée en 2000. Ayant vécu tout le reste, c’était inespéré. Quel état d’esprit, quelle équipe. J’ai adoré.
Le but d’Eduardo en 2004, c’était incroyable. Tout comme celui de Sirieix à la dernière journée contre Valenciennes en 2007 (victoire 2-1). Et puis, ce qui s’est passé à Angers… J’ai pleuré."

Ton plus mauvais souvenir ?
"La double rétrogradation. Ça, c’était très dur. J’allais au Sept Deniers accoudé à la rambarde pour supporter Bancarel, Prunier, Lievre, Emana, Revault et compagnie. Je n’ai jamais lâché."

Qu’attends-tu du futur mercato estival ?
"J’espère qu’un grand coup de balai sera fait et que nous repartirons avec des joueurs qui ont l’amour du maillot. Boisgard me semble être un de ceux-là. Que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2, il faut s’appuyer sur les joueurs de la région. C’est essentiel, parce que ce sont eux les meilleurs vecteurs de passion pour le club dans leur entourage local. Ils auraient une vraie fierté à défendre nos couleurs, ce serait plus fédérateur pour tout le monde. Des garçons comme Cédric Fauré, c’est ce qui nous manque. C’est ce genre de joueurs que je veux au TFC, solide, fier et efficace. Je ne veux pas de pleureuses toujours à la recherche d’excuses.

Que penses-tu d’Olivier Sadran ?
"Alors oui ça peut surprendre, mais je pense qu’il a bien mené le club à son niveau. Il a mis, son argent, sa passion et son sens des affaires au service du club.
Tout a commencé à se dégrader dès qu’il a relâché un peu et fait confiance à d’autres qui n’assument clairement pas leur rôle. Évidemment, on peut dire qu’il est coupable de ne pas s’en être rendu compte, je pense que lui-même le sait, d’où les quelques maladresses.
Il y a un point sur lequel il s’est vraiment trompé à mon sens, c’est sur les supporters. Il n’a pas assez pris parti pour nous.
Nous avons eu de la chance qu’il soit là au moment où il a repris le club et on ne peut pas lui retirer le beau parcours des 20 dernières années. Le club semble avoir des finances saines, c’est important. Quand on avait Bonilla, Casini, etc, on avait des stars mondiales, on a terminé 17ème et nous sommes descendu directement en National. Je ne veux plus jamais revivre ça.
C’est le moment de lancer un nouveau projet. Selon moi, si Sadran avait pu le faire avant il l’aurait fait, mais il n’a pas vendu le club au premier venu. Le sportif n’est pas uniquement sa faute, c’est aussi celle du staff et des joueurs."

Plutôt Baup ou Dupraz ?
"Voilà une question difficile. Je dirais Baup parce qu’il est de la région, que les résultats étaient positifs puisque nous étions en haut du classement, en Coupe d'Europe. Je pense que nous aurions dû lui laisser plus de temps. Dupraz, c’est plus un coup de cœur, l’histoire d’un moment unique. Je n’oublie pas Mombaerts non plus."

Que représente pour toi le site LesViolets.Com ?
"Vous êtes essentiels. Les vraies infos avant les autres, les interviews, le seul vrai média des supporters, c’est ce site. Vous êtes l’unique référence pour notre club. Un grand merci à vous et bravo pour votre boulot."

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