La Lettre du Violet : "TFC, les impasses, les espoirs"

Publié le 15 mai 2019 à 15:00 par Pierre

La rédaction du site LesViolets.Com souhaite absolument vous donner la parole. Au quotidien, nous vous proposons de publier VOS articles en Une du site : "La Lettre du Violet" est le nom de cette rubrique. Voici une nouvelle lettre, signée Pierre :

TFC : Les impasses, les espoirs.

Dix ans, voilà dix ans que le TFC n’a plus donné de réel frisson à ses supporters. La saison des exploits de Gignac paraît bien loin et ce ne sont pas deux demi-finales de coupe de la ligue qui peuvent remplir d’espoir le cœur des supporters des violets. Si Pascal Dupraz avait su réveiller le club pendant quelques semaines en 2016, le club, mais aussi son entraîneur savoyard, sont ensuite retombés dans leurs travers respectifs. Une gestion apathique et une compétence tactique limitée ont eu raison des espoirs d’embellie. À qui la faute ?

À un changement de modèle d’abord. Si dans les années 2000 Sadran incarnait le renouveau du foot français, ce n’est plus le cas aujourd’hui. Sadran, comme d’autres, avait ringardisé la gestion de clubs à la Gervais Martel ou Carlo Molinari. Ce fut le temps des chefs d’entreprise triomphants car capables d’investir des sommes intéressantes dans leurs clubs et d’attirer derrières eux d’autres investisseurs. Cependant ce modèle est mort. La place a été prise par des fonds de pension, des groupes financiers ou des consortiums opaques, qui investissent des sommes folles dans un business qui semble devenu fou et sans limite. À ce jeu-là Sadran est perdant. Il doit faire la seule chose possible, ouvrir le capital du club. Le problème est qu’on ne voit pas qui pourrait s’intéresser à nous. Airbus ? La bonne blague éternelle. Des entreprises chinoises ? On a vu le résultat à Sochaux ou ailleurs. Dans tous les cas, avec un budget de 35 millions d’euros, le club ne peut pas rêver : il est condamné à l’anonymat du classement.

Mais la faute est partagée. La mode médiatique est au décorticage de la gestion des clubs et à des affirmations péremptoires en fonction des résultats du week-end. « Ça travaille bien à Nice », « Strasbourg est bien structuré », « Rennes a beaucoup progressé », ce type de jugement n’est pas sans réalité, mais oublie les aléas du sport. La direction du TFC n’est sûrement pas le club de ringards et d’incompétents que l’on dessine ici ou là. Cependant l’absence de communication, l’entre-soi, l’absence de lisibilité sur le projet du club, sont des fautes qui durent depuis plusieurs saisons et renvoient à des manques graves. Il faudrait enfin ici parler du cas de notre entraîneur. Alain Casanova n’a plus à démontrer son attachement au Tfc, sa capacité à mettre en valeur des jeunes du centre de formation, mais il apparaît comme une solution du passé et ne semble pas en mesure d’insuffler une réelle dynamique à son groupe. Les fans l’ont bien compris et réclament un nom, Christophe Pélissier, mais on n’ose penser que celui-ci puisse faire des miracles. Si Casanova reste, si un autre entraîneur arrive, les problèmes structurels resteront les mêmes. Une saison mieux réussie ne suffirait pas à les effacer. L’arrivée d’un nouveau coach doit s’inscrire dans une refonte du club et une redéfinition de sa politique sportive.

Le club garde malgré tout des atouts. Son effectif comporte des bons joueurs malgré des manques évidents. Jullien, Sangaré, Gradel, Dossevi, Shoji ou encore Amian Adou ont des qualités évidentes. Ils ne seront peut-être plus Toulousains dans quelques semaines, mais ils démontrent la capacité du club à former ou à attirer des joueurs du niveau de la Ligue 1 (et ce malgré des recrutements ratés dont chaque club a son lot). La fin de la filière « Europe de l’Est » fut une des meilleures décisions prises ces dernières années. Il faudra voir l’année prochaine les premiers pas des jeunes ayant atteint la finale de la Gambardella et espérer réussir un ou deux jolis coups sur le marché des transferts. On espère évidemment un attaquant d’un niveau acceptable et des éléments solides à la récupération ou dans la ligne de défense (notamment pour compenser le départ prévu de Jullien).

Le chantier est important, long et incertain car nous parlons de football, mais je fais partie de cette génération qui a grandi avec le TFC moribond des années 90 et je ne peux voir en Olivier Sadran le président décrit par certains, souvent plus jeunes et peut-être moins indulgents. Son arrivée en 2001 fut la meilleure chose qui pouvait arriver à ce club, la 3ème place de 2007 et la 4ème de 2009 furent des moments inoubliables, on peut encore penser que cet homme intelligent et rigoureux est celui qui saura enfin renverser la table et mettre à nouveau le club sur de bons rails. Cette idée est peut-être naïve et illusoire mais comme vous, je n’en suis plus à une déception près avec le TFC.

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