La lassitude

Publié le 07 février 2019 à 00:00 par JB

La saison du TFC s’est probablement terminée à La Beaujoire mardi soir. Au terme d’un match insipide, la plus belle épopée du club en Coupe de France depuis 10 ans (si, si !) s’est arrêtée net. Les plus pessimistes diront que le maintien n’est pas encore acquis. Une énorme chance joue pourtant en faveur de notre TFC : Dijon, Caen, Amiens et Guingamp n’avancent pas. S’en remettre à la faiblesse des autres clubs, voilà un des secrets du Tèf depuis cinq ans.

Au milieu de cette morosité, les supporters voient les vieux démons resurgir. Ceux des années précédentes, avec la peur d’une fin de saison en eau de boudin. Certains sont virulents, notamment sur les réseaux sociaux, et réclament le départ d'Alain Casanova, promettent de ne plus revenir au Stadium et demandent des comptes à Sadran. Après la fête de la descente en Ligue 2 en 2016, les départs d’Arribagé, de Dupraz et de Debève, la promesse d’un partenariat avec un grand club européen, les hashtags #TousAuStadium, les vidéos “Je soutiens le TFC”, les banderoles anti-direction, le mouvement Un Projet pour le TFC, que va-t-il se passer dans les prochains mois ?

En réalité, plus que de l’énervement, le peuple toulousain est lassé. Blasé des éliminations pitoyables en Coupe, déçu du niveau de jeu affiché depuis cet automne, fatigué par les mensonges, l’absence de projet et de communication du club, découragé à l'idée de se rendre au Stadium ou de se déplacer pour soutenir des joueurs qui ne cessent de savourer les charmes du Club Med… pardon, du Stadium.

Personne ne demande au TFC de devenir champion de France, ni même de viser le podium, et encore moins d’atteindre une finale de Coupe chaque année (même si on rêve d'y aller une seule fois dans notre vie). Mais, au moins, soyons créatifs, ayons des ambitions mesurées, mais claires, lançons-nous dans l’exécution de projets à long terme pour le club (un exemple concret : la construction immédiate d'un nouveau centre d’entraînement), mettons les supporters, qui vibreront quoi qu'il arrive pour cette couleur violette jusqu'à la dernière seconde, au coeur de ce programme.

Alain Casanova est la tête de Turc d’un bon nombre de supporters. Il représente la morosité des années 2010/2015 et la “consanguinité” au sein du TFC. Et pendant que l’entraîneur se fait flinguer sur les réseaux, les vrais responsables, ceux qui ont rappelé Casanova, ceux qui ont l’argent et qui mènent la même politique depuis des années, le président et son directeur général, eux, sont tranquilles, dans les bureaux. Le Stadium enregistre pour le moment sa plus faible moyenne d’affluence depuis la remontée en Ligue 1 en 2003. Mais tant que le maintien sera assuré, on a l’impression que rien ne changera et que le duo Sadran - Soucasse a même remporté à l’usure son bras de fer face à des supporters fatigués, démotivés, voire écoeurés de ce que devient ce club.

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