Emana : "Je peux apporter plus que certains en Ligue 1 aujourd'hui"

Publié le 19 janvier 2020 à 00:00 par Emmanuel Davila

Ces derniers jours, Achille Emana a plusieurs fois clamé son désir de signer au TFC pour l'aider à réussir son opération maintien. Le site LesViolets.Com a interrogé en exclusivité l'ancien Toulousain, qui s'est confié sur son état physique, sa volonté de rejouer pour le Tèf et la situation du club.

Comment organises-tu ton temps en ce moment ?
"Après être passé quelques jours par Toulouse, je suis rentré à Séville, qui est un peu ma deuxième ville. Je m'y suis installé après mon passage au Bétis (de 2008 à 2011, ndlr). Il faut que je m'entraîne. Si je veux maintenir mon corps et être au point physiquement, je ne peux pas rester à Toulouse comme si j'étais en vacances."

Justement, comment te sens-tu physiquement ?
"Je ne regarde pas l’âge. J'ai 37 ans, mais Iniesta joue encore, Ibrahimovic vient de signer à l'AC Milan, même si je ne suis pas Ibra. Fabregas, on lui fait confiance, on lui donne le brassard. Quand je vois ça, je me dis que je peux aider. Je me sens toujours capable et j'ai toujours l’envie d’être sur un terrain. Le jour où ma tête me le dira, je raccrocherai, mais mon corps va très bien. Je sais que je peux apporter plus que certains qui sont en Ligue 1 aujourd'hui."

Tu as dit récemment que tu souhaitais revenir au TFC et aider le club. Que penses-tu que tu apporterais à l'équipe ?
"Quand je vois certains matchs du TFC, ça me pique un peu, je pense à ce que je peux apporter. Ce n'est pas une question d'argent, c'est que j'ai toujours la volonté de jouer, de marquer un but, donner le sourire, voir le public profiter. J'ai envie de courir et aussi de donner des conseils à des jeunes, leur amener une mentalité de gagnant, leur apprendre le professionnalisme. Ce que je gagne, je dois le gagner à la sueur de mon front. Cette mentalité, je l'ai apprise au TFC, quand monsieur Dorsini est venu me chercher à Toulouse Fontaines et m'a présenté à monsieur Mombaerts. Je me suis dit : "pourquoi pas rentrer à la maison, si je dois finir ma carrière, je préfère la finir là où je l'ai commencée" Mais la décision n'est pas entre mes mains."

Samedi dernier, tu étais au Stadium pour assister à TFC-Brest. As-tu pu parler avec Olivier Sadran ?
"Ça fait longtemps que j'essaie d'avoir Olivier. Quand Alain Casanova était au club, il était venu voir un match à Séville et était passé me voir. Il m'avait fait comprendre que les anciens ne sont plus les bienvenus dans ce club. Je voulais jouer, alors j'étais parti en Inde. Mais les gens que j'ai eus ne m'ont jamais donné accès à Olivier. Il était toujours occupé, toujours ceci, toujours cela. Et puis samedi dernier, il m'a invité pour voir le match TFC-Brest. L'équipe a perdu, ça m'a fait mal. Voir l'équipe perdre de cette manière... Dans les gradins, tu souffres. Tu te rends compte comment le public souffre."

À ton avis, que manque-t-il à cette équipe ?
"J'ai suivi tout ce qui s'est passé. Le seul leader, c'est Gradel, et il s'est blessé. La seule chose que je puisse dire, c'est qu'il manque un leader. Pendant le match, je l'ai vu : les jeunes ne se parlent pas, personne ne discute avec l'autre. En Espagne, on ne voit pas ce problème. Ce n'est pas la faute du président, de l'entraîneur ni du préparateur physique. C'est une question de conscience, il faut un leader qui trouve les mots pour que les joueurs entrent comme des guerriers. À l'époque où je jouais, c'est ce qui se passait. Quand Arribagé a signé, il a apporté l'expérience qui a fait que le club a pu se sauver."

Mais accepterais-tu d'être sur le banc, de ne pas toujours jouer ?
"Oui. Moi, j'ai déjà fait ma carrière, je ne vais pas embêter un jeune pour prendre sa place. Même si, quand même, j'ai envie de jouer, ne serait-ce que 20, 30 minutes. Je ne suis pas là non plus juste pour donner des conseils au groupe, sinon, je serais entraîneur aujourd'hui."

Et à la fin de ta carrière de joueur, envisages-tu de devenir dirigeant ou entraîneur, à Toulouse ou ailleurs ?
"Je ne sais pas... C'est rare de voir un entraîneur noir, je ne vais pas le cacher. À part Kombouaré... Plein d'anciens joueurs passent les diplômes, mais je n'en vois pas beaucoup. Pourquoi, je ne sais pas du tout. Mais pour l'instant, je veux apporter sur le terrain."

Es-tu en contact avec d'autres clubs ?
"Mon agent cherche des solutions et il y en a. Ce qu'on me propose ne correspond pas toujours à ce que j'espère. Deux clubs sont entrés concrètement en négociations, on attend. J'ai résilié mon contrat avec San Sebastian de Los Reyes, à côté de Madrid, il y a deux semaines, donc mon futur club n'aura que mon salaire à payer. La division où je joue m'importe peu."

Est-ce que tu as gardé contact avec des gens du club que tu as connus, comme Pantxi Sirieix ou Issou Dao ?
"J'ai vu Issou quand je suis venu au Stadium. On a toujours été en contact. Pendant le match contre Brest, j'ai revu plein de gens que je ne pensais même pas rencontrer."

As-tu un dernier mot pour les supporters toulousains ?
"Je voudrais qu’ils pensent à une chose : quand j’étais là, on a vécu la même situation qu'aujourd'hui et on a su se sauver parce que tout le monde a eu foi. On ne peut pas accuser le président. Il ne faut pas insulter les joueurs, ce sont des gamins, ils ont besoin d'encouragements plus que de reproches. Si ma fille rentre à la maison avec de mauvais résultats, je ne l’engueule pas tout le temps, sinon elle va se rebeller, elle ne va plus entendre ce que je lui dis. Et si on perd, on perd tous."

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