Olivier Sadran de retour dans le "game", à quoi joue-t-il ?

Publié le 03 avril 2020 à 00:00 par JB

Olivier Sadran est surprenant. En 2016, le président du TFC avait claqué la porte de la LFP : “Je ne me représenterai pas au Conseil d’Administration de la Ligue. C'est lâche, car je quitte un navire qui prend une mauvaise direction. J'ai beaucoup de dégoût. Je n'ai plus envie d'être ridicule, de participer à cette mascarade.” À l’époque, il s’en était directement pris à ses homologues de Lorient, Loïc Féry, Montpellier, Laurent Nicollin, Caen, Jean-François Fortin et Auxerre, Guy Cotret. Depuis, Sadran ne pèse plus grand-chose dans les grandes décisions du foot français et s’est lassé de son club.

Et depuis mercredi soir, OS a signé un grand retour. Il a été nommé à l’unanimité par le bureau de la Ligue avec Al-Khelaïfi, Eyraud et Rivère, pour aller négocier avec Canal+, qui ne souhaite plus payer les droits télé. Mais que fait le patron du foot professionnel toulousain entre trois hommes puissants ? Quel est son objectif ? Pourquoi lui, alors qu'il aurait pu refuser la proposition de Maxime Saada, le chef de Canal, et que d’autres pouvaient prétendre à cette nomination comme Aulas, Petrov, Nicollin ou encore Kita ?

L’objectif premier de ce quatuor est d’assurer la pérennité des clubs français, en grande difficulté économique depuis la pandémie de Coronavirus. Sadran le sait, même si les finances du TFC sont saines, sa structure va souffrir. Newrest voit ses marchés à l’arrêt, Sangaré, qui devait rapporter au moins de 15 millions d’euros, ne partira peut-être pas en Angleterre puisque même la Premier League demande aux joueurs de baisser leur salaire.

Deux cas de figure peuvent être envisagés. Dans l’optique d’une vente du club, Sadran ne peut pas se permettre de partir en laissant un trou dans les caisses ; voire, pire, devoir le combler avant de quitter le navire. Mais peut-être aussi que ce retour au premier plan indique une volonté de Sadran de conserver la tête du TFC, de lui octroyer le plus de moyen financier possible pour amortir une probable chute en Ligue 2, et redémarrer un projet solide, ou avoir les capacités nécessaires de préparer une nouvelle année en L1 en cas d’arrêt du championnat.

Quoi qu’il arrive, le TFC est à la croisée des chemins. Les prochaines semaines éclaireront l’avenir du club. Mais on ne peut pas s’empêcher de penser qu’avec un peu plus de temps, d’investissement, de volonté et de passion, Sadran avait toutes les cartes en main et toutes les qualités requises depuis 10 ans pour faire de Toulouse une place forte du foot français.

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