Les supporters attaqués par la police : récit d'une fin de match houleuse (et honteuse)

Publié le 06 mai 2018 à 22:52 par JB

Quelques minutes après le coup de sifflet final, quelques centaines de supporters du TFC se sont retrouvés sur le parvis du Stadium, comme d'habitude. Sauf que la soirée s'est terminée dans le KO. Nous y étions. Récit de tout ce qui a pu se passer.

Sur les coups de 19h00, la colère et la tristesse pouvaient se lire sur le visage du peuple violet. Arrivés sur place, les Indians Tolosa ont immédiatement demandé à la sécurité du club de pouvoir dialoguer avec Olivier Sadran ou Jean-François Soucasse, dans le calme et via un mégaphone pour obtenir des explications sur la situation. N'y allons pas par quatre chemins : aucun membre de la direction du TFC n'a daigné se pointer devant les supporters.

Christopher Jullien a été le premier joueur à sortir du Stadium. Le défenseur central s'est fait encercler par un bon nombre de supporters voulant discuter avec lui de cette défaite. Entouré par plusieurs gardes du corps, Jullien, avant de quitter les lieux, a eu le courage de s'expliquer avec les représentants des Indians. Sujet clos le concernant.

Puis Andy Delort est apparu à l'autre bout du parvis. C'est à ce moment-là que les esprits ont commencé à s'échauffer. Au milieu des insultes ("Andy Delort alcoolique" a-t-on pu entendre), certains témoins diront que l'attaquant toulousain a été giflé par un homme. Les policiers de la SIR sont immédiatement intervenus pour repousser tout le monde et encercler les Indians.

Quelques minutes se sont écoulées entre cette première charge et une seconde bien plus violente : alors que la tension commençait à redescendre, les supporters du Kop ont clairement été chassés du parvis avec l'aide de matraques et... coups de poing envoyés par la police. Des hommes munis de flash-balls étaient positionnés à la sortie du Stadium.

Un jeune supporter a été mis au sol violemment (il affichait un hématome au visage quelques instants après), menotté et emmené au poste. Tout ça devant les yeux ébahis d'enfants et de personnes âgées. Son délit ? Attendre des explications de son club de cœur et avoir un mégaphone dans les mains.

Présente sur place, la sécurité du TFC n'est pas intervenue.

"Vous voyez ce qu'on doit subir tous les week-ends" nous a lancé un ultra passé entre les mailles du filet. "Ils doivent porter plainte, et je pourrai témoigner s'il le faut" ajoute une membre des Visca Tolosa. Un supporter, accompagné de son fiston, nous glisse un dernier mot avant de partir : "Je ne suis pas anti-flic. Mais, là, ce que je viens de voir, c'est une honte."

Un membre de la SIR, de retour sur le parvis après avoir chassé les Indians, a donné une explication, en aparté, de cette épisode : "Nous n'avons fait que respecter les ordres. C'est le commissaire qui a donné le top départ, car il craignait des débordements."

La démarche des Ultras était pourtant saine et les appels au calme se sont multipliés. Un exemple marquant : Jacqui Teulières, accompagné de sa femme et de Didier Pitorre, s'est longuement fait applaudir par les supporters présents et une chanson en son honneur a été entonnée. L’intendant, les larmes aux yeux, s'est arrêté en voiture pour les remercier.

Mais le mal était fait. En plus de sa défaite sur le terrain, ce dimanche soir, le TFC a perdu ses supporters.

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