Portrait de supporter : Alexandre Roux, "Cahuzac a passé deux heures avec nous à notre local"

Publié le 31 mai 2020 à 00:00 par Emmanuel Davila

Au Stadium ou ailleurs, des milliers d’hommes et femmes aiment le TFC. Durant les prochaines semaines, la rédaction du site LesViolets.Com va vous les présenter. Huitième édition avec Alexandre Roux, capo des Indians depuis quatre saisons.

Comment as-tu rejoint les Indians et comment es-tu devenu capo par la suite ?
"J’ai commencé à aller au stade avec ma mère, quand j’étais petit. On y allait régulièrement et on a fini par s’abonner. Je voyais le kop depuis l’extérieur et ça me faisait envie. Petit à petit, j’ai commencé à aller dans le virage et à rejoindre le kop avec quelques potes. Après, au fil des déplacements et en faisant des tifos, tu fais des rencontres et tu t’intègres. J’ai commencé à être capo pendant la saison 2016-2017. J'ai d'abord fait second capo, donc je soutenais, j’aidais Flo, qui était le capo de l’époque. Un jour, pendant la seconde mi-temps d’un TFC-Nancy, Flo me tend le micro et je finis le match. Il m’a bien aidé à me lancer. Depuis que je suis capo, sportivement, c’est de la merde, ce n’est pas le plus facile. Tu ne peux pas t’appuyer sur les résultats pour motiver les gens."

Quels sont tes meilleurs souvenirs de capo et de supporter ?
"En tant que supporter, je vais faire classique, mais c’est le déplacement à Angers en 2016. Toute la journée qui a précédé le match, le cortège, c’est quelque chose qu’on n’a pas l’habitude de voir à Toulouse. Et puis la fin du match a été énorme aussi. Mon meilleur souvenir en tant que capo, c’est moins facile, mais je dirais que c'était un match au Stadium contre Saint-Etienne. On perdait 3-0, et à un moment, le ballon atterrit dans le kop et je me mets à simuler un but, comme si on venait de marquer. Là, tout le virage a repris le truc et s’est mis à chanter « Qui ne saute pas n’est pas toulousain ». À la sortie, on était contents d’avoir réussi à animer ce match."

Le TFC s'apprête à passer entre les mains de RedBird. Ca t'inquiète de voir un fonds d'investissement prendre la tête du club ?
"C'est vrai qu'on a envie d'être prudent avec les fonds d'investissement, parce qu'on sait qu'ils viennent toujours avec l'idée de gagner de l'argent. Maintenant, il faut voir s'ils essaieront plutôt de le faire grâce à du trading de joueurs ou s'ils chercheront surtout à valoriser le club pour le revendre plus cher qu'ils ne l'ont acheté."

À Bordeaux, la guerre est déclarée entre les supporters et King Street. Crains-tu le même scénario chez nous, avec des actionnaires qui se désintéressent du public ?
"C'est allé assez loin à Bordeaux avec les Ultras Marines, qui s'entendaient en plus très bien avec la direction précédente. Mais au TFC, si les actionnaires délèguent aux dirigeants, ça peut se passer mieux. À Bordeaux, c'est un fonds d'investissement qui n'avait aucune expérience dans le sportif. Dans notre cas, ils ont quand même déjà investi dans le sport, même si c'était aux Etats-Unis, où les choses sont assez différentes. Donc ça laisse espérer quelque chose de plus sérieux que King Street."

Que penses-tu de la probable nomination de Damien Comolli en tant que président du club ?
"Ça n'a pas toujours parfaitement marché là où il est passé mais c'est quelqu'un qui arrive avec une grosse expérience, ce qui est intéressant par rapport à ce qu'on a connu. On n'est pas dans le cas d'un Soucasse, qui est arrivé là un peu par hasard à force de gravir les échelons. Comolli a un CV intéressant et a l'air d'avoir les compétences pour occuper le poste. Mais on va attendre de le rencontrer avant de se faire un avis définitif sur lui."

Est-ce que ce sera vraiment plus dur de mobiliser du monde en Ligue 2 que cette saison ?
"Je ne pense pas. Les supporters qui venaient encore au stade étaient déjà les plus fidèles et les plus masochistes, donc ce ne sera pas plus dur de les faire venir au Stadium. Il y a même des gens qui disent qu’avec la descente, ils pourraient décider de prendre un abonnement. Les places seront moins chères, aussi."

J’imagine que l’hypothèse d’une reprise à huis clos en août ne t’enchante pas…
"Notre position là-dessus est claire, on pense que le foot doit se jouer avec des supporters. Mais c’est difficile, pour l’instant, de savoir comment ça va évoluer par la suite."

D’ailleurs, est-ce que les modalités de remboursement des abonnements proposées par le club t'ont convaincu ?
"Les modalités de remboursement, oui, mais nous, on a reçu un mail du club qui nous refile le bébé et nous demande de contacter nous-mêmes nos membres pour voir quelle option de remboursement ils choisissent. Le remboursement passera par l'association. On a un peu l'impression qu'ils nous demandent de faire le travail à leur place. On ne comprend pas bien ce qui les empêche de le faire eux-mêmes. On leur a dit qu'on estimait que c'était à eux de le faire, mais on n'a pas eu de réponse de leur part pour l'instant."

Dans le même temps, le club a communiqué une grille de tarifs des abonnements pour l'an prochain. Qu'en penses-tu ?
"Le club sera en Ligue 2, donc ça me paraît normal que les tarifs baissent un peu. Après, c'est quand même étrange de sortir les prix des abonnements pour l'an prochain alors qu'on ne sait même pas encore si on va pouvoir reprendre avec du public. Et rien ne dit non plus que les nouveaux propriétaires auront envie d'appliquer ces prix quand ils seront en poste."

Y a-t-il des joueurs de l’effectif actuel ou des anciens qui sont proches des Indians ?
"Un des joueurs qu'on connaît bien, c’est Gradel. Quand il est arrivé, je le voyais comme un mec qui venait juste ici pour se relancer. Il a fait de bons matchs pour sa première année, mais j’avais quand même été surpris de le voir être nommé capitaine, je trouvais que c’était beaucoup. Et finalement, il s'est complètement investi dans son rôle, il a souvent pris de son temps pour nous parler, même en dehors de ses horaires de footballeur. Il y a eu cette interview d’après-match où il s’en est pris aux supporters, mais il a de suite voulu mettre les choses à plat. Ce qu'il nous disait souvent, c'était qu’il y avait un problème d’état d’esprit chez certains joueurs, et que c’était le problème du club plus globalement. Par exemple, Moreira, qui avait pris un rouge contre l’OM, s’en était encore pris un contre Nice. Gradel était allé voir Soucasse après le match pour lui dire que Moreira leur faisait perdre des matchs et qu’il fallait envisager une sanction. Apparemment, Soucasse l’a regardé comme un extraterrestre. Pour Gradel, qui a joué en Angleterre, c’était normal de se prendre une amende ou une sanction. Quand on a réclamé des excuses pour les violences sur le parvis du Stadium après TFC-Lille en 2018, Soucasse a refusé de le faire, et à la fin de la réunion, alors qu’il n’avait pas dit un mot, c’est Gradel qui a pris la parole pour s’excuser au nom du club. On sent que le club lui importe.
Après, j’aurais aussi pu parler de Reynet, qui a toujours été là pour discuter avec nous. Cahuzac aussi. Quand il est parti, on l’a invité à notre local. Il est venu, nous a dit qu’il n’avait pas beaucoup de temps devant lui, et finalement on a passé deux heures à parler de tout et de rien. C’est un super mec."

Nos derniers articles