Troyes 0-0 TFC : Voyage au bout de l'ennui

Publié le 10 septembre 2017 à 14:30 par Boris Daube

Revivez, de l'intérieur, le déplacement à Troyes. Parce que, oui, des supporters ont sacrifié leur samedi pour aller voir une parodie de football dans l'Aube.

Notre rédacteur Boris Daube a effectué le déplacement à Troyes en compagnie des Occifans, la section des supporters toulousains exilés à Paris. Voici son récit.

13h30, porte d’Orléans. C’est l’heure et le lieu du rendez-vous qui m’ont été communiqués par les Occifans pour rejoindre la cité troyenne, ce samedi après-midi. Après un cours trajet en Uber qui m’a coûté le tiers du prix du déplacement, je suis le dernier à arriver au pied de la statue du Général Leclerc, où attend sagement un minibus Mercedes. Les glacières remplies de jus de fruits et de limonade (non, de bière évidemment) sont prêtes. Tout le monde en voiture.

Un peu plus de deux heures de trajet au départ de la capitale, entrecoupées d’un « arrêt station », et voilà notre petit groupe de 15 qui pose pied sur le parking du stade de l’Aube. Nous y retrouvons la cinquantaine d’Indians courageux partis à 5 heures du matin de Toulouse. Les sourires illuminent les visages plus ou moins marqués par les heures de bus. Cette sensation de tous se retrouver, à l’extérieur pour soutenir le Tèf et afficher nos couleurs, procure une sensation de joie et d’excitation unique.

Il reste néanmoins quatre heures à combler avant le coup d’envoi, direction donc, le bar le plus proche du stade. Le patron est content, il va faire, le temps d’une après-midi, son chiffre d’affaires du mois. Les demis s’enchaînent, au rythme de discussions sur le mercato et les ambitions de la saison. « Va-t-on enfin voir du jeu ? Imbula sera-t-il titulaire ? ». Quelques Troyens viennent se mêler aux conversations. Comme quoi, les supporters de deux camps peuvent tout à fait se retrouver autour d’une passion commune : le foot. À l’heure où les interdictions de déplacements sont « tendances », il est bon de le rappeler.

19 heures, le cortège se met en route, illuminé par quelques torches et animé par la BT (« boysterous », jeune garde des Indians qui fête ses 15 ans d’existence). L’entrée dans le stade sera, une fois n’est pas coutume, compliquée. Entre la confusion sur le prix des places (annoncé à 10 €, affiché à 12 le soir du match) et la sécurité qui veut nous obliger à aller en tribune haute, certains manquent à l’appel au moment du coup d’envoi. Mais tout rentre dans l’ordre, et, au final, on ne risquait pas de louper grand-chose de cette première mi-temps soporifique et insipide. Le jeu, ce ne sera pas encore pour ce soir.

Au retour des vestiaires, les hommes de Pascal Dupraz affichent de meilleures intentions, et le parcage pense même pouvoir exulter lorsqu’une frappe en pivot de Delort transperce les filets troyens. Mais non, hors-jeu signalé par l’arbitre ! Le reste ressemblera à une parodie de football, 0 tir cadré en 90 min. À l’inverse, les Troyens se montrent de plus en plus dangereux. Nous donnons de la voix, agitons les drapeaux pour soutenir les Violets, qui plient, mais ne rompent pas. 0-0 score final, un match Finlande-Norvège de curling aurait été plus passionnant. Et dire que des droits télé sont payés très cher pour diffuser ce genre de spectacle…

Enfin bref, c’est aussi ça, le foot. Des samedis soir sacrifiés pour supporter notre équipe, peu importe le contenu proposé sur le terrain. Pascal Dupraz dira en conférence que ses joueurs n’étaient qu’à 50%. Sauf que nous sommes en septembre et, contrairement à d’autres, nous ne jouons pas trois matchs par semaine depuis fin juillet. Tôt ou tard, le technicien toulousain ne pourra plus se cacher derrière ses joueurs. Le collectif ne progresse pas sous sa direction et cela commence à se voir. C’est l’analyse unanime qui sera faite dans le bus du retour.

Nos derniers articles