L'interview d'Alexis Blin avant TFC - Amiens : "Pélissier et Casanova, deux coachs ambitieux"

Publié le 08 novembre 2018 à 17:00 par JB

Samedi, le TFC recevra Amiens à 20h00 au Stadium. L'occasion de croiser Alexis Blin, prêté avec option d'achat au club picard. Le site LesViolets.Com vous propose une interview du milieu de terrain. Voici la deuxième partie.

Tu connais bien Alain Casanova, puisque c’est lui qui t’a lancé en Ligue 1 le 11 janvier 2015 à Lyon. Quelle est sa philosophie ?
Alexis Blin : “Casanova avait un discours ambitieux régulièrement, que ce soit durant la préparation et en début de championnat. C’est un jeu qui demande beaucoup de confiance, de sûreté. Et je pense que la défaite contre Saint-Etienne a fait un peu mal et a tout déréglé. Le doute s’est probablement installé. Désormais, Toulouse cherche à se redonner confiance, et ça arrivera un jour, mais il ne faudra pas compter sur Amiens pour ça (rires).

Qu’as-tu à dire à ceux qui critiquent Casanova ?
Je ne sais pas quoi leur répondre… Chacun se fait son propre avis. Les supporters sont satisfaits quand il y a des résultats. C’est la loi du foot. Et quand ça va un peu moins bien, c’est surtout la faute du coach et de son staff. Le discours de Casanova était vraiment axé sur le jeu, de vite se projeter vers l’avant. Il a aussi raison de dire que c’est important d’avoir une défense solide. Regardez Montpellier, c’est la meilleure défense du championnat et ça leur permet de prendre des points et d’avoir de la confiance devant.

Comment compares-tu Casanova et Pélissier ?
Ils ont leurs différences, mais ça reste deux coachs ambitieux. Christophe Pélissier est très proche de ses joueurs. Alain Casanova parvient à tirer ses joueurs vers le haut. Les deux prônent le jeu et veulent s’appuyer sur une solidité défensive.

Quels sont les leaders au TFC selon toi ?
Max-Alain Gradel est un leader, dans le vestiaire et en attaque. “Cahu” est beaucoup écouté, car il a de la bouteille et sait très bien parler.

Revenons sur la saison dernière. Que s’est-il passé lors du fameux TFC - Lille (2-3) ?
“Ce qui s’est passé était malheureux. Ce match était vraiment compliqué… C’était très difficile à vivre mentalement. On était triste pour les supporters. Il fallait malgré tout prendre sur nous pour maintenir le club. On a su se sortir les tripes en barrages. C’était une saison moche, mais la mission a été remplie pour permettre au club de repartir sur de bonnes bases.

Beaucoup ont critiqué Mickaël Debève…
Ce sont les joueurs qui sont sur le terrain ! Si le coach estime qu’il faut faire rentrer des joueurs défensifs pour mieux contenir l’adversaire, il faut savoir le faire. On dit souvent que l’Atletico Madrid, et d’autres grandes équipes, parviennent à bien défendre. Pourquoi eux auraient le droit d’être des équipes “défensives” et pas le TFC ? Sur ce match contre Lille, si l’équipe avait super bien défendu pour gagner 2-1, on aurait dit que le staff avait fait de super choix. Ça ne s’est pas passé comme ça, aussi parce que nous sur le terrain, nous n’avons pas fait le job. Ce n’est pas un bon souvenir, ça doit me servir dans ma carrière de footballeur. Ça ne doit pas se reproduire souvent et j’ai envie de tourner cette page.

As-tu souvent entendu Olivier Sadran ?
On ne le voyait que lors des matchs. Ils n’intervenaient pas à chaque rencontre, ce n’est, d’ailleurs, pas le rôle d’un président. Quand il sentait qu’il y avait une situation critique, là, il prenait la parole dans le vestiaire. C’est un vrai chef d’entreprise face à ses salariés, il sait hausser le ton.

Quel bilan fais-tu de ta dernière saison à Toulouse ?
Personnellement, ma première partie de saison avait été correcte, puis ensuite j’ai beaucoup moins joué, aussi parce que j’ai longtemps eu mal au talon. Physiquement, je n’étais pas au top. Malgré tout, j’ai tout donné pour maintenir le Tèf. Je n’ai aucun regret au final.

Andy Delort a expliqué dans une interview que certains joueurs avaient lâché Pascal Dupraz.
C’est toujours pareil, quand les résultats sont négatifs, c’est toujours la faute du coach et du staff. On était tous dans le même bateau. Des entraîneurs qui partent, ça arrive à beaucoup de clubs chaque saison. C’est la dure loi du foot. Je ne suis pas forcément d’accord avec Andy. Je sais qu’on a tout donné sur le terrain. On était simplement dans une spirale négative. Les mauvais résultats créaient des tensions, des désaccords. En Ligue 1, quand on enchaîne les défaites, c’est l’effet boule de neige…

Quel souvenir vas-tu garder du Toulouse Football Club ?
Le Tèf est le club qui m’a lancé en Ligue 1. C’est un super club. Il faut respecter son identité et je garderais toujours un oeil attentif au TFC. J’y suis attaché. À une époque, on jouait dans un système avec deux “6”, Bodi et moi, avec Choco Trejo juste devant. C’est là où j’ai pris le plus de plaisir.

Certains de tes amis sont toujours au club, dans des situations précaires.
J’ai Yann Bodiger au téléphone chaque semaine. C’est vrai que ce n’est pas une situation facile pour lui. Steeve Yago connaît la même chose. Ce sont deux bons gars, deux travailleurs, qui n’ont jamais rien lâché. Il ne faut pas oublier qu’ils ont toujours répondu présent lors des opérations maintien. Quand le coach Dupraz a repris l’équipe, c’est Steeve Yago qui a joué tous les matchs au poste de latéral droit. C’est un guerrier, il suffit juste de lui donner de la confiance. Dans le foot, les joueurs ont besoin de se sentir aimés. Les deux peuvent encore aider le TFC. J’espère qu’ils rebondiront vite.

Rendez-vous ce vendredi sur LesViolets.Com pour la troisième partie, consacrée à son départ du TFC.

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