Nantes 2-1 TFC : J'y étais pour vous

Publié le 02 décembre 2019 à 00:00 par Arthur Stroebele

Au terme d’un après-midi calamiteux à Nantes, les Violets se sont (encore) inclinés en Ligue 1. Ils sont derniers, et à leur place.

Personne n’attendait rien de Toulouse, et tout le monde est quand même déçu. En débarquant sur le terrain humide de la Beaujoire avec la légendaire — mais risible — étiquette de lanterne rouge, le TFC se devait d’avoir une réaction d’orgueil. Encore faut-il savoir ce que cela signifie, ou, plus simplement, en avoir une once. Problème, c’est un trait de caractère en voie de disparition à partir du moment où une tunique violette est enfilée. Ça n’a pas loupé : les supporters réclamaient de la constance, ils l’ont. Dans la médiocrité, mais ils l’ont.

L’antre Jaune et Verte amputée de son cœur, la Tribune Loire, suite à l’usage d’engins pyrotechniques, la partie se lance dans une ambiance qui faisait sourire plus que craindre. La palme à celui qui criera le plus fort la plus grosse énormité. Bref, une atmosphère proche d’un palais des sports durant un match de basket, et loin de celle que l’on connaît — et que l’on aime — quand on rencontre les Canaris. Très vite, Nantes a pris le dessus, parce que de meilleurs joueurs composent son effectif, lui-même entraîné par un meilleur technicien. Simple, le foot. Mais au moins, Antoine Kombouaré ne pourra pas reprocher à ses joueurs de ne pas l’écouter : à marteler sans répit les valeurs belliqueuses de combat, les Violets perdent leurs nerfs, abandonnent leurs coéquipiers et anéantissent tout espoir de résultat : Manu Koné ce dimanche, Steven Moreira la semaine passée. Qui sera le prochain heureux élu ?

Plutôt que de revenir sur une rencontre qui s’est ensuite transformée en une mauvaise attaque-défense (2-1) dont les Nantais ont fini par sortir vainqueurs grâce à Touré et Blas, il est davantage pertinent d’évoquer les individualités toulousaines. Ou quelques-unes, du moins.

À commencer par Kelvin Amian, qui doit avoir quelques douleurs aux lombaires à force de prendre vents et dribbles. Sauf que le latéral ne donne pas l’illusion d’aimer son métier, et de s’y impliquer. Alors quitte à ne plus faire dans le sportif (c’est-à-dire lui laisser sa place indiscutablement), autant laisser un Pitchoun de la réserve et ainsi passer dans le caritatif. La déception est d’autant plus grande qu’il a été par le passé un joueur plutôt bon. Toute la différence avec Rogel, qu’on ne connaissait pas, qu’on connaît désormais, et qu’on ne veut plus jamais connaître. Seul aspect positif de sa présence dans le foot professionnel : il permet de montrer à ceux qui courent le 100m en 6 minutes 40 que faire ce métier n’est pas impossible. On pourrait évoquer Isimat-Mirin, qui ne serait pas sur le banc de la plupart des équipes en France, ou Max-Alain Gradel qui ne réussit plus rien si ce n’est de centrer sur les adversaires et, donc, d’agacer ses supporters.

Et comment ne pas évoquer l’homme qui « entraîne » cette équipe ? A part vers les bas-fonds, le Kanak n’entraîne personne, et surtout nulle part. Dès le quart d’heure de jeu, il aurait dû prendre ses responsabilités et sortir Koné : tout le monde avait vu le jeune milieu sur un fil. Sauf un. Pas de chance, c’est tombé sur celui qui prend les décisions. Droit comme un piquet dans sa zone, impuissant (ou plutôt désintéressé), Antoine Kombouaré va réussir ce qu’il avait raté avec Dijon l’an passé : faire couler le club qui l’emploie. (Heureusement, il était à l’origine de la descente de Guingamp). Cinq défaites, une victoire : le bilan est famélique, et sera fatal à Toulouse. Dommage pour le Tèf que son coach ne mette pas autant d’abnégation dans son travail tactique que dans sa capacité à s’accrocher à un métier qui n’est pas fait pour lui. La moule et le rocher, quoi.

Malgré une fin de match animée avec le penalty transformé par Leya Iseka (une phase arrêtée pour sauver le néant offensif), Toulouse n’a jamais été en mesure de croire qui pourrait l’emporter. On ne parle même pas de l’emporter, mais bel et bien de juste y songer. Au tableau d’affichage, les deux équipes ne sont séparées que d’un but. Au tableau noir, l’écart est abyssal. Et, avec tout le respect, ce n’est « que » Nantes.

Cet après-midi, Toulouse n’a rien montré. Ce soir, Toulouse est dernier de Ligue 1. Demain, Toulouse n’y jouera plus.

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