"Je pense que vous avez l'équipe la plus complète de Ligue 2"

Publié le 18 décembre 2021 à 09:00 par Emmanuel Davila

Avant la réception de Nîmes au Stadium ce samedi (13h45, Eurosport 2), la rédaction du site LesViolets.Com a interrogé Le 11 de Nîmes, média de supporters nîmois.

Ça va un petit peu mieux pour vous, avec deux victoires à domicile en championnat. Les dernières prestations t’ont rassuré ou les victoires sont-elles en trompe l'oeil ?
"Elle sont un peu en trompe l'oeil. Quevilly et Nancy sont deux des équipes les plus faibles que j'ai pu voir aux Costières ces derniers mois. Contre Nancy, samedi dernier, on a vu le retour du 4-4-2, qui a permis à nos deux attaquants Omarsson et Koné de marquer. Contre QRM, c'était poussif. On s'en sort sur quelques séquences où on produit du jeu et ce n'est pas immérité sur la prestation globale, mais ça a été très difficile et pas hyper rassurant."

Un mercato intéressant cet été, un bon départ en suivant, puis la catastrophe depuis 3 mois : que peut viser Nîmes cette saison ?
"En début de mercato, on nous annonçait une saignée en règle après la descente. On a effectivement perdu Ripart et Meling, mais beaucoup de joueurs qui ont le niveau Ligue 1 sont toujours là. On a notamment recruté Bratveit, notre gardien, et sur le papier, l'équipe a de la gueule. Paradoxalement, on attendait un début de saison compliqué, parce que plusieurs joueurs étaient absents ou pas prêts et qu'on a joué avec beaucoup de très jeunes. Et finalement ça a bien tourné. Le fait d'avoir un petit groupe tout l'été a renforcé la cohésion. Ça a été une surprise pour tout le monde, y compris les joueurs, de prendre autant de points. Puis au moment de confirmer, avec le retour de Ferhat ou Koné, vers septembre, on a enchaîné 9 matchs sans gagner. Là, on arrive sur une période où on affronte des équipes moins fortes, et les retardataires prennent le rythme et s'incorporent petit à petit. On a enfin trouvé notre rythme de croisière, et je pense qu'il nous amènera en milieu de tableau. On part de trop loin pour la montée mais on a trop de qualité pour descendre en National."

Peux-tu nous parler un peu de la situation autour de l'actionnaire-président Rani Assaf et du désamour des supporters pour le club ?
"C'est très long à expliquer, mais le premier déclencheur, c'est les résultats. Ce qui faisait tenir, c'était la Ligue 1, qui était quelque chose d'incroyable pour nous. Les résultats achetaient tout. Puis cette saison, il y a eu l'absence de demi-tarifs en tribunes, la place la moins chère à 15 euros, la com' désastreuse, la fermeture du centre de formation où Assaf a fait du chantage au départ pour arriver à ses fins. Je passe sur sa relation avec les joueurs et avec les supporters. C'est un personnage très complexe, pas fait pour la communication, qui n'a pas tous les torts du monde mais divise énormément. Dans son immense majorité, Nîmes est contre lui, alors qu'il était soutenu il y a encore 3 ou 4 ans. Le club vit au rabais, avec 6 employés dans l'administratif. Il y a un nombre de problèmes incalculables. La perte de l'agrément du centre de formation a ell aussi été un déclencheur. La formation est historiquement très importante pour les Nîmois.
Au milieu de tout ça, il y a cette histoire de nouveau stade qui met tout le monde à cran. D'un côté, il s'agit de sauver l'identité du club, et la mairie s'est positionnée publiquement contre lui. De l'autre côté, le stade peut générer beaucoup d'emplois, donc la mairie est prise en étau. Assaf s'inscrit clairement à long terme, il ne se désengagera pas tant que le stade n'est pas construit, donc pas avant 2026. C'est quelqu'un qui peut très vite changer d'avis et tout casser.
Même en National, le noyau de supporters était là et on tournait à 4 000, 5 000 d'affluence. Lors du dernier match, on n'était même pas 700."

Quel match est le plus important pour toi, celui de ce samedi ou celui de mardi en championnat ?
"À Nîmes, il y a une vraie culture autour de la Coupe. Ça fait quelques années qu'on n'a pas fait un bon parcours, en vu qu'en championnat on n'a sûrement rien à jouer en haut et en bas, je dirais le match de samedi. Pascal Plancque [l'entraîneur de Nîmes, ndlr] a donné dans ses compositions de ne pas la galvauder, là où Blacquart faisait tourner à l'époque. Il a annoncé qu'il ferait tourner pour cette fois, mais je pense qu'il veut faire un truc. On est capables de tout, gagner à Sochaux comme perdre chez nous contre Niort."

Comment vois-tu le TFC cette saison ?
"Je suis un peu surpris que ça prenne avec toutes ces recrues étrangères. Chez nous on dit que c’est pour ça que ça ne marche pas. Je ne m’attendais pas à une saison si réussie, même si on voit que c'est plus difficile récemment. Mais Montanier, avec son expérience à Lens, peut redresser la barre. Je pense que vous avez l'équipe la plus complète de Ligue 2. Je regarde souvent les bancs, ça traduit assez bien la qualité d'une équipe - et vous avez le meilleur banc du championnat, avec nous peut-être. J’avais vu votre match contre Pau, qui n'était pas le meilleur. Mais c'est une belle équipe, qui montera."

Un pronostic pour les deux matchs qui arrivent ?
"J'espère la qualification en Coupe. Disons 1-1 et victoire nîmoise aux tirs au but. Puis défaite 3-1 en championnat."

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