Comolli : "Si Spierings ou Van den Boomen étaient en France, on aurait payé 10 fois plus"

Publié le 19 January 2021 à 13:00 par JB

Damien Comolli était l’invité de Téléfoot, la chaîne, pour évoquer les bons résultats actuels du TFC et le recrutement qu’il a effectué. Voici l’interview.

La deuxième place
On est sur une bonne lancée avec peu de défaites sur les derniers matchs. On enchaîne les victoires. Vous parliez du début de saison, c’est vrai que c’était très compliqué. Le coach, Patrice Garande, et son staff ont fait un boulot fantastique et énorme pour arriver à remettre l’équipe dans le droit chemin et créer un état d’esprit dans le groupe. Aujourd’hui, on récupère les dividendes de ce travail de fond, même si nous n’avons encore rien fait, nous n’en sommes qu’à la vingtième journée.

Les différentes nationalités de l’effectif
Avec l’arrivée d’Isak Pettersson, je crois que nous sommes à 13 nationalités différentes. Comment a-t-on fait pour les attirer ? C’est l’avantage de travailler à Toulouse. C’est un club qui est connu dans l’Europe entière, voire dans le monde entier, avec une ville extraordinaire. Quand on est en concurrence avec un autre club pour convaincre un joueur de venir, quand on explique le contexte et l’environnement dans lequel on évolue, c’est plus facile. On s’est attaché à recruter des hommes avant de recruter des joueurs. Pour nous, l’état d’esprit était absolument essentiel, au même titre que les qualités humaines, leur capacité d’intégration, leur ouverture d’esprit, leur envie de gagner et de refuser la défaite, surtout après le traumatisme que le club a vécu la saison dernière. Nous n’avons pas fait de compromis sur ce que l’on cherchait. Entre un joueur étranger qui correspondait exactement à ce qu’on voulait et un joueur évoluant en France, mais qui correspondait un peu moins à nos critères, on est allés vers le premier, sans regarder la nationalité, ni l’origine du club. Derrière, Patrice Garande a fait un travail formidable pour intégrer tout le monde avec des joueurs très intelligents. Il y a une part de chance et une part de travail.

La méthode de recrutement
On ne s’en cache pas, on se base énormément sur les statistiques et sur la data. Nous avons une équipe très performante sur cet aspect, avec une partie qui se trouve à Toulouse et une autre qui est auprès de nos propriétaires aux États-Unis. On fait un mix entre ça et du recrutement traditionnel, avec de la recherche d’informations en allant voir jouer les joueurs. Par exemple, avant de prendre Spierings, on est allés le voir trois ou quatre fois en Bulgarie et deux fois aux entraînements là-bas pour voir comment il se comportait. Machado n’avait pas joué un seul match pendant un an. On est allés chercher ses statistiques quand il jouait en Colombie et en Copa Libertadores. On s’est alors dit qu’un joueur comme lui ne pouvait pas perdre ses qualités. On a aussi pris beaucoup de temps pour comprendre quelle était sa mentalité, et comment il s’était entraîné avec les moins de 23 ans de La Gantoise la saison dernière. On m’a dit qu’il était enthousiaste, toujours à l’heure aux entraînements, il encadrait les jeunes joueurs, avec une mentalité irréprochable. Ça nous a aidé dans notre processus pour le faire venir.

Une déception de ne pas avoir recruté en France ?
Non ! On s’est fixés une ligne de conduite très précise sur les joueurs que l’on voulait faire venir. J’ai absolument voulu sortir des aspects traditionnels, sans retenir tous les préjugés. Pour monter, j’ai entendu qu’il fallait des joueurs qui connaissent la L2 et un taulier de 35 ans dans l’équipe. Je ne sais pas si cela va nous permettre d’atteindre notre objectif, nous n’avons encore rien fait puisque nous sommes deuxièmes après 20 journées. Mais nous avons été fidèles à notre ligne de conduite. Et n’oubliez pas que la reprise du club a été officialisée le 16 juillet. Quand vous reprenez une équipe aussi tard dans le mercato, les joueurs français qui nous intéressaient, bien sûr qu’il y en avait, ils avaient tous déjà bougés. Et ceux qui n’avaient bougé étaient dans des formations dans lesquelles nous allions être en compétition pour la montée, donc on savait que personne n’allait nous céder leurs meilleurs joueurs, sauf à des prix absolument pas envisageables pour nous. Des joueurs comme Spierings ou Van den Boomen, s’ils avaient été sur le marché français, ils nous auraient coûtés au moins 10 fois le prix que nous avons payé. Dans notre esprit, et celui de RedBird, c’était vite vu.

Quelle sera la philosophie de recrutement l’été prochain ?
Elle sera exactement la même. Que l’on soit en L1 ou en L2, je parlerai de discipline et de fidélité à notre stratégie dans nos méthodes de recrutement. Nous ne ferons pas de compromis sur la qualité des joueurs. Bien sûr qu’on préférerait avoir que des joueurs qui parlent français, mais ce n’est pas possible. Quand vous prenez des joueurs intelligents, c’est plus facile. Spierings, le jour où il est arrivé à Toulouse en descendant de l’avion, la première chose qu’il a fait, c’était un cours de français d’une heure trente. Donc bien sûr que l’on va continuer.

Ce mercato hivernal
Nous tentons de trouver des portes de sortie pour des joueurs qui ne jouent pas du tout comme Rogel, Mubele ou Koulouris. Ils ont besoin de jouer pour relancer leur carrière. Ensuite, s’il y a des opportunités qui s’offrent à nous, on les saisira. Nous avions besoin de renforcer les postes de gardien et de défenseur central. On l’a fait. Et, bien évidemment, l’esprit est de garder nos meilleurs joueurs. On veut absolument garder l’équipe comme elle l’est jusqu’à la fin de la saison.

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