Jérôme Jaman, président de DMAX : "J'ai décidé de ne pas demander de compensation au TFC"

Publié le 18 mai 2020 à 00:00 par JB

Outre la relégation en Ligue 2, le TFC va devoir contacter l’ensemble de ses partenaires puisque 10 matchs n’ont pas été joués cette saison. La rédaction du site LesViolets.Com a rencontré Jérôme Jaman, président de DMAX, société spécialisée dans les déménagements et présent sur la manche du maillot du Tèf depuis octobre. Interview.

Comment avez-vous vécu cette période délicate ?
Malheureusement, ça ne se passe pas bien. Pendant le confinement, les déménagements étaient interdits, sauf les urgences. Dès le premier mois du confinement, on s’est retrouvé avec 5% d’activité. Une grande partie de nos salariés a été mise en chômage partiel, une autre partie était en télétravail. Depuis quelques semaines, on a légèrement repris avec des tournées sanitaires. Nous distribuons des masques, des gels et des cloisons.

Quel bilan tirez-vous de cette saison du TFC ?
Déjà qu’avant le Covid, c’était compliqué… Nous sommes arrivés début octobre en tant que porte-bonheur. Pour notre premier match sur le maillot du TFC, il y a une victoire contre Lille (2-1). Et c’était aussi le premier match de Kombouaré ! Les défaites qui ont suivi, contre Rennes et Lyon, ça s’est joué de peu. Et ensuite, ça a sombré… Le mental n’était plus là. Je n’ai pas d’autre analyse à faire. C’est toujours facile de donner son avis quand on est à l’extérieur. Mais, c’est vrai, que vu de loin, ce n’était pas joli…

Comment avez-vous accueilli l’arrêt de la saison ?
Ça tombe très mal pour nous. L’investissement que nous avons réalisé au TFC est une très grosse somme. Et, finalement, c’est chou blanc. Ça reste de la communication, car il vaut mieux être sur le maillot d’un club qui est deuxième, comme nous l’avions fait avec Lille, qu’une formation qui descend… C’est le jeu, c’est le sport. On ne fait rien si on veut tout le temps gagner.

Allez-vous faire une demande de remboursement au TFC ?
J’ai décidé de ne pas demander de compensation. Et ce sera la même chose pour le Stade Toulousain, avec qui nous avons également signé un partenariat. On a tapé très fort en communication sur ces deux clubs, donc l’arrêt de la saison tombe mal. Il devait y avoir TFC - PSG, c’était génial pour nous… Quand vous êtes en Ligue 2, les venues de Paris, de Marseille, de Lyon, qui vous offrent de la super visibilité, ça n’existe plus… Je ne demande rien. Je laisse la main aux dirigeants du club pour en discuter. On verra s’ils font quelque chose pour éventuellement la saison prochaine. Nous rencontrons des difficultés, on va essayer de les régler. Mais je pars du principe que la somme qu’on a mise en place a été dépensée. Malheureusement, les retours sont moins bons que si tout avait été normal.

Quels sont les retombés de votre partenariat avec le TFC ?
Il vaut mieux être sur le maillot du Stade, mais, quoi qu’on en dise, même si le TFC n’est pas le chouchou des habitants de la région, au niveau national, le football est un cran au-dessus du rugby. Sur le plan humain, l’organisation du TFC a été bonne. Il y a eu des efforts effectués notamment au niveau du business club. Sur la partie visibilité, il y a eu quelques retours, mais pas de grands chamboulements. J’aurais préféré être sur le “pocket” du maillot, au-dessus du logo, plutôt que la manche, d’autant que cet espace n’a finalement jamais été vendu. On vous voit mieux sur les interviews. Malgré tout, ça ne change pas grand-chose. Au final, on a fait une demi-saison et c’est très très court pour tirer un bilan.

Comptez-vous rester partenaire du TFC en Ligue 2 ?
Ce n’est pas complètement exclu, ça c’est sûr. Mais ce ne sera pas dans les mêmes conditions. Aujourd’hui, je n’ai aucune certitude sur notre activité. On sait qu’on aura du boulot, mais est-ce qu’on va rattraper une partie de ce qu’on a perdu ? Je n’y crois pas… On tentera malgré tout de maintenir quelques budgets de communication. On travaille également avec la Berrichonne de Châteauroux, la ville où je suis né. Donner des coups de main à deux clubs de Ligue 2, ça commence à être compliqué. Pour l’an prochain, on remettra évidemment en cause le montant de notre engagement. On ne met pas les mêmes sommes en Ligue 1 et en Ligue 2. Et ensuite, le Covid nous met une belle plaque. Cependant, quand on a vrai échange, on ne laisse pas tomber. Le LOSC n’a pas joué le jeu, ils ne nous ont jamais contacté pour des déménagements de leurs joueurs. Les règlements de la LFP disent que ce sont les clubs qui doivent payer les installations des joueurs. Lille aurait pu nous interroger en tant que partenaire. Rien qu’à Châteauroux, on a reçu trois fois plus de chiffre d’affaires que ce qu’on leur donne en partenariat. À Toulouse, on aurait dû faire celui d’Antoine Kombouaré, mais ça a été annulé puisqu’il est parti. Nous avons également été reçus chez Olivier Sadran pour éventuellement collaborer avec Newrest. La démarche est positive, on ne fera pas l’autruche. Si on peut donner un coup de main, on le fera.

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