L'hommage de Beto Marcico : "Diego Maradona a mis ses pieds dans notre jardin, le Stadium"

Publié le 26 November 2020 à 21:25 par JB

Il y a 34 ans, le TFC signait son plus bel exploit européen en éliminant le Naples de Maradona. Beto Marcico, l’ancien attaquant toulousain, s’est entretenu pour le site LesViolets.Com pour rendre hommage à l’idole de tout un pays et de la planète foot.

Beto, quelle est l’ambiance qui règne actuellement en Argentine ?
C’est terrible ce qui se passe. La police a dû intervenir en tapant du monde puisque la dépouille de Diego a été installée dans le palais présidentiel et ça a été fermé. Vraiment, c’est terrible. Des fans ont pu approcher le cercueil, mais il y avait encore 40 ou 50 000 personnes qui voulaient faire pareil…

Que représente Maradona pour vous ?
C’est Dieu. Pour nous, le football, c’est dans nos racines, surtout dans une population où il y a 95% de pauvres. Je ne vais pas dire qu’on a gagné la guerre avec lui, mais avoir gagné la Coupe du Monde avec ses deux buts contre l’Angleterre, pour nous, c’est quelque chose qui nous touche beaucoup. J’en ai mal au cœur. On peut ne pas être d’accord avec son comportement dans la vie privée. Mais ça, ça ne le regarde que lui. Ça ne va pas bouger ma vision de lui.

Comment avez-vous appris sa disparition ?
En allumant la télévision. Honnêtement, je n’ai pas cru à sa mort. Je n’en reviens toujours pas, même si fin octobre, nous l’avions vu à l’occasion de son anniversaire dans un état vraiment grave. Tout le monde se demandait combien de temps il allait tenir comme ça…

Quand on vous dit “Maradona”, quels sont vos premiers souvenirs ?
J’en ai trois. D’abord, les éliminatoires pour la Coupe du Monde en 1985. Nous avons partagé trois mois au vert avec les internationaux, puis nous nous sommes qualifiés. Après, il y a évidemment ce TFC - Naples avec le retour au Stadium et, enfin, en 1995, on a joué ensemble pendant six mois à Boca Juniors. Dès qu’il sortait, je le remplaçais, c’est un très bon souvenir.

Racontez-nous ce fabuleux moment où le TFC élimine le Naples de Maradona en octobre 1986…
J’ai encore son maillot du match retour ! S’il y a bien quelqu’un qui ne pouvait pas louper ce penalty, c’était lui. On a dit à Bergeroo de ne pas bouger, de rester debout, sans le moindre geste. Sinon, Diego allait mettre le ballon du bon côté. Le ballon tape le poteau, puis la jambe de notre gardien. Les Toulousains doivent être très tristes, parce qu’on l’a vu sur le terrain. Un jour, Diego a joué au Stadium. Il ne faut pas l’oublier, il a mis ses pieds au Stadium au moment où il était le meilleur joueur du monde et venait de gagner la Coupe du Monde trois mois avant ! C’est tout à fait normal que le public toulousain soit triste, le meilleur de tous a mis ses pieds dans notre jardin.

Pour nos plus jeunes lecteurs, qui était Maradona ?
Jusqu’à maintenant, Diego Maradona est le meilleur joueur du monde. Et de loin. Même si nous, en Argentine, nous avons Lionel Messi. Mais à l’époque, Diego luttait pour être le meilleur du monde devant Platini, Van Basten, ou encore Gullit. C’était la meilleure époque du football. Et il a toujours été le meilleur.

Quand lui avez-vous parlé pour la dernière fois ?
J’ai toujours été en contact avec lui. La dernière fois, c’était il y a un an, quand il est devenu entraîneur de Gimnasia. C’est un club qui touche mon cœur, car c’est là que j’ai arrêté ma carrière. Je lui ai souhaité bonne chance pour son retour en Argentine en tant qu’entraîneur. Mais ça a été très dur pour lui, il fallait que le club le soigne pour qu’il soit en forme. Il fallait savoir que contacter Maradona, c’était très difficile avec son entourage."

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