"Au départ, à Chambly, on n'avait même pas d'eau potable"

Publié le 20 November 2020 à 21:00 par Emmanuel Davila

Avant le déplacement du TFC sur la pelouse de Chambly samedi (19h, Telefoot Stadium 3), la rédaction du site LesViolets.Com a interrogé Jacques Leclercq, supporter du FC Chambly Oise depuis sa création.

Chambly a dépassé toutes les attentes l’an dernier en finissant 10ème. Tu t’attendais à un départ si compliqué cette année ?
"Je n’ai pas pu assister aux matchs amicaux à cause du Covid, mais j’ai des contacts dans le club qui m’expliquaient que la prépa n’avait pas été facile, entre l'épidémie, le huis clos pendant les matchs et les entraînements, les nombreux blessés. Ça n’a pas aidé. Maintenant, on va récupérer des joueurs d’expérience comme Medhy Guezoui. Ce sera compliqué tant qu’on n’aura pas notre nouveau stade. On devrait l’avoir en janvier. On va passer à une capacité de 4 500 places, alors qu’on n’en avait que 2 500, sans parking autour. En attendant on joue à Beauvais, ce qui pose beaucoup de problèmes d’organisation. En tout cas, je ne suis pas inquiet pour l’instant, ça va se mettre en route."

Tu es supporter du club quasiment depuis sa fondation, il y a 30 ans.
"Ça fait plus de 25 ans que je fais partie de l'aventure. Quand je suis arrivé, on travaillait à la débroussailleuse, on utilisait des chaises pour les tribunes, le tableau d’affichage était fait par des gars qui portaient les chiffres sur des caisses en bois… Au départ, j’allais chercher les mômes en bas de la cité pour les inciter à venir jouer à Chambly. On leur offrait des MacDo pour leur donner envie de nous rejoindre. Aujourd’hui, on arrive un peu mieux à les garder. Parfois même, ils reviennent."

Le club est parti de rien en 1989 et joue aujourd’hui en Ligue 2. Peux-tu nous raconter comment la famille Luzi a structuré le club ?
"C’est Walter Luzi et son fils Fulvio, le président actuel, qui ont lancé l’aventure, et ça a vite marché. Au départ, il n’y avait même pas d’eau potable, on allait en prendre dans le ruisseau derrière. Puis petit à petit, on a eu de l’électricité, du chauffage, des bungalows… On avait pas mal de jeunes, c’est comme ça qu’on a commencé. On a constitué petit à petit des équipes de jeunes, et on a tellement bien structuré tout ça qu’on s’est retrouvé en ligue 2. Et c’est vrai qu’à la base de tout ça, c’est Walter, Fulvio et Bruno. A l’époque, Bruno (Bruno Luzi est l’entraîneur de Chambly depuis 2001, ndlr) tenait une boutique de vêtements, c’est devenu notre sponsor. On a démarré comme ça, avec des sponsors à droite, à gauche."

Comment se fait-il qu’il ait brièvement démissionné, en mai dernier, avant de finalement choisir de rester ?
"Je crois que le décès de son père, Walter Luzi, en 2018, l’a beaucoup touché. Ce n’était pas tellement lié au foot. Ça a été vraiment violent. C’est quelqu’un qu’on n’oubliera jamais parce qu’il était toujours présent, on pouvait toujours se confier à lui. Par contre, s’il avait quelque chose à dire, il y allait sans prendre de gants. C’était un sacré personnage. Le futur stade sera d’ailleurs baptisé à son nom."

Recevoir un club comme le TFC, ça doit être un petit événement pour vous, non ?
"Oui, mais c’est dommage de faire ça à huis clos. Seuls les bénévoles qui ont préparé la rencontre pourront y assister. Mais bon, on est heureux d’être là, en Ligue 2, et ce n’est pas fini. La Ligue 1, j’y crois. On n’est jamais descendu de notre histoire et j’espère qu’on va continuer à monter."

Comment ça se passe chez vous pour Florian David, formé au TFC ?
"Je le suivais déjà un peu aux Herbiers. C’est un gamin qui sent le foot. Quand il est arrivé chez nous, je me suis dit que ça allait être costaud et ça s’est vérifié. Pendant la préparation, je ne l’ai pas trop reconnu, mais je suis sûr que ça va revenir. C’est un guerrier et Bruno Luzi lui fait confiance."

Comment vois-tu le TFC cette saison ?
"Toulouse, c’est un club que j’aime bien. Vous avez des gens qui bossent bien à la tête du club. Par contre, j’ai vu le match contre Valenciennes et je n’ai pas tout compris. C’était le jour de chance de Cuffaut. Je ne sais pas si vous envisagez de remonter dès cette année, mais une descente, ça casse tout le monde, c’est normal si ça prend un peu de temps. On l’a vu avec Lens et on le voit aussi avec Amiens."

Un pronostic pour le match de samedi ? Et pour le classement final des deux clubs ?
"Je verrais bien un score important, avec des buts, mais je ne vois pas Toulouse gagner. Mais je pense que le TFC sera dans les cinq premiers à la fin. Nous, on ne fera peut-être pas aussi bien que l’an dernier, mais le maintien, j’y crois fortement."

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