La Lettre du Violet : "Pourquoi je rends mon abonnement"

Publié le 13 juillet 2018 à 17:00 par Alexandre

La rédaction du site LesViolets.Com souhaite absolument vous donner la parole. Au quotidien, nous vous proposons de publier VOS articles en Une du site : "La Lettre du Violet" est le nom de cette rubrique. Voici une nouvelle lettre, signée Alexandre :

"Bonjour, puisque vous fournissez une tribune aux supporters et que le club n'est pas des plus à l'écoute envers eux, je tenais à vous faire part des raisons qui me font enfin sauter le pas : rendre mon abonnement.

J'ai 38 ans et le virus du football m'a atteint à l'âge de 18 ans, lors de l'épopée des Bleus en 98. Sur cette lancée et une fois dans la vie active, j'ai assisté au coup par coup, mais avec régularité, à la saison 99-2000 des Violets. La saison avec Christophe Revault, Dianbobo Balde, Thierry Moreau, Victor Bonilla. Celle de l'éclosion de Nicolas Dieuze. L'ultime saison sous la gestion calamiteuse des Jacques Rubio et consorts. L'ultime saison de plus de 10 ans d'ascenseur entre D1 et D2. Une époque à laquelle le public toulousain n'était pas blasé du haut niveau, où il y avait de l'affluence, de l'ambiance et même des matchs à guichets fermés ou presque contre Paris, Marseille, Bordeaux et Monaco.

Mais mon amour pour mon club n'est pas né là. Ma flamme est née avec l'arrivée d'Olivier Sadran, d'Erick Mombaerts à la tête de l'équipe et de nos pitchouns qui se sont vu confier la destinée du club : les Giresse, Cardy, Hamama, Mazel, Taider, Emana, Aubey, Niflore et j'en passe. Je dois aussi ma passion à deux joueurs qui ont été virés comme des malpropres : Macé et Fauré, ainsi qu'à des hommes qui ont prouvé qu'un footballeur peut-être autre chose qu'un mercenaire, je pense bien sûr à Revault, Lièvre et Prunier. Je n'oublie pas non plus Hugues Henry, le travailleur de l'ombre qui gérait le club au quotidien. Avec le recul, j'ai la forte impression que son départ nous a fait bien du mal. Il a eu un successeur, mais vraisemblablement pas de remplaçant. J'ai bien conscience aujourd'hui de devoir à ces personnes et ces anciens gamins de notre terroir de pouvoir aller voir des matchs de L1 au Stadium. C'est en les suivant dans leur épopée fantastique que le virus TFC m'a piqué. J'avais un sentiment d'appartenance à ce club, c'était nos gamins sur le terrain, notre club, notre ville et notre région.

Cet esprit a perduré jusqu'à nous mener en Ligue des champions et en Coupe de l'Uefa. Ceux qui étaient avec moi au stade des 7 Deniers en travaux pour assister à des matchs contre des équipes de villes difficilement situables sur la carte de France, à des horaires et jours variables comprendront l'émotion ressentie lors de cette incroyable qualification.

Je pense aujourd'hui, et malgré une deuxième épopée européenne survenue entre temps, que quelque chose s'est peu à peu cassé depuis.

J'ai commencé à venir au stade plus par habitude que par vraie volonté. Qui d'entre nous n'a pas été exaspéré par des recrutements improbables : Fort, Ratinho, Larsen, Jonsson, Luan, Santander, Valverde, Tafer et j'en oublie des wagons. Qui d'entre nous n'en a jamais eu assez de la consanguinité à la tête du club : Soucasse, Debève, Arribagé, Rachedi et maintenant Casanova qui revient ? Qui n'en a pas eu assez d'entendre de la bouche de ce dernier à chaque fin de défaite et pendant 7 ans : "Nous avons une équipe jeune. Nous avons un projet de jeu." ? Tout ceci a mis à mal ma passion, mais il y a heureusement eu l'eclaircie Pascal Dupraz.

