"Si Olivier Sadran est autant déconnecté de la situation du club que celle avec les supporters..."

Publié le 19 juin 2019 à 00:00 par JB

Suite à l’interview d’Olivier Sadran dans La Dépêche du Midi, Alexandre, le capo des Indians, nous a accordé une interview pour réagir aux propos du président, notamment concernant les supporters.

Pour commencer, quel est le bilan des Indians de cette saison ?
Ça a été une saison particulière dans le sens où nous avions décidé de reprendre nos activités dans le stade quelques jours à peine avant le premier match de la saison au Stadium, contre Bordeaux. Elle n’a donc pas pu être préparée à l'avance comme les années précédentes. Si l’ambiance était plutôt bonne au début, les résultats ensuite n’ont pas donné envie aux gens de s’emballer. En plus de ça, pas mal de matchs se sont disputés le dimanche à 15h00, un horaire plutôt propice à la sieste. Dans le virage, le public est assez jeune et il faut avoir envie de se lever le dimanche pour venir au Stadium…

Quel est l’état d’esprit chez les Indians après des performances aussi moroses ?
Il y a beaucoup de lassitude, notamment au sein de la vieille génération du groupe. Le dégoût est aussi toujours bien présent suite aux incidents du parvis contre Lille en 2018. Ce n’est toujours pas digéré. Malgré tout, le potentiel au sein de notre association existe avec plusieurs jeunes qui s’intègrent. On se dit qu’avec ne serait-ce qu’un parcours en Coupe de France, ça reboosterait tout le monde.

Pour la saison prochaine, le virage Brice Taton sera découpé en deux, une tribune haute, et une tribune basse où vous serez installé.
Lorsque le club nous a annoncé cette nouvelle configuration, nous étions un peu réticents. Finalement, en analysant ça de plus près, on estime que ce sera bénéfique pour l’ambiance. L’objectif est de regrouper le plus de gens possible en bas du virage, en sachant que tant que le virage “bas” ne sera pas plein, le grand public ne pourra pas acheter de places en virage “haut”, où il n’y aura que les abonnés dans ce secteur. Ça permettra d’avoir un Kop massif.

Fin mai, vous avez assisté à la réunion direction - supporters. Quel a été votre ressenti ?
Ça s’est plutôt bien passé dans l’ensemble. On ne peut pas s’attendre à plus que ce qu’on a entendu. Ils se sont excusés pour la saison. On nous a présenté un vrai projet sportif, chose que je n’avais jamais entendue depuis que je participe à ces réunions. La création du groupe Élite pour intégrer les jeunes qui ont atteint la finale de Gambardella, on peut trouver ça bon ou mauvais, mais en tout cas il y a une idée, une voie dans laquelle le TFC veut partir.

Jean-François Soucasse a présidé cette réunion. Or vos relations sont tendues depuis le fameux TFC - Lille de 2018…
On lui en a énormément voulu. Lors de la réunion en début de saison, si Max-Alain Gradel s’est excusé au nom du club, c’est parce que Jean-François Soucasse refusait de le faire. Là, même s’il ne s’est toujours pas excusé, il nous a indiqués avoir compris que le club n’avait pas été bon à ce moment-là, au moins dans la gestion de l’après. On nous a expliqué qu’à l’époque, il fallait aussi organiser le match de barrage qui se profilait, et s’occuper d’autres dossiers urgents.

Dans son interview, Olivier Sadran a de nouveau évoqué les incidents du parvis après TFC - Lille, expliquant que ce n’était pas lui qui avait envoyé les forces de l’ordre.
C’est l’illustration du dialogue de sourd et de l’incompréhension qui règne actuellement entre les dirigeants et nous. Il explique qu’on lui reproche d’avoir appelé la police pour intervenir… Mais on n’a jamais dit qu’Olivier Sadran ou le TFC contrôlait la police ! Jamais. On sait très bien que ce n’est pas possible. Nous, ce qu’on leur reproche, c'est que le club ne nous ait jamais soutenu dans cette histoire.

Quel geste auriez-vous aimé ?
Par exemple, on aurait apprécié que dans leur communiqué qu’ils avaient sorti le lendemain du match, ils écrivent : “On regrette de tels incidents après un match de foot, devant des familles et des enfants.” Sans forcément dire que c’est de la faute de la police ou de nous… Alors que là, la seule chose qui a été diffusée se résume à : “Ce n’est pas de notre faute, ciao.” Et c’est ce qu’ils continuent de dire. D’autant que la justice a bien souligné que le prétexte qui a déclenché la charge policière était complètement fallacieux. Le supporter qui a été interpellé pour une soi-disant utilisation de pyrotechnie a été relaxé faute de preuves. Donc tout ça est parti de rien !

Aujourd’hui, quels sont vos rapports avec Olivier Sadran ?
Il n’y a aucune relation. Nous ne le voyons plus du tout. Le seul qui échange avec nous, c’est Jean-François Soucasse. Je le déplore. En venant aux réunions dirigeants-supporters, Olivier Sadran serait peut-être un peu moins déconnecté de la situation. Jean-François Soucasse et certains joueurs nous disent qu’Olivier Sadran est un président investi dans son club. Nous, on pense le contraire. En lisant ses derniers propos, s’il est autant déconnecté sur la situation du club que celle avec les supporters, on est grave dans la merde !

Seriez-vous prêts à discuter avec le président du TFC ?
Même si nous avons participé à plein de réunions qui n’ont servi à rien avec eux, les Indians restent ouverts au dialogue et continueront de s’y rendre. Depuis TFC - Lille, on ne peut pas établir une relation de confiance. On peut avancer et travailler sur différents sujets, mais pas en profondeur. Nous aurons toujours une méfiance vis-à-vis de la direction.

Après avoir pris connaissance de cette interview, comment sentez-vous l’avenir du TFC ?
L’an dernier, Olivier Sadran avait organisé une conférence de presse pour nous annoncer un partenariat avec un grand club qui n’aura finalement jamais lieu. Cette année, il y a cette interview avec des propos complètement à côté de la plaque… Ce n’est pas rassurant pour le futur du club. On peut croiser les doigts pour espérer que la génération des U19 qui arrive est super-forte, sinon, ce sera la Ligue 2 qui nous pend aux nez depuis cinq saisons.

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