Issou Dao : "On a pété les plombs en cours de route"

Publié le 01 juillet 2020 à 12:00 par Samuel Cadène

Au cours de l'émission #FDMToulouse sur LesViolets.Com, Issou Dao s’est livré comme rarement. N’éludant aucun sujet, l’ancien défenseur central du TFC est revenu en longueur sur la saison cauchemardesque de ses joueurs, ponctuée d’une relégation que beaucoup sentaient arriver. Marqué à jamais par cette descente, celui qui aura été l'adjoint des trois coaches toulousains cette saison a également annoncé le départ de son club de cœur cet été. Extraits.

Alors que l’exercice 2019/2020 s’est brusquement arrêté au soir de la 28ème journée, l'entraîneur adjoint depuis 2018 a confié qu’il aurait souhaité finir le championnat : "Avant le confinement, j’ai senti un sursaut d'orgueil du groupe dans le sens où les mecs se disaient « qu’est-ce qu’on fout là quoi ? T’es la risée de toute la France ! » On sentait que les mecs avaient envie de montrer autre chose. Ils voulaient montrer les valeurs qui ont fait Toulouse. Après, est-ce que cela aurait suffisant pour se maintenir, étant donné notre mauvais départ ? Je ne sais pas…"

Durant cette saison, trois entraîneurs se sont succédés sur le banc du TFC. Alain Casanova, limogé suite à la défaite contre Bordeaux (1-3, 9ème journée), Antoine Kombouaré, évincé après l'humiliation contre Saint-Pryvé Saint-Hilaire en Coupe de France, et Denis Zanko. Pour Dao, si l'électrochoc tant attendu n’a jamais eu lieu, c’est en grande partie à cause de ces changements trop fréquents d'entraîneurs : "De mon humble avis, on a pété les plombs en cours de route. On a dégoupillé. Pourquoi ? Parce que tu recrutes des joueurs en fonction de la philosophie de jeu d’un coach qui est démis de ses fonctions alors que nous n'étions même pas à la moitié du championnat. Quand Antoine est arrivé, les joueurs ont dû s’adapter à une autre philosophie et eu besoin d’un temps d'adaptation. Ce temps d'adaptation amène les défaites."

Lassé par son rôle d'aboyeur au bord de la pelouse, le franco-ivoirien assure avoir tenté d'assurer le lien entre les différents coachs et les joueurs : "Gueuler au bord d'un terrain ce n'est pas moi ça… Si tu gueules au bord du terrain ça veut dire que ce que tu as préparé dans la semaine, durant les mois de préparation, n'a pas été assimilé. Tactiquement, je n’avais rien à dire. J'avais l'avantage de l’âge et je servais de lien."

Concernant son départ du club, l’ancien Pitchoun a également tenu à mettre les choses au clair : "Ce n’est pas un abandon, j’aime ce club. Mon cœur est violet, mais je ne pouvais pas continuer ici dans le sens où rester à ce poste, ça aurait mené à quoi ? Qu’est-ce que j’aurai amené de plus à mon cœur qui saigne, dîtes moi ? Je sais que je vais être entraîneur et je sais aussi que ce n’est qu’un au revoir. On se reverra, ça c’est sûr."

Devant un tel recul et un sens de la formule aussi aiguisé que ne le furent jadis ses crampons, la rédaction du site LesViolets.Com a proposé à Issou Dao de rédiger quelques éditos dans un futur proche. "On verra, on va en discuter… Sauf si c'est juste pour venir encore aboyer !", a répondu l'intéressé dans un éclat de rire. Affaire à suivre.

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