Finances du TFC, partie 1 : Le club s'endette de plus en plus

Publié le 05 mai 2020 à 16:20 par Romain Ottaviani

Le TFC vient de publier ses comptes annuels pour l’exercice comptable allant du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019. Notre analyse montre que la situation ne s’améliore guère, même si elle n’empire pas.

Les disponibilités bancaires atteignent 102 000 euros (+ 40 000 euros) sur un an. C’est donc un résultat positif, mais cette somme ne laisse aucune marge de manœuvre au TFC, malgré les ventes de ces dernières années.
Les 10 millions de trésorerie en 2013 semblent bien loin malheureusement.

Cependant, cette somme est arrêtée à une date précise, le 30 juin, il faut retraiter quelques informations pour en avoir une vision plus globale.
Notamment en rajoutant les créances. En l’espèce, les créances clients (ventes de joueurs) sont de 2 747 785 euros et de 29 231 218 pour les autres créances (droits télé principalement et 1,9 millions environ pour la TVA), soit environ 18 millions d’euros de plus que la saison passée. 27 millions de ses autres créances ont été imputés à un compte « débiteurs divers ». Impossible de connaître le détail de ce compte, mais cela pourrait être lié à une société appartenant au groupe TFC sachant que 12 938 843 sont récupérables avant le 30 juin 2020.

À l’inverse, il faut aussi déduire les différentes dettes qui, elles, s’élèvent à 5 717 922 euros (+ 800 000 €) pour les fournisseurs (équipementier, location du Stadium etc) et les 6 778 102 euros dus (stables sur un an) en tant que dettes sur immobilisations (partiellement liées aux acquisitions de joueurs non encore réglées en totalité). Notons que les dettes fiscales et sociales ont augmenté de 2,3 millions d’euros.
Au total, les dettes s’élèvent à 21 264 578 euros (sans compter les emprunts) contre 32 040 429 euros de créances. De quoi améliorer potentiellement la trésorerie à court terme.

Cependant, les dettes financières sont, elles, en augmentation de 7 millions d’euros avec notamment des emprunts auprès des établissements bancaires (qui atteignent désormais 14,5 millions d’euros) et des emprunts obligataires.

Le 21 décembre dernier s'est tenu l'assemblée générale du TFC afin de valider les comptes de l'exercice clos le 30 juin 2019. Outre la présence légitime d'Olivier Sadran, Ali Rachedi était également de la réunion, en tant que "représentant de la masse des obligataires”. Derrière ce nom, se cachent tous les détenteurs d'une obligation qui est un titre de créance détenu sur la société. Cela permet aux sociétés de se financer sans passer forcément par des établissements bancaires.

En 2015, le club a émis 223 obligations à bons de souscriptions d'actions d'une valeur nominale de 4 710 euros soit un emprunt obligataire de 1 115 000 euros (la valeur de remboursement étant de 5 000 euros) à un taux de 7 % (taux plutôt élevé) sur 5 ans. Chacune sera donc remboursée 5 000 euros dans les prochains mois, sauf si les bons de souscriptions d'actions sont exercés d'ici au 2 juin (c'est une possibilité, ce n'est pas obligatoire). Car c'est une des particularités, l'obligation peut amener à prendre des parts du capital du Toulouse FC.

Ali Rachedi a donc prêté de l'argent au TFC et pourrait prétendre à obtenir des actions du club. C'est à ce titre et en représentant de tous les détenteurs de ces obligations qu'il siège donc aux assemblées générales, sans droit de vote.

La situation financière du TFC ne s’améliore pas vraiment : en effet, les dettes d’exploitation diminuent, mais les dettes financières augmentent. Il reste à déterminer si cet endettement n’a été fait que pour renflouer la trésorerie ou pour acquérir des joueurs.
Éléments de réponse dans un prochain article sur LesViolets.Com.

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