Finances du TFC, chapitre 2 : Un bénéfice record !

Publié le 02 juin 2020 à 17:00 par Romain Ottaviani

10 274 160. C’est en euros le bénéfice dégagé par la SASP TOULOUSE FC. Fiesta nous diriez-vous ?
Attendez avant de sabrer le champagne, car ce juteux bénéfice ne reflète pas forcément la réalité économique du TFC. Explications.

Pour faire simple, un bénéfice correspond à la différence (positive) entre les produits et les charges.
Pour le TFC, il y a principalement deux sortes de produits :
> Le chiffre d’affaires composé de la billetterie, les droits télé ou encore le sponsoring, trois postes directement impactés par les résultats du club
> Les autres produits, c’est-à-dire la vente de joueurs, sans lien direct donc avec la performance du club

Pour les charges, nous pouvons lister :
> Les charges courantes (charges externes)
> Les charges de personnel (prépondérant)
> Les dotations aux amortissements sur immobilisations (l’étalement dans le temps de la valeur du joueur, nous y reviendrons)

Cette saison, le compte de résultats du TFC (qui s’étale du 1er juillet 2018 au 30 juin 2019) est donc positif de plus de 10 millions. Dans le détail, ce bénéfice s’obtient surtout grâce à un seul type de poste.
Mais avant de le découvrir, listons les autres éléments :
> Le chiffre d’affaires diminue d’environ 200 000 euros
> Les charges externes baissent d’environ 300 000 euros
> La masse salariale augmente de 5,5 millions d’euros (!), mais nous y reviendrons également par la suite
> Les intérêts d’emprunts augmentent de 70 000 euros (confère Finance chapitre 1).

Un compte de résultats arrêté sans le point qui va suivre donnerait ceci :

Ces variations n’expliquent donc pas l’augmentation significative du résultat. Pour se faire, il faut se tourner vers le résultat des mutations. Autrement dit, le bénéfice des transferts, qui s’est élevé à 34 millions d’euros.
Entre le 1er juillet 2018 et le 30 juin 2019, il y a eu des ventes pour environ 45 millions d’euros et des achats pour 11,5 millions d’euros. D’après nos informations, ce montant s’est découpé de la façon suivante.
> Pour les ventes (en euros, montants aux environs de...) :
Delort pour 4,5 millions
Blin pour 1,65 million
Jullien pour 8 millions
Diop pour 24 millions
Lafont pour 7 millions

> Concernant les achats (montant aux environs de…) :
Mubele pour 3,5 millions
Gradel pour 1,5 million
Moreira pour 2,75 millions
Bostock pour moins d’1 million
Dossevi pour 2,25 millions

Avec le résultat de ces mutations, le résultat net atteint donc la dizaine de millions d’euros.

Si l’on compare les deux résultats, l’écart entre les le résultat net et le résultat d’exploitation se creuse profondément cette année, signe que sans les transferts, le TFC est loin d’être viable économiquement.

Le graphique ci-dessus permet de voir l’écart entre le résultat avant transferts et le résultat après transferts, plus la « barre » est longue, plus le montant des mutations impacte le résultat net.
Par exemple en 2019, le résultat net est d’environ 10 millions d’euros, sans les transferts, il serait approximativement de – 23 millions. La différence correspond bien aux montants des mutations ci-dessus.

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