Ninkov : "À Toulouse, je n'ai que des bons souvenirs, je me sens chez moi"

Publié le 19 mars 2020 à 12:00 par Emmanuel Davila

Pavle Ninkov, ancien latéral droit du TFC et héros du maintien en 2016, s'est récemment engagé avec le club amateur de Saint-Orens, dans la banlieue toulousaine. Pour le site LesViolets.Com, le Serbe revient sur ses années sous le maillot violet, la situation difficile du club et ses projets après sa carrière professionnelle.

Pavle, tu viens de signer à Saint-Orens, en Régional 1. Peux-tu nous raconter ton parcours depuis ton départ du Tèf en 2017 ?
"À la fin de mon contrat au TFC, j'ai attendu une bonne offre en France, car j'étais habitué au pays, mais je n'ai pas eu d'opportunité ni d'offre adéquate. J'ai réalisé qu'il était temps de mettre fin à ma carrière. Maintenant, je joue pour le plaisir avec le club de Saint-Orens, deux fois par semaine. En plus de ça, j'ai commencé le crossfit, je prends des cours pour améliorer mon français et je travaille sur moi-même, chose que je n'ai pas eue l'occasion de faire quand j'étais footballeur professionnel. J'ai aussi beaucoup plus de temps à passer avec ma famille, ce que j'apprécie énormément. À Toulouse, je me sens chez moi, je me suis adapté et assimilé très rapidement à ce style de vie."

Tu aurais souhaité rester à la fin de ton contrat ? À l'époque, ton nom circulait notamment du côté de Nancy.
"Bien sûr, je voulais rester, j'ai espéré jusqu'au dernier moment prolonger mon contrat, car j'ai passé 6 ans dans ce club. Mais au cours de la dernière saison, je n'ai pas beaucoup joué, j'ai été blessé et c'est probablement l'une des raisons pour lesquelles ils ne m'ont pas proposé de prolongation, ce qui est normal. Je n'ai que de bons souvenirs au TFC. En football, il est très rare de passer 6 ans dans le même club et je me considère vraiment chanceux. Quant à Nancy et à d'autres clubs en France, nous étions en contact, mais il n'y a rien eu de plus concret que ça."

As-tu suivi le parcours du TFC depuis que tu es parti, et surtout cette saison ?
"Quand je jouais au TFC, j'étais très satisfait de la situation du club et du classement. Le fait est que Toulouse n'est pas au meilleur de sa forme en ce moment et qu'il y a peu de chances de rester en Ligue 1, mais en football rien n'est certain avant le dernier jour. J'espère que le club ne renoncera pas et gardera confiance jusqu'au dernier match. Au moment où monsieur Pascal Dupraz, que j'apprécie beaucoup, a repris l'équipe, nous avions un gros retard en termes de points. Les supporters étaient là, ils ont apporté leur soutien et c'est dans les 10 dernières minutes de la saison que nous sommes restés en championnat. Je pense qu'ils peuvent encore encourager leur club et les soutenir comme à l'époque."

Depuis l'époque où tu as signé, en 2011, le club a régressé. À ton avis, qu'est-ce qui ne marche pas au Tèf ?
"Je ne suis pas un expert, j'étais juste un joueur qui a contribué au club à sa manière. Il vaut mieux poser cette question aux dirigeants du club, qui n'ont pas la tâche facile, et leurs efforts ne doivent pas être sous-estimés. C'est un sport où de nombreux facteurs entrent en compte."

Sadran pourrait vendre le club dans les prochaines semaines. Quels souvenirs as-tu de lui ? Est-ce qu'il était souvent présent dans le vestiaire ?
"Je suis vraiment désolé d’entendre qu’Olivier Sadran vend le club. Pendant que je jouais, il était toujours là et on pouvait voir qu'il aimait son club et le football. Les joueurs pouvaient toujours le contacter, pour tout conseil. Il était présent à chaque match. Mon opinion personnelle, c'est que la gestion d'un club n'est pas une chose facile, et que seules des personnes comme Olivier Sadran peuvent le faire. Je pense qu'il l'a fait avec succès toutes ces années. Il ne faut pas oublier qu'il dirige le club avec réussite depuis 2001. Je ne suis pas en contact téléphonique avec lui, mais quand nous nous rencontrons dans le stade, nous parlons toujours."

Tu parlais du maintien miraculeux de 2016. Tu as participé au fameux match d'Angers, avec une passe décisive pour Braithwaite...
"Quand Pascal Dupraz est arrivé au club, Toulouse était à deux pas de la relégation, et grâce à lui nous sommes restés en Ligue 1. Le match contre Angers a été décisif et je me souviendrai toujours du discours de motivation de Pascal avant le match. C'était très émouvant. Et bien sûr, il y a les dernières minutes du match, avec ma passe décisive et le coup franc gagnant de Yann Bodiger. C’est un moment que je n'oublierai jamais."

As-tu gardé contact avec d'anciens joueurs ou des membres du club ?
"Oui, avec de nombreux joueurs, ainsi qu'avec le staff. Par exemple, avec Etienne Didot, Dusan Veskovac, Oscar Trejo, Cheikh M'Bengue et aussi avec la plupart des salariés. Je suis également en contact avec Pascal Dupraz et Baptiste Hamid. Je suis leurs matchs et leurs résultats à Caen."

Est-ce que tu viens parfois au Stadium ?
"Je viens aux matchs chaque fois que j'en ai l'occasion, je préfère être dans les tribunes et suivre les matchs de cette façon. Cette saison, je suis allé en voir certains au stade, même si je regarde la plupart du temps à la télévision."

Ça t'intéresserait de t'impliquer au sein du club un jour ?
"Pour l'instant, je n'ai pas l'intention de m'engager dans le football, même si je ne suis pas complètement sûr de ce que je ferai à l’avenir. Quant à mes plans privés, j'ai commencé à investir dans l'immobilier, je construis à Belgrade et à Toulouse, et puis je profite de ma retraite sportive."

As-tu un message pour les supporters toulousains ?
"J'ai passé 6 ans dans ce club et je n'ai que des bons souvenirs, très amicaux. C'était une très belle période de ma carrière. Je voudrais aussi dire que le football est un sport merveilleux et qu'on doit donc garder l'esprit sportif, même dans les moments les plus difficiles, quand l’avenir du TFC est incertain, comme actuellement."

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