Le compte-rendu de la réunion dirigeants - supporters avec Olivier Sadran

Publié le 13 février 2020 à 22:55 par JB

Mercredi soir, Olivier Sadran et Jean-François Soucasse ont accueilli une trentaine de supporters du TFC, appartenant à toutes les associations. L’ADIST (Association de Défense des Intérêts des Supporters Toulousains) a rédigé un compte-rendu complet à découvrir ci-dessous :

Avant toute chose, nous précisons que ce compte-rendu n’est qu’une restitution factuelle de la réunion, sans parti-pris de la part de l’ADIST. Libre à chacun de s'en faire sa propre idée.
Le président Olivier Sadran était présent afin d'échanger avec les différents groupes de supporters présents.

Rapidement questionné sur la situation et l’avenir du club, O.S a admis que le côté sportif n'était pas bon depuis 4 ans mais qu’il (ainsi que la Direction) croyait au maintien du TFC encore cette année. Pour lui, le maintien reste possible, car si les résultats sont mauvais, il note un progrès sur le plan tactique (moins de buts encaissés) et des joueurs en meilleure condition physique.

Le club possède selon lui « un ADN de survie », et si on ajoute les axes d’amélioration précédemment cités, sont des bons arguments pour y croire encore ; d’autant que le TFC s’est déjà sorti d'une situation plus difficile par le passé (10 points à remonter en 10 journées).

Il insiste sur l’amélioration de la condition physique des joueurs, qui dénote avec les carences accumulées dues à un travail manqué en début de saison, pas aidées par la spirale négative qu’on connait tous. Même si la probabilité d’une relégation est forte, les bonnes prestations des jeunes, le retour des blessés et l’apport déjà visible des recrues hivernales (Gabrielsen & Kalinic) sont pour lui de réelles raisons de garder espoir.

En tout état de cause, le club est à reconstruire. Pour lui, tout le club a sa part de responsabilité face à cet échec. La condition physique n’est pas la seule cause de tous les maux avec notamment des erreurs sur les profils des joueurs recrutés.

Interrogé sur la diététique et l’hygiène de vie des joueurs (au vu des nombreuses blessures), OS affirme que le club peut donner des préconisations, mais que les joueurs sont seuls face à leurs devoirs dans leurs vies personnelles.

Loin de partager son optimisme quant au maintien, certains supporters se sont exprimés, mais il assure que son analyse de la situation actuelle lui permet d’y croire encore en gardant toute objectivité.

En ce qui concerne un éventuel rachat du club, OS a rappelé ce qu’il avait déjà exprimé lors de sa dernière conférence de presse, puis a précisé que pour des raisons fiscales, il lui est légalement impossible de céder le club pour 1€ symbolique et que l’objectif à court terme est d’abord de trouver 11 millions d’euros d’ici fin juin pour assurer la stabilité du club.
Il insiste sur le fait que ce n’est pas une question d'ego pour lui, qu’il a pris beaucoup de bon temps et a vécu beaucoup d'émotion avec le club. Malgré la situation actuelle du club, il a le sentiment d'avoir globalement fait un job correct en pérennisant le club en L1. La seule issue qu'il ne peut envisager pour l'avenir du club est de se retrouver devant le tribunal de commerce. Il rappelle qu'il faut bien faire attention à ce qui est faisable dans un cadre légal.

Le club a un budget de 35 millions et il s'interroge notamment sur leur incapacité à trouver du soutien pour franchir un cap d’un point de vue économique et également à fédérer les entreprises de la région.

L'échec du partenariat avec « un grand club européen » a ensuite été détaillé. Le club n’était tout simplement pas en mesure de fournir suffisamment de garanties. Le TFC est basé dans la 4ème ville de France, mais ne bénéficie pas d'une implication économique suffisamment forte du tissu local, sans parler de la « ferveur » autour de l’institution TFC. Selon lui, le manque d’implication économique des « forces locales » est peut-être lié au fait que les gens savent que quoi qu'il arrive, il assumera le côté financier pour maintenir le TFC hors des zones de turbulence.

Quelles mesures ont été prises depuis la conférence de presse pour faire avancer le club ?
Il évoquera donc le changement d'entraîneur, le recrutement hivernal… puis les enseignements à tirer de cette situation car le modèle du club ne fonctionne pas. Ce bilan se fera au moment où il le décidera, car il doit respecter le calendrier légal et n’est donc pas en mesure à l’heure actuelle d’affirmer certaines choses.

Lorsqu’on lui fait part du « désamour » latent autour du club, OS indique que ce n’est selon lui pas la meilleure façon d’aider le club à retrouver de la confiance. Il affirme que les critiques des supporters envers la direction du club a un impact fort sur les joueurs durant les matchs, car ils les prennent pour eux. Pour lui, les supporters doivent être un élément qui apporte de la confiance aux joueurs et même s’il dit comprendre le besoin de s’exprimer des supporters, il pense que le faire lors des matchs au lieu de soutenir l'équipe est contre-productif.

Au sujet du remboursement des abonnements, il affirme avoir fait cette proposition, car elle lui a été demandée avec « violence » lors de TFC-Reims dans une situation qu’il considère comme non-acceptable. Lui a été signifié que l'amour que les supporters ont pour le club ne vaut pas 50€ et que la démission de Jean-François Soucasse avait été bien plus réclamé que ce remboursement. Sa réponse spontanée a été que le club n’est pas une association et que par conséquent, il n’y aura pas de démission. S’il assume les risques financiers liés à la gestion du club, il ne souhaite en aucun cas être tenu pénalement responsable. Lorsque la loi est outrepassée, le club porte systématiquement plainte, car pour lui le stade n'était pas un lieu de non-droit. Quand il lui est rappelé que le club ne respecte pas forcément toujours la loi en matière de fouille etc… il invite les supporters à porter plainte.

Certains supporters lui ont reproché l'analogie entre les événements de TFC-Reims et la mort de Brice Taton à Belgrade et le ton monte. Il estime que ses propos ont été sortis de leur contexte et déformés. Il lui sera montré que cela provient d'un Tweet officiel du Toulouse Football Club, mais il n’y aura pas de réaction. Il s'est senti blessé par l'interprétation faite de ses propos.

S’il reconnaît de vrais problèmes au sein du club, il affirme que cela n’est pas de l’autogestion et invite les gens qui pensent être capables de faire mieux à trouver un investisseur et à venir prendre sa place, tout en rappelant que le club avait un problème d'attractivité.

Nous lui avons fait part que de l'extérieur, le club semble se complaire dans l’immobilisme. Il assure lui que le club ne fait pas « rien » mais accumule les erreurs. Il pense qu’avoir suivi les conseils extérieurs, notamment de l'audit qui a eu lieu en 2016, l'a poussé à changer l'ADN du club pour essayer de « produire plus de jeu ». Erreur majeure selon lui, le club aurait dû garder sa réputation « dure à bouger » avec sa solidité défensive. Il reconnaît qu’ils se sont trompés sur les profils de joueurs à recruter et cela a totalement déstabilisé le club.

Il assume la médiocrité produite par le club, mais « ne peut pas changer les erreurs qui ont été faites ».
Il rappelle qu’il n’y a pas d'intervention de la direction dans le travail fait par les entraîneurs et dans les choix de ceux-ci.

OS conclura, car d'autres obligations l’appellent, qu'il a tenu sa promesse d'être présent et a pris l'engagement d'être là au moins une fois par an pour ces réunions. Il finira en rappelant qu'il n'aura très certainement pas dit ce que l'on aurait aimé entendre, mais qu'il préfère être franc plutôt que de tomber dans la démagogie.

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