La chronique de François Laforge

Publié le 06 octobre 2010 à 00:00 par jbredac
François Laforge, grand passioné de sport, a pratiqué le football pendant plus de 20 ans. Il a collaboré à la réalisation de noubreux ouvrages sportifs. Il est l'auteur, depuis 1995, du Guide français et international du football (editions De Vecchi). Amoureux et supporter du TFC, il nous fait l'honneur de devenir notre chroniqueur. Toutes les mois, il donnera son avis sur l'actualité du club, sur ses tensions, ses remous mais aussi ses joies et ses moments forts. Pour cette deuxième chronique de la saison, François Laforge évoque la petite descente au classement du TFC  ...

« POURTANT, Y' AVAIT LA PLACE....... »

« Bien entendu celle-ci, pour agaçante qu'elle soit, n'a  certes pas encore rejoint au Panthéon des « expressions à la noix », (restons polis, des yeux innocents pourraient malencontreusement tomber sur cette chronique !), le fabuleux et légendaire, «  Ce soir, on n'a rien lâché.... » (Assenée certains soirs de résultats contraires, on est alors toujours tenté de rétorquer : « Euh si, quand même un peu, vous avez lâché au choix : 1 point-3 points-une coupe de France-une coupe de la Ligue, une coupe d'Europe  ...), mais force est de constater que la maxime a le vent en poupe !


Qu'elle fait partie des « éléments de langage » (autre expression également bien en vogue !) de l'entraîneur, du joueur voire du supporter de Ligue 1 française.


Prononcée au soir d'un résultat frustrant, si elle a le don d'horripiler quelques observateurs, dont votre serviteur, elle sert surtout  bien souvent à masquer les propres carences de son équipe de coeur, d'invoquer un quelconque mauvais sort pour commenter un résultat décevant, et surtout éviter de dire trop clairement qu'on a très sérieusement rater son coup.
Dimanche soir, sur le coup des 23 heures, à l'heure d'éteindre son téléviseur, le moral touché plus par les images parvenues de la pluvieuse Bretagne que par la fin du week-end, on aurait parié sans prendre trop de risque que serait rapidement dégainée la fameuse phrase.


Et ça n'a bien entendu pas loupé !


Lundi matin, dès potron-minet, elle figurait en bonne place dans les commentaires de la prestation du Tef.


« La place » ?
Quelle « place » ?
La « place » pour quoi ?
La « place » de qui ?
Des tonnes de question, pour pas ou peu de réponse.


On rendra grâce à Alain Casanova, non pas d'avoir évité de prononcer la fameuse (fumeuse ?) sentence, mais d'avoir analysé de manière fine et précise le match qui venait de voir, une fois de plus, le TFC sombrer à Rennes (aucune victoire violette en terre bretonne depuis 1983 !).


« Cruel et injuste » furent les mots par lui employés pour qualifier le score favorable aux Rennais à l'heure des citrons.
Et on ne peut que lui donner raison.


Mais seulement sur la première période.


Car sur l'ensemble du match, si les bretons ont cadré, en moyenne, un tir sur 2, le déchet toulousain est dans ce domaine considérable (15 % seulement de tirs cadrés).


Et c'est bien sûr là que le bât blesse !


Partant de là, la supposée « place » est déjà plus étroite.
Voire inexistante.


Mais entendre un entraîneur qui ne se réfugie pas derrière un poncif pour commenter la frustration générée par une défaite où ses joueurs ont  pourtant monopolisé le ballon (59% de possession du ballon pour le Tef, excusez du peu !) a quelque chose de réconfortant.
Entendre le même entraîneur confier que, placer successivement à la pointe de l'attaque violette deux jeunes joueurs, pétris de talents mais encore tendres, peut engendrer ce type de déceptions et l'assumer pleinement font que l'on demeure optimiste pour la suite.


Descendre du podium au soir de la huitième journée n'est en soit pas un drame quand le début de saison a été marqué par l'émergence d'une qualité de jeu si souvent absente par le passé.


Et c'est cette qualité de jeu, étalée encore une fois Route de Lorient, qui, si elle a la bonne idée de perdurer, assurera à notre club au soir de la 38ème journée une place convoitée du classement.


La seule « place » dont nous comprenons la signification.
La seule surtout qui nous importe. »


François Laforge
Toulouse, le 04/10/2010
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