Edito : Moussa Diarra, vrai Pitchoun, faux coupable

Publié le 31 janvier 2022 à 11:00 par Emmanuel Davila

Après la défaite du TFC en Coupe de France contre Versailles samedi, comme depuis quelques matchs, les critiques se sont cristallisées sur Moussa Diarra. Parfois avec mauvaise foi et avec une véhémence difficile à expliquer au regard des circonstances. Ironiquement, les reproches démesurés qu’il suscite chez les supporters ressemblent à ceux qu’on a longtemps réservés à un certain Issiaga Sylla. Celui-là même que l’on s’impatiente tous aujourd’hui de voir retrouver son couloir gauche.

Tout se passe comme si chaque saison, quelques joueurs devaient assumer à eux seuls les errements et les faiblesses de l’équipe entière. Gabrielsen, Antiste voire Koné l’an dernier. Moussa Diarra désormais. À la fin d’un mercato estival réussi, les supporters s’accordaient pourtant à dresser le même constat : si l’effectif impose une concurrence féroce à certains postes, il n’offre aucune alternative fiable à d’autres. Derrière Sylla et Desler, aucun vrai latéral – alors même que l’échéance de la CAN était connue et pouvait être anticipée dès l’été.

Sylla est donc parti rejoindre la sélection guinéenne en janvier et Diarra a été chargé de tenir le rôle ingrat de dépanneur. Sans surprise il a montré d’immenses lacunes, surtout techniques, parfois tactiques et défensives. Les mêmes que celles qu’il avait montrées l’an dernier quand Garande avait fait le choix hasardeux de le placer devant la défense, à un poste qui lui était inconnu. Déjà à l’époque il avait dû combler les faiblesses de l’effectif et consentir à avoir pour seule opportunité de jouer ces quelques bouts de matchs, en se montrant forcément sous un mauvais jour.

Cette saison était bien partie pour Diarra. Avec quelques bons matchs dans la défense à 3 qu’avait alors installé Philippe Montanier, il avait participé au gros début de saison de l’équipe et avait enfin pu démontrer qu’à son poste, il avait sa place dans la rotation. Il avait même enchaîné avec une prolongation fin septembre qui paraissait à cet instant assez évidente pour tout le monde. Le signe, peut-être, que le Pitchoun paye aujourd’hui les erreurs de la direction et les insuffisances du recrutement, et qu’en dépit de ses piètres prestations à gauche, il n’est pas l’usurpateur que certains dépeignent.

Moussa Diarra n’a pas le génie de ses amis Adli et Koné, mais comme eux c’est un Pitchoun, arrivé au club quand il était encore adolescent, et qui semble jouer un vrai rôle dans le vestiaire, comme il le faisait déjà chez les jeunes. Lui aussi incarne l’identité de notre club. Pour ces raisons et parce qu’il est sûrement le plus accablé par la situation, il mérite au moins notre indulgence, sinon notre soutien.

Nos derniers articles