Enfin le président prenait le risque de sortir de la consanguinité et enfin depuis l'épisode Elie Baup, il s'entourait d'un homme de caractère qui tranche avec sa bande de bénis-oui-oui placée à la tête du club. Je ne suis pas dupe et suis conscient que M. Dupraz est un narcissique qui s'écoute parler et aime se mettre en lumière, que c'est un personnage clivant qui par son caractère, sa communication et son mode de management aura toujours du mal à travailler dans la durée avec le même club. Mais je sais que cet homme a ressuscité une équipe non gérée par M. Arribagé, qui, même s'il avait maintenu le club la saison précédente (et il faut l'en remercier), n'était clairement pas à sa place dans ce rôle.

Nous devons donc à Pascal Dupraz d'avoir fait entrer notre club dans l'histoire. Jamais un club ne s'était maintenu dans la posture qui était la notre a son arrivée et pourtant il l'a fait. Il a fait bien plus que çà à l'époque, il a ravivé ma flamme, il a ramené des émotions au public toulousain après tant d'années de disette. Et pour moi qui était à Angers, ces émotions étaient sans doute plus fortes que celles de 2007.

J'en arrive enfin à cette multitude de raisons qui font qu'après 17 ans de fidélité et alors même que je suis "membre fondateur" de ce TFC, je tire ma révérence et ne reprends pas mon abonnement :
-le maintien de cette clique consanguine à la tête du club qui n'a fait la preuve que de sa médiocrité.
-le retour d'Alain Casanova, qui, même s'il a été comptablement le moins mauvais de nos entraîneurs, est synonyme de perpétuation de la lose (la preuve à Lens) et de l'ennui au Stadium. L'annonce de son retour m'a vraiment brisé les reins...
-l'éviction de Jacques Breda avec une inélégance sans commune mesure et au profit d'un substitut aux qualités discutables.
-l'augmentation du prix du parking de 60 à 100€ en une seule intersaison et sans explication malgré ma demande.
-l'amateurisme dans la gestion des accès au stade. L'entrée des abonnés changeait à chaque match, des stadiers se prenaient pour des cowboys et plaçaient leur propre véhicule pour nous empêcher de quitter le parking, etc etc...
-la qualité, le prix et la queue dans les buvettes du club. D'ailleurs, pour l'anecdote, j'ai même surpris M. Sadran et Soucasse aller chercher un burger chez Les Mecs au Camion. Au moins, ils ont du goût...
-la filialisation de notre club au profit d'un gros d'Europe. Mais moi M. Sadran, je veux soutenir un club qui se bât avec ses propres moyens humains et financiers. Peu importe la division dans laquelle il évolue, je veux soutenir un club toulousain et occitan, pas une succursale Qatari, Émirati ou autre. Le football, c'est avant tout le terroir ou la nation, un sentiment d'appartenance. Ne soyez pas l'acteur de la perte de ces fondamentaux, ne vendez pas votre âme au diable.

Au final, la vraie raison pour laquelle je quitte le TFC, c'est parce que le TFC n'est tout simplement plus le TFC.
Il ne tient qu'à vous M. Sadran de vous souvenir de l'idéal et du grain de folie dans vos entrailles qui vous ont guidé pour en prendre les rênes il y a 17 ans. Retrouvez votre passion, ne tapez pas en touche et rendez-nous notre TFC.
En attendant ce jour béni, j'encourage tous les abonnés et supporters à se faire entendre par les seuls moyens que le club nous laisse : notre silence et notre absence.

Un club a les supporters qu'il mérite.
Peuple violet, ne cautionne pas cette fuite en avant. Reste au frais (en été), au chaud (en hiver), garde ton énergie, ton temps et ton argent et abonne toi à Bein Sport."

Vous pouvez nous envoyer votre lettre en utilisant cette page Contact : https://www.lesviolets.com/contact/

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