Devons-nous croire en ce TFC ?

Publié le 10 septembre 2018 à 18:00 par Baptiste Palacin

Quatre journées de Ligue 1 Conforama ont désormais été jouées, et après le bon début de saison des Toulousains, de nombreux observateurs préconisent la prudence, suggérant ainsi d’étouffer avec retenue ce feu sacré qui brûle pourtant de nouveau en chacun de nous.
Ces quelques lignes ne plairont certainement pas aux plus pragmatiques d’entre nous, aux convictions si profondément ancrées dans le sol qu’ils en oublieraient presque de regarder vers le ciel. Mais le constat est là : il y a bien longtemps que nous n’avions plus pris autant de plaisir à voir jouer nos Violets.

Sur le podium du championnat

La manière, avec laquelle ces trois victoires furent acquises, attise l’espoir, bien au-delà de l’actuel classement. Cette incandescente lueur ne demande qu’à s’embraser, elle qui eut par le passé la fâcheuse habitude de trop vite se consumer. Et, à la vue de ce début d’exercice, les raisons de croire en la promesse d’une belle saison semblent bien réelles. Une première défaite en terre olympienne en guise d’apprentissage, suivie de 3 victoires consécutives : à l’audace dans le derby de la Garonne ; empreint d’une maîtrise clinique face à la folie Nîmoise et au courage des 10 contre Guingamp.

Ces trois composantes réunies sont essentielles à la réussite sportive d’une équipe. Et elles sont là. Juste sous nos yeux. Dans la gestuelle ballon au pied de Manu Garcia, dans les discours éveillant la bravoure du capitaine Max-Alain Gradel, dans la puissance d’Ibrahim Sangaré ou dans l’instinct sur sa ligne de Baptiste Reynet, l’espoir renaît.

Il convient ainsi de faire un choix, qui ne pourra être que personnel : se refuser de voir ce que nous avons sous les yeux, ou bien oser relever la tête, après tant d’année de tristesse, et poser enfin sans peur notre regard sur ce ciel où les rêves naissent comme se brisent. Au risque d’être encore une fois déçus, certes, mais qu’importe. William Shakespeare avait pour habitude de dire qu’il existait bien plus de choses dans le ciel que ne pouvait en rêver notre philosophie : laissons donc tomber nos habituels discours de prudence, et osons enfin porter nos regards un peu plus hauts et un peu plus loin.

L’expérience de la douleur

Mais les effusions semblent à Toulouse être prohibées. Ses supporters ne connaissent que trop bien la souffrance et la déception d’une saison plus proche des abîmes que du sommet de notre championnat. Les précédentes années ont marqué au fer rouge nos âmes de supporters, nous sevrant ainsi d’un irrationnel bonheur duquel nous ne reconnaissons même plus le goût. Nous cherchons depuis bien trop longtemps le sublime frisson du beau jeu, qui nous ferait sans hésitation replonger dans cette irrésistible drogue qu’est le football. Peu importe le poison, tant que l’on a l’ivresse. L’ivresse du beau jeu j’entends, qui coule désormais dans nos veines depuis près de 270 minutes.

Certains d’entre vous essaieront de se convaincre que cela ne durera pas. L’AS Monaco ne restera pas à une anormale 13ème place, le Dijon FCO, actuel dauphin du roi parisien, ne pourra tenir encore longtemps ce rythme infernal et Toulouse retrouvera d’ici quelques semaines le ventre mou peu désiré de notre championnat. Loin des sommets, le regard bas. Vous avez sûrement raison, sans toutefois en être certain. Plus d’une fois considéré comme mort au sein d’une Ligue 1 qui avait déjà fait son deuil, le TFC semble désormais avancer avec l’intime conviction que l’espoir meurt en dernier. Et la réussite de cette nouvelle saison ne pourra se faire qu’à une unique condition : le peuple de la ville rose, ses joueurs et ses dirigeants, devront regarder d’un même œil cet éden azuré au-dessus de nos têtes. Car c’est bien là que tout commence.

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