Casanova : "Je n'étais pas désiré, et les supporters veulent voir toute la direction partir"

Publié le 29 octobre 2019 à 16:45 par JB

Ce lundi soir, Alain Casanova était l’invité de RMC Sport, dans l’émission Le Vestiaire. Voici ce qu’il faut retenir de son passage, où il revient sur son départ du TFC et ses relations avec les supporters.

Son départ du TFC, quelles raisons ?

Une décision a été prise. Aujourd'hui, je ne peux pas affirmer que j'ai démissionné. Le fait d'avoir reçu des menaces de mort n'a jamais été quelque chose de déterminant dans ce qu'il s'est passé, dans la discussion entre le président et moi-même.

L’histoire des menaces de mort à son encontre

On en revient un peu à ce que devient la société, l’agressivité que peuvent avoir les gens au quotidien. Il y a beaucoup moins de tolérance, nous sommes un peuple totalement révolutionnaire. Je n'ai pas voulu envenimer la situation. J’ai été très proche de la brigade et du procureur qui menaient l’enquête. C'était un jeune de 17 ans qui ne présentait pas de réelle menace. On m’en a donné la garantie. J’ai senti que la situation lui échappait, ainsi qu'à ses parents d'après le descriptif de la brigade. J'ai préféré en rester là, sans porter plainte. Je ne lui ai pas parlé, mais je ne le pardonne pas… Comment peut-on en arriver là ? Cela ne reste que du sport, que du foot…

La prise de position de Christophe Galtier à ce sujet

Des menaces, certains en ont reçu avant moins et d’autres en auront après. Je regrette que certaines instances du football n’aient pas pris la parole, pas par rapport à moi, mais on n’est pas encore assez solidaires dans cette corporation. On devrait se serrer les coudes, comme l’a fait Christophe Galtier. Ses propos sont remarquables, mais il ne connaît pas les tenants et les aboutissants.

Sa relation avec les supporters

Je n’avais pas commencé le premier entraînement, que j’étais déjà pratiquement le paria. J’étais quelqu’un qui n’était pas désiré par les supporters. Je ne lis pas la presse et les réseaux sociaux, donc je ne le savais pas avant de signer. C’est une fois que mon retour est annoncé, que mon entourage m’explique, et je comprends alors que ça allait être compliqué. Surement que les supporters avaient de bonnes raisons, mais j’avais du mal à le comprendre et à l’accepter. Avant mon retour, je suis resté sept ans au TFC avec les meilleurs résultats du club avec une moyenne de 8ème ou 9ème. J’ai lancé beaucoup de jeunes qui sont devenus des internationaux. Vraiment, j’adore ce club, autant que le premier des supporters qui est dans les tribunes. Et qu’on ne m’accepte pas, je ne le comprenais pas. J’ai une très grosse pensée pour Rudi Garcia qui vient d’arriver à l’OL. C’est pareil pour lui vis-à-vis des supporters. Quand les histoires commencent comme ça, comment voulez-vous qu’il y ait une réussite au bout ? Il va falloir que Rudi soit très costaud et même en étant en ayant de bons résultats, on lui rappellera toujours ce qu’il s’est passé auparavant. Quand l’équipe aura des résultats, ce sera grâce aux joueurs et quand il y aura une mauvaise dynamique, ce sera de sa faute. Pourtant, Rudi Garcia a toutes les qualités pour entraîner Lyon.

La relation supporters - direction

Je n’étais pas le seul à ne pas être désiré. C’est toute la direction qui n’est pas appréciée. J’ai l’impression que les supporters n’ont qu’un désir, c’est voir toute cette direction partir. Mais on oublie que c’est Olivier Sadran, en 2001, qui a été la seule personne à investir et à faire repartir le club. Le club était menacé de disparaître.

L’importance des supporters

Les clubs ont besoin des supporters, qui ont une réelle importance. Ils sont très respectables, il n’y a qu’à voir les efforts qu’ils font pour suivre leur équipe que ça aille ou pas. Maintenant, à la différence de l’Angleterre ou l’Allemagne, on laisse trop de dérives. Là, on donne beaucoup trop d’importance à certains groupes de supporters. Par exemple, à Saint-Étienne contre l’arrivée d’un joueur et je ne le comprends pas, ou donc à Lyon contre Rudi Garcia. Chacun doit rester à sa place et laisser au club la gestion. Les supporters ne se rendent pas compte, en agissant comme ça, qu’ils jouent contre leur propre équipe. Pendant un an, j’ai connu le public lensois. C’est probablement l’un des plus respectables de France. Mais, à des moments, ils ont des réactions qui n’aident pas leur club. En Allemagne, on voit certains publics continuer d’encourager leur équipe, même en étant mené 3 ou 4 à 0.

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