Dupraz : "Je suis responsable"

Publié le 30 novembre 2017 à 00:05 par Pierre Pambrun

 

Voici l'intégralité de la conférence de presse de Pascal Dupraz après TFC - Nice (1-2) :

"On a le sentiment de s’être fait "hara-kiri" davantage qu’un hold-up. Ou peut-être que dans notre camp, nous avons des traîtres. Et le premier des traîtres, c’est l’entraîneur. Le seul responsable de cet échec, c’est l’entraîneur.

Je vais étayer tout ceci. La première des choses chez un entraîneur c’est de fixer un cadre. C’est ce que j’ai dit lorsque je suis arrivé ici au Téfécé. Or aujourd’hui, le cadre, depuis quelques-temps, n’est pas respecté. C’est de la faute de l’entraîneur. Quand des joueurs arrivent en retard au rassemblement, c’est de la faute de l’entraîneur. Quand les joueurs, alors qu’à plusieurs reprises, on leur demande… Alors que je pense qu’il est important de respecter notre profession, une merveilleuse profession. Tous les joueurs ont travaillé avec beaucoup d’assiduité pour réussir à devenir professionnel. Il me semble que nous devons observer et respecter des règles. Quand on ne les respecte pas, c’est de la faute de l’entraîneur. Il faut qu’il soit suffisamment persuasif et pédagogue pour que les joueurs respectent le cadre qui est défini. De la même manière, respecter le cadre sur le terrain, respecter le plan de jeu. C’est ce que les garçons ont fait, ma foi, mais ensuite il faut avoir conscience que notre métier ne permet pas le doute. S’il y a bien un endroit où on ne peut pas douter c’est sur un stade de foot. Surtout à domicile lorsqu’on mène au score, lorsqu’on a la possibilité de doubler la mise sur un penalty. On ne doit jamais douter. Quand l’équipe adverse est à dix, on ne doit jamais douter. Il n’y a pas de hasard. C’est la deuxième fois. La première fois contre Metz, on est incapable de marquer un but en supériorité numérique. C’est encore une fois la même chose ce soir. On est en supériorité numérique et pendant cette période longue, on ne marque pas. Donc c’est de la faute de l’entraîneur. Voilà. C’est toujours ainsi. C’est à moi de faire en sorte que d’une part les joueurs comprennent qu’il est important de ne pas galvauder notre métier, qu’il est important de respecter un cadre, qu’il est important de respecter les consignes, et que peut-être, je dis bien peut-être l’entraîneur se trompe. Parce que c’est toujours ainsi. Quand une équipe ne tourne pas, que chacun des joueurs qui composent l’effectif pense qu’il peut jouer, il le revendique. La seule revendication possible, c’est au travers des séances d’entraînement ou au travers des minutes que l’on gratte sur le terrain. Aujourd’hui, il y a des joueurs qui m’ont confirmé qu’ils ne pouvaient pas jouer et prétendre à être titulaires au Téfécé. Parce que le peu de temps qu’ils passent sur le terrain, ils font des erreurs. Un signe à ce niveau. C’est donc la faute de l’entraîneur qui a certainement réalisé de très mauvais changements. De telle sorte que tout d’un coup, l’équipe, pour pouvoir la renforcer, pas très aidée, il faut le dire, par certains joueurs, qui mettent quatre contrôles avant de faire une passe vers l’arrière alors qu’un contrôle et une passe vers l’avant suffit. Ca vous oblige à changer vos plans, ça vous oblige à vous creuser la tête pour que le liant et le jeu soient de meilleure qualité que celui produit ce soir. Et depuis quelques-temps déjà. Donc c’est toujours de la responsabilité de l’entraîneur. Je suis donc responsable. Pour autant, personne ne va me clouer au pilori, personne ne va me voir désarmé baisser les bras. C’est aussi une des qualités qu’un footballeur doit avoir, posséder : avoir du cran, avoir des ressources. Tout seul, on se place dans des situations délicates. Tout seul, on va se sortir de cette situation délicate. Voilà. On va faire en sorte, je suis le premier déçu, moi je vois quelques insultes qui pleuvent des tribunes. Moi j’ai promis, s’il le faut, d’aller au casse-pipe, dans les tribunes. On a le droit de siffler, on a le droit de siffler l’entraîneur, c’est bien logique. Par contre, il ne faut pas aller aux insultes qui mêlent, tout derrière vous, vos parents. Moi, mes parents, je ne les ai plus. Ma mère était une femme exemplaire.

