Indians : "Nous sommes derrière les joueurs, pas les dirigeants, et nous l'avons dit à Gradel"

Publié le 09 mars 2020 à 18:00 par JB

Les propos de Max-Alain Gradel contre le public du Stadium ont fait couler beaucoup d'encre. La semaine passée, l'Ivoirien a rencontré les Indians et a souhaité aider le groupe dans son déplacement à Dijon en leur offrant 500 euros. Alexandre Roux, président des IT93, met les choses au clair sur LesViolets.Com.

Quelle a été ta réaction suite à cette fameuse interview ?
"J'étais étonné. On a une bonne relation avec Gradel, je n'ai pas compris sa sortie médiatique. J'étais même un peu choqué."

Comment s'est passée votre rencontre avec lui ?
"On a l'impression qu'il nous a donné 500 euros pour calmer le truc... Ce n'est pas du tout ça. Jeudi, il m'a appelé et m'a demandé si on pouvait se voir. C'est toujours mieux d'en discuter de vive voix. Nous nous sommes donc donnés rendez-vous en ville, il y avait lui et nous étions deux Indians. Nous sommes d'abord revenus sur sa déclaration. Pour lui, depuis le terrain, ça l'a touché d'entendre les "Et un, et deux, et trois zéro". Il était vraiment mal et si vous regardez l'interview, il a limite les larmes aux yeux. On lui a expliqué que ça ne venait pas de nous, car nous étions sortis du stade à ce moment-là. Il a compris que l'équipe ne méritait pas d'être acclamée, mais entendre des supporters contre eux pendant un match, ça le touchait lui et ses coéquipiers. Notre réponse, chez les Indians, c'est d'être derrière les joueurs, pas les dirigeants."

Avez-vous pu discuter de l'état du TFC ?
"La discussion a duré plus d'une heure. Pour lui, les supporters sont vraiment importants, il l'a martelé, et il ne comprend pas pourquoi les dirigeants ne souhaitent pas régler leurs problèmes avec nous. Il nous a également confié son étonnement par rapport à plusieurs choses qui se passent au sein du club avec la direction. Pour lui, il n'y a qu'à Toulouse qu'on voyait ça."

Comment s'est passée son aide financière ?
"On lui a également dit que nous allions faire le déplacement à Dijon. Les inscriptions étaient, d'ailleurs, déjà bouclées. Il s'est proposé de nous aider financièrement. On venait de parler pendant une heure avec lui, nous étions d'accord pour accepter. C'est un geste simple, ça n'allait pas remettre en cause notre indépendance vis-à-vis du club ou des joueurs. Le lendemain, à l'issue de l'entraînement, Gradel nous a dit qu'il allait voir avec les autres joueurs s'ils voulaient participer. Il est revenu avec 500 euros. Ça nous a permis de faire baisser le prix du déplacement de 10 euros par tête, soit 60 euros au lieu de 70 euros par supporter. Et à l'avenir, ce geste ne nous empêchera pas de faire savoir notre mécontentement, même si on ne va plus vraiment pouvoir aller au stade avec le virus..."

Qu'avez-vous demandé à Gradel de plus ?
"Je souhaite rappeler, et on l'a fait auprès de Gradel, que nos revendications étaient surtout contre les dirigeants du TFC. En revanche, depuis trois mois, tous les joueurs rentraient directement au vestiaire à la fin des matchs. On lui a expliqué que les déplacements étaient importants pour les Indians et que, même lorsqu'il n'y a que 10 personnes en parcage, il était important de venir les saluer. Gradel en a parlé à toute l'équipe et samedi soir, malgré la défaite, une grosse partie des joueurs est venue devant nous."

Quelles sont aujourd'hui vos relations avec le TFC ?
"Depuis la réunion avec Sadran, nous ne parlons plus du tout avec le club. Gradel, c'est lui qui a pris l'initiative de venir nous parler, personne ne l'a obligé à faire ça. On a senti que la situation du club lui pesait beaucoup, qu'il était impliqué à fond. Peut-être qu'il partira à la fin de la saison, mais il a envie de montrer une belle image du club malgré la descente."

Un mot sur l'éventuelle vente du TFC ?
"Je suis content à l'idée de ne plus voir les Soucasse et compagnie. On verra ce que mettra en place les repreneurs, leurs objectifs. On en discutera avec eux. Si on se base sur ce qui a fuité dans la presse, ça peut être pas mal. Même si leur but est de remettre le club à flot et de le revendre dans trois ans, au moins, ils seront obligés de bien le restructurer pour le céder plus cher."

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