La Lettre du Violet : "Ma famille..."

Publié le 18 mai 2016 à 00:28 par LesViolets

La rédaction du site LesViolets.Com souhaite absolument vous donner la parole. Au quotidien, nous vous proposons de publier VOS articles en Une du site : "La Lettre du Violet" est le nom de cette rubrique. Voici une nouvelle lettre, signée Marco, membre du mouvement "Un projet pour le TFC" et un des organisateurs du déplacement à Angers.

"Ma famille...

On dit que rien ne remplace la famille. Que c'est en famille que l'on vit les plus beaux moments de notre vie. Que quand tout autour de vous s'effondre, il ne reste que cette branche pour se raccrocher.

Je pourrais tout dire à ma famille. Bien souvent, je n'ose pas. Je suis comme ça : je n'aime pas parler de moi et des miens. Pourtant, à première vue, ma famille n'a rien de spécial : il y a ceux que j'aime plus que tout au monde et à qui je ne le dirai jamais, et ceux que je crois détester, mais que j'aime quand même malgré tout. Et pourtant...

Ma famille n'est pas la plus polie, ma famille n'est pas la plus paisible, ma famille n'est pas la plus calme. Parfois, on en a un peu honte, sans trop savoir pourquoi. Parfois elle nous énerve. Parfois, on vit pourtant des moments dont on aimerait qu'ils ne finissent jamais. On n'ose pas dire aux autres comment ça se passe dans ma famille, on pense qu'il n'y a que chez nous qu'on est fous. On se dit qu'ils ne comprendraient pas, que pourtant c'est bête, parce que chacun porte sa croix, mais c'est comme ça...

Comme dans toutes les familles, le temps fait son affaire : on s'éloigne, on se perd de vue, mais on se connait pourtant par cœur quand on se retrouve. Les plus anciens nous racontent le temps où c'était mieux, les nouveaux essaient de nous montrer pourquoi demain sera meilleur, et le temps nous surprend en train de nous glisser inexorablement dans le camp des premiers.

Il y a ceux qui sont arrivés, il y a ceux qui sont partis, pour toujours. Les miens s'appellent Rodolphe, Kabyl ou Brice. La vie m'a fait comprendre, il y a quelques semaines à peine, la chance que j'avais de pouvoir n'en compter qu'aussi peu. Il y a ceux qu'on ne voit plus, sans trop qu'on sache pourquoi, mais qui reviennent toujours au moment où il le faut.

Ma famille, c'est aussi tous ceux que je ne peux pas voir, parce qu'on m'en empêche par des décisions iniques, injustes et unilatérales. Loris, Yann et Willy en ce moment, tant d'autres avant eux, tant d'autres dans d'autres familles. Tant d'autres dont j'ai fait partie, dont ces décisions nous font parfois douter de notre famille, nous donnent envie de la haïr, nous donnent envie d'en fuguer, avant de nous rendre compte que c'est au-dessus de nos forces.

J'irai jusqu'au bout pour ma famille. Alors, quand j'ai aperçu l'opportunité de réunir ma famille, toute ma famille, je n'ai pas hésité une seule seconde. Je me suis dit que je n'aurai de repos que lorsque je lui aurais organisé la plus belle soirée de tous les temps. Et je m'y suis mis, sans relâche, y pensant nuit et jour, comptant, recomptant, donnant des consignes aux uns, écoutant les avis des autres, scotché à mes écrans, ne pensant plus qu'à elle jusqu'à l'obsession...

Ma famille m'a fait vivre les plus belles émotions de toute ma vie. Ca s'est passé à Angers, ce samedi 14 mai 2016. Ca s'est aussi passé le lendemain, avec les images d'un discours, dans un vestiaire d'un stade de foot, d'un homme qui emmène avec lui ceux qu'il aime comme ses enfants. Le temps de ce week-end que je n'oublierai jamais, j'ai su pourquoi j'avais envie de ne plus me cacher, et de dire à ma famille que je l'aime."

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