Arribagé, les adieux (ratés) d'un mal-aimé

Publié le 28 juillet 2020 à 18:00 par Samuel Cadène

S’il a disputé 335 matches vêtu de la tunique violette entre 1992 et 2008 après un interlude au Stade Rennais, 12 ans plus tard, c’est par la petite porte que Dominique Arribagé vient de quitter le TFC. Retour sur une histoire faite de hauts et de bas.

Recordman du nombre de matchs en violet !

En dix ans au sein de l'effectif toulousain, Dominique Arribagé est entré dans la légende du TFC. Toulouse aurait même pu être le seul club de sa carrière, s’il n’avait pas été suspendu 18 mois dont 6 fermes en 1998 après avoir été contrôlé positif à la nandrolone, un agent anabolisant qui favorise la récupération après une blessure (2,1 nanogrammes alors que la limite était fixée à 2 nanogrammes). Il était alors parti à Rennes. Avant cet épisode, le défenseur central formé à l'US Colomiers a eu le temps de porter 195 fois le maillot téféciste. Véritable meneur d’hommes, ses qualités défensives ne sont un secret pour personne. Surtout si l’on en croît l’équipe de légende du TFC où « Domi » figure parmi les titulaires aux côtés de Tarantini et Abdennour.

En 2004, il revient à Toulouse comme on revient à ses premières amours un an après le retour du Tèf dans l’Élite. Au terme d’une saison 2006-2007 historique avec une qualification pour le tour préliminaire de Ligue des Champions, Arribagé croit alors au rêve d’une participation à l’événement inédit dans la Ville Rose. Seulement, une blessure contractée lors de l’avant-saison le prive de l’échéance tant attendue et Olivier Sadran recrute Mauro Cetto. C’est l’Argentin qui jouera la double confrontation face à Liverpool tandis qu’Arribagé, du haut de ses 38 ans – et de son statut de doyen de L1 – raccroche les crampons en fin de saison.

L’intégration à la cellule de recrutement et le premier maintien miracle

Comme l’ont été d’autres avant et après lui, Arribagé se voit proposer un poste au sein du club. C’est d’abord à la cellule de recrutement qu’il intervient, supervisant les recrues dont Wesley Saïd (dès juin 2017) ou Jimmy Durmaz pour ne citer qu’eux. Mais lorsqu’en mars 2015, Olivier Sadran limoge une première fois Alain Casanova, l’ancien défenseur prend les rênes de l’équipe première et permet au club de se sauver miraculeusement. L’électrochoc a eu l’effet escompté. Cela dit, onze mois plus tard, il démissionne après une quatorzième défaite en 28 journées contre Rennes au Stadium.
À ce passage express à un poste où il n’était, rappelons-le, pas formé, le TFC doit à Dominique Arribagé l’éclosion d’Alban Lafont et d’Issa Diop, le replacement de Tisserand dans l’axe et la découverte d’Alexis Blin au milieu du terrain.

D’homme providentiel à détesté

Si elle s’était conclue sur cet épisode, l’histoire de Dominique Arribagé au TFC aurait été merveilleuse. Seulement, après un retour à la cellule de recrutement, le natif de Suresnes n’a pas vraiment enchaîné les réussites. Son "deuxième mandat" au recrutement n’a rien apporté de transcendant au TFC. Pire, il est devenu aussi détesté des supporters que Sadran et Soucasse (c'est dire la prouesse !), car il incarnait lui aussi ce TFC gangrené par ce que beaucoup ont considérés comme des relations incestueuses et toxiques entre Olivier Sadran et sa garde rapprochée. Sa tête a même été demandée par les supporters l’année dernière, qualifiant son emploi de « fictif ». Aujourd’hui, Jérôme Fougeron l’a remplacé au recrutement aux côtés de l’indéboulonnable Ali Rachedi, qui notons-le, aura réussi l’exploit de survivre à un changement de propriétaire. Chapeau l’artiste !

Olivier Sadran le disait la semaine dernière en conférence de presse : "Parfois, il faut savoir sortir. J’aurais pu le faire plus tôt, ça aurait été plus intelligent." Dans le sillage du boss, Dominique Arribagé aurait été sans doute bien inspiré d’en faire de même.

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