Alea Jacta Est (Le sort en est jeté)

Publié le 13 février 2020 à 18:00 par Christophe Canard

En ce (trop) doux après-midi de samedi, le football nous a une nouvelle fois rappelé à quel point ce sport, et le sport en général, pouvait être aléatoire et (un peu) cruel. Et ce poteau de Leya Iseka au bout de 20 secondes qui rebondit sur le défenseur marseillais Alvaro sans rentrer dans le but en est le parfait exemple : la réussite n’est pas du côté du TFC.
Combien d’entre nous se sont exclamés devant leur écran : « quand ça ne veut pas… » ? Ces petits signes du destin, qu’on appelle alternativement la réussite, la chance, le hasard, semblent avoir clairement tourné le dos aux violets cette année. Cette réussite a disparu, elle qui a souri d’autre fois et en d’autres circonstances, parfois à des centaines de kilomètres. Au nord, un soir de mai 2007, quand Fauvergue plantait contre des Bretons désabusés. Au Stadium l’année suivante, alors que le ballon heurtait l’intérieur du poteau sur une frappe écrasée du plus toulousain des Basques. Ou sur les bords de Loire, avec ce coup-franc excentré en pleine lucarne de l’icône Bodiger.

11 fois. Cette saison, les montants adverses ont tremblé 11 fois, et auraient pu rapporter 6 points de plus : une victoire contre Lyon et des nuls contre Rennes, Nantes et l’OM. Et si ces 6 points ne nous décolleraient pas de la lanterne rouge, ils feraient que l’espoir serait encore possible. Sans parler de la confiance de Koulouris, homme ayant frappé le plus de fois les poteaux, 4 fois. Avec 8 buts, il serait au même niveau qu’Ajorque, Dolberg ou Slimani.

Alors évidemment, avec des si, on mettrait Paris en bouteille. Mais comment ne pas imaginer que les choses seraient moins catastrophiques si la frappe de Koulouris avait fait barre rentrante contre Lyon à 2-2. Kombouaré serait peut-être encore l’entraîneur. Et si Yves Bissouma n’avait pas mis un coup franc de 35 mètres dans la lucarne pour ce TFC-Lille de sombre mémoire. Debève serait peut-être encore l’entraîneur. Et si Rennes n’avait pas inscrit deux buts dans le temps additionnel en février 2016. Arribagé serait peut-être encore l’entraîneur.

Alors bien sûr, rien n’arrive par hasard. La chance, ça se provoque, ça se cultive. C’est parce qu’on a une mentalité de vainqueur que ces choses-là arrivent. C’est l’esprit d’entreprise qui apporte ce petit supplément d’intangible. Mais cet esprit est parti avec l’intérêt du président pour notre club. Et les hommes qu’il a installés ne semblent pas animés de… ne semblent pas animés tout court.
Et la chance, la vraie, s’en est allée vers d’autres cieux.

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