Olivier Sadran : les supporters et les incidents après TFC - Lille

Publié le 25 juin 2018 à 14:40 par JB

Voici les propos d’Olivier Sadran sur les supporters du TFC en colère et sur les incidents survenus après la défaite contre Lille (2-3) : “Le lien se distend avec nos supporters et il y a sans doute une raison. Est-ce qu’on parle de la grande masse ou de quelques uns ? C’est peut-être à nous de mieux expliquer les choses. C’est vrai que nous devons être plus solide à la maison. Quand vous allez à Angers ou Guingamp, les encouragements poussent, certes dans des stades plus petits. À nous de trouver des ressorts pour avoir cette appartenance identitaire très forte.
Je suis tombé des nues sur cette histoire de parvis après TFC - Lille. Nous étions dans le vestiaire jusqu’à 1h00 avec Jean-François Soucasse et Michaël Debève. La seule chose que nous savions, c’est que des gens voulaient qu’on aille leur parler dehors. Je veux bien parler avec tout le monde, mais j’ai aussi une entreprise employant 32 000 personnes. Aujourd’hui, quand vous sortez quelque part, tous les portables sont allumés. Ce n’est pas l’envie qui me manque. Il y a 10 ans, je le faisais avec plaisir, aujourd’hui, c’est plus difficile. Nous avons donc proposé aux supporters de faire un petit groupe et de monter dans les bureaux. La proposition a été refusée. Quand on veut dialoguer calmement, un bureau, c’est bien. Moi, je suis désolé, je ne sors pas à 23h00 devant tous les téléphones branchés. En plus, j’ai plutôt le sang chaud, donc je ne vais pas me laisser secouer et ça n’a pas trop de sens de dire tout ça publiquement.
Sur l’intervention policière, je suis bien incapable de la commenter. Dans tous les cas de figure, c’est une utopie que l’on puisse demander à la police ce qu’il faut faire. Franchement, imaginer que j’ai assez de puissance pour aller charger les siens, c’est sans doute ce qui me pousse à vouloir passer la main… Je suis désolé de ce qui a pu arriver, je suis contre la violence. Le foot ne mérite pas ce genre de débordements. Et imaginer ensuite qu’on va commenter publiquement les événements auxquels nous n’avons pas été associés, sans que nous ne sachions ce qu’il s’est passé, ce n’est pas notre fonction. Il ne doit pas y avoir de violence autour d’un stade. Tout le monde doit montrer de la mesure, ça reste du sport. On doit rester populaire, et ne pas tendre vers le modèle anglais avec des places très chères.
Ce que j’ai pu lire dans la presse au sujet des événements sur le parvis était très surprenant.
On manque de force mentale, de volonté de s’imposer à la maison, d’engouement, et ça fait la différence avec des équipes qui ont le même budget que nous. On veut essayer de retrouver tout ça avec nos supporters, mais pas en diktat. Tout le monde est libre de prendre l’abonnement ou pas. Nous ne sommes pas en dictature.
D’ailleurs, plus généralement, nous avons vu beaucoup de choses inacceptables en Ligue 1, notamment des joueurs mis en danger physiquement. Ce n’est pas ça le sport. La Ligue va devoir se pencher très sérieusement là-dessus.

Nos derniers articles