L'énième échec de la cellule de recrutement, autopsie

Publié le 03 février 2020 à 06:30 par JB

Pantxi Sirieix et Dominique Arribagé ont finalement passé une semaine plutôt paisible, malgré le rush de la fin du mercato d’hiver. Le premier avait acté depuis plusieurs jours que le TFC n’allait pas pouvoir faire venir de milieu de terrain, tandis que le second cité s’est même offert une partie de golf jeudi, veille de fermeture du marché. Autopsie d’un énième échec cuisant.

Un terrible constat

Jusqu’à jeudi après-midi, Denis Zanko attendait un nouveau milieu de terrain défensif et l’avait même ouvertement déclaré dans les médias. En un mois, le Tèf a essuyé les refus de Michaël Cuisance, Birkir Bjarnason, Thomas Monconduit, Pape Cheikh Diop, a refusé le CV d'Achille Emana, de Vincent Koziello ou encore de Cheikh Ndoye et a même failli être humilié par Amiens. Début janvier, Sirieix a travaillé sur le dossier menant à Victor Wanyama en situation d’échec à Tottenham. Le milieu de terrain ne donne pas suite… Mais ce vendredi soir, peu avant minuit, il trouve un accord avec Amiens. Le club anglais fait finalement capoter le deal au dernier moment. Le coup aurait pu être de nouveau essayé par le Tèf, mais le club ne s’est pas activé. Un vendredi soir, tout le monde était en week-end au Stadium. L’agent de John Bostock a, d’ailleurs, remis en cause la réactivité de la direction dans un dossier urgent (lire ci-dessous).

Le TFC n’est plus attractif et n’a su convaincre personne, à l’exception de Ruben Gabrielsen, en fin de contrat à Molde, et Lovre Kalinic, cinquième gardien dans la hiérarchie d’Aston Villa. Leurs performances jusqu’en mai seront décisives dans l’obtention du maintien.

Des méthodes indignes de Ligue 1

La cellule de recrutement est désormais menée par le duo Pantxi Sirieix - Dominique Arribagé. Ce sont ces deux hommes qui font le tri dans les différents dossiers et qui accueillent les nouveaux arrivants autour d’un menu au Rowing, un restaurant proche du Stadium, ou au Novotel Compans, comme avec Gabrielsen. Ali Rachedi, pour sa part, travaille de chez lui, avec son réseau et traite directement avec le président Sadran pour des missions bien précises, comme le dossier de l'attaquant l'été dernier.

Leurs méthodes de travail sont simples. Quasiment aucun déplacement n’est effectué pour aller observer des joueurs. Tout se joue désormais avec un logiciel digne de Football Manager (lire notre article ci-dessous) et des vidéos. Des agents proposent également des joueurs à Sirieix, Arribagé et Perrier Doumbé, qui leur disent “oui” ou “non”. William Vainqueur, Jean-Victor Makengo et Aaron Leya Iseka ont, par exemple, été proposés “clés en main” par l’agent de Wissam Ben Yedder. Agustin Rogel ? Recruté sur vidéos, même Alain Casanova n’en voulait pas. Mais il était grand et aucun autre défenseur ciblé ne voulait rejoindre les bords de la Garonne…

La cellule de recrutement doit également composer avec les caprices d’Olivier Sadran. Le dernier en date, Lovre Kalinic, a posé une véritable bombe dans le vestiaire et a mis Denis Zanko et Baptiste Reynet devant le fait accompli.

Nul besoin de mener une grande enquête pour comprendre que le fonctionnement interne du Toulouse Football Club, notamment en matière de recrutement, est devenu la risée française. “Honnêtement, ce qui se passe est incroyable. C’est un club d’amateurs. Personne ne prend de décisions, il n’y a aucune harmonie, aucun projet, personne ne veut aller à l’encontre du président Sadran, qui est le seul décisionnaire dans ce club. Pourquoi un président impose des joueurs à son coach ? C’est mal organisé, rien n’est préparé et tout ça, ça dure depuis des années. Ce qui arrive au TFC, c’est malheureux, mais c’est mérité” nous explique un proche du club.

Des changements et vite !

Début janvier, Olivier Sadran a expliqué que des changements dans l’organigramme allaient s’opérer avant cet été. Dans l’entourage du club, certains estiment que Pantxi Sirieix sera à l’avenir un des hommes forts du TFC, éventuellement à un poste de directeur sportif - il n’est “que” coordinateur actuellement.

Après de multiples échecs, cette cellule de recrutement ne peut plus avoir de telles responsabilités. Le danger est grand. Que ce soit pour la Ligue 1 ou pour la Ligue 2, la saison prochaine se prépare dès à présent avec des observations de joueurs et des premiers contacts à nouer. L’effectif sera forcément chamboulé, plusieurs hommes comme Reynet, Isimat-Mirin, Dossevi, Sanogo, Vainqueur, Makengo, Gradel voire Amian quitteront le navire. Dans les bureaux ou sur le terrain, le chantier est immense pour Olivier Sadran. Il aurait déjà dû démarrer il y a plusieurs années.

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