La Ligue 1, c’est difficile, il faut mériter de rester en Ligue 1. Pour l’instant, sur nos temps de passage, on mérite tout juste d’y être. Il faut donc absolument se reprendre. C’est certain. Il faut se reprendre. Mais quand une victoire vous tend les bras et qu’on ne sait pas la prendre, parce qu’on ne sait pas emballer le match, parce qu’on est, encore une fois, frileux, on manque de personnalité sur ce match. Nice était au bord du précipice. Et quand on a la possibilité de mettre ne équipe au bord du précipice, il ne faut pas s’en priver ! Parce que les Niçois vont se requinquer et nous on va pleurer.

Il y a une chose qu’on doit constater c’est qu’à chaque fois qu’il y a un penalty, on à l’impression que la cage se rétrécit. J’ai beau changer les tireurs, les penaltys, on ne les marque pas. Il faut avoir été footballeur pour savoir que des penaltys ça se manque aussi et les plus grands joueurs les ont manqués. Mais, encore une fois, c’est plus cette espèce d’inertie qui me chagrine. Je le répète, je profite de vos micros, je suis quelqu’un de superstitieux, ça me regarde, encore une fois, je ne suis pas en train de dire que c’est bien, je ne suis pas en train de dire que ce n’est pas bien, mais je dis aux joueurs, voilà, on ne peut pas gagner un match à partir du moment où des joueurs arrivent en retard à des rassemblements. Voilà. C’est tout. Message adressé. Ce n’est pas normal et c’est donc de la responsabilité de l’entraîneur de faire en sorte que les joueurs arrivent à l’heure. J’ai dit tout à l’heure, à un joueur, 10 heures 30 et 45 secondes quand le rendez-vous est à 10 heures 30, on est en retard. Et j’ai pris l’exemple du début du match. Un début du match à 19 heures, si tu arrives à 19 heures 00 et 45 secondes, tu as manqué 45 secondes. En 45 secondes, il peut se passer beaucoup de choses. Commençons déjà par là. Il faut donc que je fasse comprendre à certains joueurs de foot que 19 heures 30 passé, c’est passé. Euh, ils considèrent que de 19 heures 30 à 19 heures 31, ils ne sont pas en retard. Ca fait du travail pour l’entraîneur que je suis. Tu t’imagines les responsabilités que j’ai. Il va falloir que je travaille beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup. Mais j’aime ça, je vais mettre du cœur à l’ouvrage. Je ne suis pas venu ici au Téfécé pour voir l’équipe reléguée en Ligue 2. Certes pas. Certes pas.

Panser les plaies ? Quelles plaies ? Y a-t-il des blessés sérieux parmi nos joueurs professionnels du Téfécé ? Y a-t-il des garçons qui craignent pour leur santé, pour leur vie, pour leur famille ? Personne ne craint pour sa vie et pour sa famille ! Dieu merci, sur ce terrain qui est un havre de paix. Il faut simplement qu’on retrouve de l’allant, qu’on retrouve de l’enthousiasme. On ne va pas au football comme on va à l’église. On va au football pour communiquer avec le public et pour démontrer de l’enthousiasme. Ils ont su le faire, il n’y a aucune raison qu’ils ne le fassent plus. Il n’y a donc pas de plaie à panser. Il y a simplement à retrouver un cadre ! Et appliquer ce que je demande. Vouloir du ballon. Se défaire quelque-fois d’un mètre ou deux. Ne pas, comme j’ai pu le voir tout à l’heure, se retourner sans vouloir du ballon. Ca, c’est manquer, que par trop de personnalité. Après, c’est de ma responsabilité. L’équipe joue mal, c’est de ma responsabilité. Mais très franchement, très honnêtement, vous n’êtes pas obligés de me croire, je ne leur demande pas de mal jouer. Je vois des choses exceptionnelles à l’entraînement. Mais ils ne le reproduisent pas en match. C’est donc qu’il y a un tout petit souci. Et il y a un manque cruel de mental, de pugnacité. Ca ne vient pas tout seul. Ca ne vient pas tout seul. Ce ne va pas venir tout seul. Ca ne viendra qu’à la seule condition que tout le monde se retrousse les manches et s’aère l’esprit.

La maladie, la maladie incurable, le chômage, voilà des problèmes sérieux. Pas la perte d’un match de foot ou la perte d’une passe sur le terrain. La perte d’un point, d’un penalty manqué. Non ! Davantage de conviction. Merci."

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